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31.01.2008
Une intrusion du politique plutôt choquante !
Au moment où le président de la République dégringole à une vitesse supersonique dans les sondages, au point que de nombreux maires de la majorité présidentielle ne veulent plus faire référence à l’appellation UMP, le pouvoir s’immisce de plus en plus dans le dossier de la Société Générale. Et le moins que l’on puisse dire est que cette intrusion ne fait pas l’unanimité, un leader syndical la trouvant « peu saine », alors que Jean Peyrelevade (personnalité éminente du monde de la banque) la trouve « choquante ». Donc, en se lançant à l’abordage dans cette affaire ô combien nébuleuse, le pouvoir va trouver le moyen d’en faire une affaire d’Etat qui, à coup sûr, ne redorera pas son blason.
Du coup, l’opposition y voit juste avant les élections municipales, une occasion inespérée de mettre un peu plus Nicolas Sarkozy et sa majorité en difficulté. Décidément, ce dernier accumule les revers ces derniers temps comme cela était prévisible. A ce propos, rappelons-nous ce que François Bayrou ne cesse de dire depuis des mois : «Qu’est ce que c’est qu’un pays où le président de la République peut décider de tout ? … C’est une faiblesse française. Nous sommes un pays qui meurt parce qu’il laisse croire que l’État peut s’occuper de tout. … L’État est devenu omnipotent et impuissant ». Ce n’est pas nous qui démentirons le leader du Mouvement démocrate, et en plus les faits lui donnent raison.
Revenons donc au dossier de la Société Générale et à l’intrusion de l’Etat à travers les propos tenus par les responsables de la majorité, à commencer par le président de la République lui-même qui souhaite que le PDG de la banque Daniel Bouton « assume ses responsabilités ». Qu’est-ce-que cela veut dire ? Dit clairement, Monsieur Bouton doit démissionner d’autant que bénéficiant d’une forte rémunération (cela doit faire rêver Nicolas Sarkozy) il ne peut pas s’exonérer de ses responsabilités. Voilà de fortes paroles serties de bon sens, donnant à penser au bon peuple que l’on s’occupe de ses affaires, la Société Générale étant une banque à forte clientèle particulière.
Bien entendu les membres du gouvernement ne sont pas en reste, à commencer par le Premier ministre qui ne cesse d’affirmer que les clients n’encourent aucun risque pour leurs économies, ce qui est un lieu commun, et qui a assuré que l’Etat « ne laissera pas la Société Générale être l’objet de raids hostiles » ce qui ne mange pas de pain. Ensuite, la ministre des Finances et la Garde des Sceaux, suivant en cela la voix de leur maître, ont estimé que le PDG avait sa part de responsabilité dans cette « méga perte », ce qui est une évidence, même si Christine Lagarde ne pensait pas tout à fait la même chose quelques jours plus tôt.
A propos de Christine Lagarde, il est quand même étonnant de voir à quel point cette ministre peut-être déstabilisée dans ses fonctions par le président de la République, ce qui montre encore une fois les limites du pouvoir personnel exercée par Nicolas Sarkozy. On ne compte plus les bourdes attribuées à la ministre des Finances, mais comment exercer des fonctions à ce niveau en ayant toujours quelqu’un au dessus qui agit à sa guise et sans concertation. Certes, il n’est pas dans mon intention de défendre Christine Lagarde qui, au demeurant, n’a jamais fait la preuve de grands talents comme ministre du Commerce extérieur, mais qui vaut sans doute mieux que ses pitoyables prestations depuis qu’elle est à Bercy.
Dans l’opposition, les avis ne sont pas non plus unanimes sur l’attitude à avoir vis-à-vis de Monsieur Bouton. Certains réclament sa démission comme Monsieur Moscovici, mais d’autres comme Elisabeth Guigou ou François Hollande préfèrent attendre un peu pour ne pas déstabiliser un peu plus la banque, à l’instar de ce que pensent plusieurs syndicats. Cela étant, pour le moment le PDG a sauvé son poste, même s’il est désormais surveillé de près. Il faut quand même mener à bien l’augmentation de capital en cours et à ce niveau, cela ne s’improvise pas. Cela le gouvernement devrait le savoir tout comme Monsieur Moscovici. Mais que ne ferait-on pas pour faire parler de soi en cette période électorale !
Plus curieux encore, pour de nombreux observateurs surtout à l’étranger, le pouvoir s’est aussi invité dans le traitement judiciaire de cette affaire. Le procureur de Paris souhaitait, en relation avec la Garde des Sceaux, le placement en détention provisoire du trader Kerviel, mais les magistrats instructeurs, dont l’un est le juge Van Ruymbeke bien connu dans les allées du pouvoir, ont refusé. Tout cela reconnaissons-le fait quand même désordre alors que, tout en suivant l’affaire de près, il eut sans doute été plus sage d’avancer prudemment dans la recherche des responsabilités, et d’attendre les conclusions des organismes de contrôle qui, eux-mêmes, n’échappent pas aux critiques.
En tout cas, ce scandale provoqué par la perte de 5 milliards d’euros subie par la Société Générale, qui va sans doute priver les employés de cette banque des bénéfices de la participation et de l’intéressement ce dont personne ne parle, ne va pas contribuer à redonner aux Français le moral qui leur fait défaut. Ils vont se poser encore plus de questions sur leur avenir, eux à qui Nicolas Sarkozy a tant promis et qui ne voient rien venir de toutes ces mirifiques promesses. Ils vont donc continuer à ne plus faire confiance à leurs gouvernants, voire à ceux qui dirigent leur entreprise, faisant l’amalgame entre les deux.
Dans ces conditions, il ne sera pas étonnant si les Français recommencent à épargner (pour ceux qui peuvent), et donc à diminuer leur consommation ce qui se répercutera in fine sur les comptes publics. A ce moment-là, Nicolas Sarkozy et sa majorité seront bien obligés de dire la vérité aux Français, et de leur offrir comme perspective un solide plan de rigueur si nous ne voulons pas voir notre pays s’enfoncer un peu plus dans les déficits . Ah, les moqueries de François Fillon vis-à-vis de François Bayrou qui faisait de la réduction de la dette l’objectif majeur du quinquennat 2007-2012 ! Le malheur est que ce sont les Français, et plus particulièrement les plus modestes d’entre eux, qui vont payer cette gabegie organisée par le pouvoir en place.
Michel Escatafal
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29.01.2008
Une page se tourne, ouf !
Il y a des dirigeants qui, lorsqu’ils quittent le pouvoir, laissent un souvenir ému à leurs concitoyens et plus le temps passe, plus ils deviennent un mythe pour l’histoire. Qui de nos jours en France oserait apporter la moindre critique à l’action passée du général de Gaulle, de Pierre Mendès-France, voire même plus près de nous de Raymond Barre. Ce que l’on retient de ces dirigeants, outre les résultats de leur action, c’est d’abord leur sens de l’honneur. C’est aussi une éthique morale et intellectuelle, basée sur le souci de servir leur pays. C’est enfin le refus de toute compromission et démagogie dès lors qu’il y allait de l’intérêt supérieur de la France.
Evidemment les femmes ou les hommes de cette trempe ne courent pas les pages d’histoire, en France et ailleurs. Par exemple aux Etats-Unis, il y a un président qui ne laissera un souvenir impérissable à ses concitoyens que pour ses bourdes, ses gaffes, ses mensonges, ses mauvaises décisions, bref toute la panoplie du parfait « looser », comme on dit chez lui. Rarement en effet, un président des Etats-Unis aura accumulé autant de revers pendant ses deux mandats que ne l’a fait Georges Bush. Et pourtant, il a été réélu en 2004 ce qui paraît invraisemblable de prime abord, mais finalement assez naturel dans le droit fil de ce que je disais hier ici même. La médiocrité paie dans les urnes, nous en avons ici une nouvelle preuve. Espérons que notre pays infirme ce diagnostic en 2012.
Revenons donc à Georges Bush et à son discours sur l’état de l’Union. Les chaînes américaines ont surtout retenu trois points qui sont effectivement au coeur des problèmes que rencontrent les Etats-Unis de nos jours. Tout d’abord l’Irak, où la guerre a commencé il y a bientôt cinq ans. Manifestement le président américain n’avait pas lu la lettre qu’écrivait Richelieu à Louis XIII, au moment où la France s’impliquait directement dans la Guerre de Trente ans en 1635 contre la Maison d’Autriche : « En matière de guerres, on sçait comment et quand elles commencent, mais nul ne peut prévoir le temps et la qualité de leur fin ».
Presque quatre siècles plus tard c’est bien le cas en Irak, ce qui n’a pas empêché Georges Bush de continuer à mentir aux Américains en affirmant que la situation s’améliorait, qu’elle était presque sous contrôle pour employer un langage militaire, oubliant de préciser que le nombre de soldats tués au combat avait été largement supérieur en janvier à celui de décembre. Il a aussi affirmé que si les soldats américains s’en allaient c’était le chaos assuré, mais c’est déjà le chaos dans ce malheureux pays depuis le printemps 2003.
Ensuite sur l’Iran, Georges Bush a renouvelé ses menaces comme il le fait régulièrement depuis quelque temps. Outre que les Iraniens n’ont pas l’air trop impressionnés, Georges Bush oublie sans doute que pour le monde entier il est déjà considéré comme un « has been », pour reprendre ce que dit la presse américaine. Les Américains en ont tellement assez de lui qu’ils considèrent qu’il est déjà parti. Alors, on imagine à l’étranger…
Il a aussi parlé de l’économie américaine reconnaissant qu’elle traversait « une période d’incertitude », ce qui est le moins qu’on puisse en dire. Il n’a pas reconnu de vraie responsabilité à titre personnel, et pourtant il y aurait beaucoup à dire sur la politique économique menée dans son pays depuis l’arrivée aux affaires de son administration. L’Amérique a certes connu pendant quelques années une période de croissance économique forte, mais à quel prix. Les baisses d’impôts massives diligentées par l’administration américaine en 2001 ou 2002 ont profité d’abord aux plus riches, mais elles n’ont pas enrichi les plus pauvres qui le sont encore davantage.
A ce propos, on mesure aujourd’hui à quel point la politique de baisse des taux de la FED, encouragée par l’administration Bush, a sa part de responsabilité dans la déconfiture des grands établissements de crédit américains et, par ricochet, des banques européennes. Les taux étant restés longtemps historiquement bas, ont largement alimenté la frénésie d’achats immobiliers qui a sévi aux Etats-Unis entre 2002 et 2005. Ils ont donc été les moteurs, en quelque sorte, de la crise des crédits hypothécaires qui a envahi le paysage de la finance internationale l’été dernier. Cela personne ou presque ne le dit, mais la réalité est là et bien là.
Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille définitivement renoncer à des baisses sur les taux directeurs des banques centrales. Mais il est permis de douter de l’efficacité réelle de baisses comme celle de la Réserve Fédérale la semaine dernière, comme l’ont souligné de nombreux observateurs. En tout cas, si récession il doit y avoir aux Etats-Unis, elle aura lieu que les taux baissent ou pas. D’ailleurs, même si le contexte est très différent, le Japon qui a longtemps eu des taux directeurs quasiment à zéro a mis très longtemps avant de renouer avec la croissance.
En résumé et pour revenir à notre propos initial, on a l’impression que cette année 2008 sera très différente des précédentes, comme si à travers la désignation d’un nouveau président aux Etats-Unis, on entrait dans une ère nouvelle. Pourquoi pas après tout ? Cela étant même si Barak Obama est élu président des Etats-Unis, il ne faut pas croire pour autant que le monde va vraiment changer, contrairement à ce que certains s’imaginent. Cependant, sur le plan des symboles, il est certain que voir élu un président noir à peine 40 ans après la mort de Martin Luther King serait quand même un sacré pied de nez à l’histoire.
Michel Escatafal
23:26 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28.01.2008
Populisme et démagogie sont, hélas, les deux mamelles des élections.
Dans un précédent billet ici-même, je disais que les électeurs sont très difficiles à satisfaire, ce qui ne les empêchait pas d’être très réticents à accepter le changement. C’est d’ailleurs ce qui explique les difficultés que rencontrent les partis politiques qui essaient de troubler le duo PS-UMP en France ou CDU-SPD en Allemagne, pour ne citer que ces deux exemples. En fait il n’y a guère que les trublions extrémistes qui arrivent à s’immiscer dans ce jeu politique à deux, mais à des niveaux généralement marginaux.
Je dis bien généralement, car en France le Front National a été présent au second tour de l’élection présidentielle en 2002. Nous pourrions dire la même chose en Autriche où la droite parlementaire a été obligé de s’allier en 2000 au FPO de Jorg Haider pour pouvoir gouverner. En Italie enfin, le parti néo-fasciste d’Humberto Bossi était suffisamment influent pour s’imposer dans le gouvernement de Silvio Berlusconi. Malgré tout, le poids global de ces mouvements nationalistes et d’extrême-droite, reste limité à un niveau plutôt inférieur à 10%.
Cela me permet de souligner une nouvelle fois le remarquable exploit de François Bayrou à l’élection présidentielle française de 2007, où sans jamais céder au populisme et à la démagogie, il a obtenu 18,6% des voix au premier tour. Cela étant, ses adversaires UMP et PS qui au contraire avaient multiplié les promesses et les annonces ont quand même obtenu respectivement 31 et 26%. Le leader du Mouvement Démocrate avait fait une percée, mais le peuple français n’était pas encore prêt pour résister aux effets d’annonce de deux candidats prêts à tout pour obtenir leurs suffrages, avec l’aide non dissimulée de la presque totalité des médias.
Alors, dans ces conditions comment s’étonner que les déceptions s’accumulent, et que le peuple se sente bafoué quand le temps des désillusions est venu, ce qui généralement ne tarde pas. Mais dans ce cas comme par réflexe, la réaction est de revoter pour les candidats qui occupaient précédemment le pouvoir. Pas question pour eux d’élargir l’échiquier politique et d’essayer une autre solution, avec des hommes différents et des propositions qui ne le sont pas moins. "On prend les mêmes et on recommence! On est déçu mais on le sera toujours, alors autant rester dans le système que l’on connaît depuis si longtemps". Tels sont les slogans de nombreux électeurs.
Espérons quand même que d’ici 2012, cette idée de changement s’impose aux Français car entre le pouvoir personnel exercé par Nicolas Sarkozy, et les 21 régions dirigées par la gauche socialiste, il y a quand même beaucoup de motifs à vouloir le changement. Quels sont les principaux dirigeants de la majorité en dehors de Nicolas Sarkozy? Inutile de les citer, tellement ils ont occupé les postes ministériels depuis vingt ou trente ans. N’est-ce pas risible de voir Nicolas Sarkozy, mais aussi François Fillon ou Xavier Bertrand pour ne citer qu’eux, critiquer ce qui s’est fait auparavant alors qu’ils étaient à des postes ministériels importants. Idem pour les dirigeants socialistes qui sont simplement aujourd’hui un peu plus voûtés qu’il y a vingt ans.
Pour autant, c’est pareil à l’étranger. Regardons ce qui se passe en Italie ces jours-ci, avec la nouvelle démission de Romano Prodi : on va inéluctablement vers de nouvelles élections générales, moins de deux ans après le début de la législature. Et dans ce cas qui est le grand favori des élections ? Le parti de Silvio Berlusconi dont, pourtant le bilan a été particulièrement calamiteux sur tous les plans. Pour prendre un simple exemple indiscutable, le gouvernement de Silvio Berlusconi a laissé l’Italie en 2005 avec un solde des finances publiques de - 4,2% et une dette publique de 106,2% du PIB, soient les plus mauvaises performances de la Zone Euro, à l’exception du Portugal pour le déficit public.
Normalement, un tel bilan, économique, mais aussi politique, culturel etc. aurait dû être suffisant pour le bouter définitivement hors du pouvoir. Comment faire confiance à un homme que même Jacques Chirac appelait « un marchand de soupe », c’est dire ! Comment accepter de confier de nouveau le pouvoir à un homme qui a échoué sur tous les plans, sauf à mettre la main sur la presque totalité des médias de la péninsule. Comment enfin, pouvoir faire confiance une nouvelle fois à quelqu’un dont le seul programme est la reconquête du pouvoir, et dont la conception de la démocratie est tellement simpliste qu’il a traité de « couillons » ceux qui voulaient voter pour le parti d’en face.
Et bien, et je souhaite de tout cœur me tromper, j’ai bien peur qu’en cas d’élections anticipées qui paraissent aujourd’hui inéluctables, Monsieur Berlusconi sorte vainqueur de ces élections au détriment de Romano Prodi. Bref, on préfèrera « un marchand de soupe » malin, beau parleur et populiste à un homme intègre qui a d’abord le souci de l’Etat, et qui n’a pas eu peur de s’attaquer dès le début de son mandat au redressement des finances publiques de son pays. Cela évidemment nous rappelle quelque chose en France, avec le résultat que l’on connaît.
Cependant, et nous terminerons là-dessus, l’exemple de Romani Prodi montre les limites d’une coalition de petits partis. Après avoir gagné les élections avec seulement 24000 voix d’avance, il était inéluctable qu’avec seulement quatre voix de majorité au Sénat, le gouvernement Prodi soit très vite confronté à des difficultés, d’autant qu’en Italie comme en France, la fidélité aux accords conclus et aux idées est une notion assez marginale pour nombre d’élus. Cela dit, il reste quand même à souhaiter que la morale finisse par l’emporter, et que les électeurs italiens fassent preuve de sagesse et donnent une vraie majorité à Romano Prodi, ce qui en plus serait une bonne nouvelle pour l’Union Européenne. On n’ose imaginer ce que pourrait donner une alliance objective entre Messieurs Sarkozy et Berlusconi sur les questions européennes.
Michel Escatafal
11:25 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26.01.2008
Une France désespérée et des hommes politiques désespérants
Cette fois avec la perte des 5 milliards d’euros de la Société Générale par la faute d’un négociateur de valeurs, le pouvoir tient un sujet qui va lui permettre une nouvelle fois de faire preuve d’un minimum de démagogie. Le Premier ministre lui-même, qui n’a guère de bonnes nouvelles à annoncer a commencé à sonner la charge, et les autres membres du gouvernement de suivre. On nous explique doctement que le gouvernement va chercher à faire la lumière sur cette affaire, dont le moins qu’on puisse en dire est qu’elle est assez nébuleuse. Mieux même, sans rire, le Premier ministre indique qu’une commission va être créée. On connaît la chanson !
Nous n’allons pas parler de cette affaire, contrairement à beaucoup de journaux car en fait, pour le moment, personne ne semble savoir exactement ce qui a pu se passer pour qu’une telle somme (5 milliards d’euros) ait pu s’évaporer aussi facilement. On sait seulement que ce négociateur avait dans les mains des sommes supérieures à la valeur de la Banque elle-même, ce qui fait froid dans le dos. Ce qui est certain aussi et surtout, c’est que la finance internationale marche sur la tête avec des produits de plus en plus sophistiqués, et que de pareilles affaires pourraient bien se renouveler ailleurs, si ce n’est déjà fait. Dans ce cas, personne n’en a fait état parce que les sommes étaient moins considérables.
En revanche nous allons revenir sur la chansonnette (« tout va très bien Madame la marquise ») entonnée par les députés socialistes, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée Nationale cette semaine. C’est exactement le type de débat que l’on ne devrait pas voir s’instaurer dans le pays. Au lieu de dire la vérité et d’accepter de la recevoir on se retrouve face à face avec d’un coté un gouvernement qui ment, qui refuse de voir l’évidence sur la situation économique, et de l’autre coté une opposition qui s’amuse et qui semble se réjouir de ce qui arrive à notre pays. Clairement les uns et les autres font assaut de duplicité, y compris quand Monsieur Fabius fait des propositions pour faire face à la crise financière actuelle.
Au fait depuis 1981, combien de postes ministériels Laurent Fabius a-t-il-occupé, à commencer par celui de Premier ministre ? Poser la question, signifie qu’il a toujours appartenu ou presque aux gouvernements socialistes quand ceux-ci ont été en charge des affaires, et le moins que l’on puisse dire est que son bilan, dans tous ses postes à responsabilité, n’a jamais été très brillant. Plus grave, il a sciemment trahi ses idées au moment du référendum sur la constitution européenne, en se prononçant pour le NON pour des raisons purement politiciennes, espérant par ce clin d’œil à la gauche de son parti en tirer profit pour une candidature aux présidentielles.
Avec de pareils opposants, la majorité actuelle a peut-être encore de beaux jours devant elle. Et c’est bien ce que craignaient les millions d’électeurs qui se sont prononcés pour François Bayrou à l’élection présidentielle de 2007. Ils ne voulaient plus de ce clivage archaïque entre l’UMP ex RPR, et le Parti Socialiste qui n’en finit pas de se déchirer à travers les ambitions des uns et des autres. Même Monsieur Fabius y croit encore, d’où son positionnement de plus en plus à gauche, lui le libéral bon teint à propos duquel je ne sais plus quel chroniqueur de Charlie Hebdo posait sans rire la question : « quelle est la différence entre Strauss-Kahn et Fabius » ? Réponse : « l’un est de droite et l’autre n’est pas de gauche ». Laurent Fabius a encore du travail avant de passer pour un tant soit peu gauchiste.
Cette conception de la politique est aux antipodes de ce que les Français attendent de leurs hommes politiques. Cela étant, ce sont eux qui les ont élus et les maintiennent en place, y compris quand les promesses ne sont pas tenues. A ce propos, il est quand même curieux que les gens puissent se laisser abuser plusieurs fois, surtout quand en face de ces élus multi mandats, il y a des représentants d’autres partis, le Mouvement Démocrate pour ne citer que lui, qui sont prêts à prendre la relève avec des idées à la fois nouvelles et surtout pleines de conviction.
Cela fait partie des mystères de la démocratie, à moins que tout simplement les électeurs ne soient tellement écoeurés qu’ils considèrent qu’il ne sert à rien de changer. On connaît hélas les ravages de la célèbre formule « tous pourris » ! Cependant, avec de tels raisonnements, on ne fait qu’entretenir ce que les gens dénoncent et il est normal de retrouver à la tête d’une région, d’un département ou d’une commune toujours les mêmes élus, d’autant que la classe politique de notre pays se refuse toujours à légiférer sur le non cumul des mandats.
Michel Escatafal
20:50 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
25.01.2008
En marge du Forum économique de Davos

Aujourd’hui nous n’allons pas parler des sujets qui font les gros titres de la presse française, à savoir la victoire de Tsonga en Australie (ce n’est que du tennis), ni même les 5 milliards d’euros perdus par la Société Générale par la faute d’un négociateur de valeurs (trop gros pour paraître vrai), ni encore moins de l’autosatisfaction perpétuelle de François Fillon sur le devenir de la France chaque fois qu’il se trouve à l’étranger, comme il l'a fait hier au Forum économique de Davos ( pour garder sa place). Nous allons plutôt évoquer les interrogations suscitées par les fonds d’Etat des pays émergents qui injectent des milliards de dollars, et prennent des participations dans de nombreux établissements financiers américains ou européens.
Certes ce sujet , bien présent à Davos, est loin de passionner les foules ce qui au demeurant est compréhensible, mais pour ceux qui s’intéressent de près à la vie économique, cet activisme de ce que l’on appelle les « fonds souverains » fait couler beaucoup d’encre, avec à la clé cette question : les pays émergents sont-ils devenus les banquiers des pays riches ? La question pourrait même être précisée de cette manière : les pays riches le sont-ils toujours autant, d’autant que certains croulent sous des dettes colossales ? Sur ce dernier point nous répondrons que les pays, dits riches, le sont toujours mais qu’ils ont parfois besoin des pays émergents pour financer leur développement et maintenir leur avance technologique.
Pour certains ce constat est assez choquant, car cela voudrait dire que l’on applique aux pays développés la devise : « on ne prête qu’aux riches ». Dit autrement, cela signifie que les pays émergents préfèrent investir dans les pays riches plutôt qu’améliorer leurs infrastructures, ces dernières étant généralement loin d’être en adéquation avec leurs capacité financières. Ces critiques curieusement ne viennent pas seulement des altermondialistes, mais aussi des dirigeants des pays qui profitent de cette manne financière qui a permis d’éviter, sans doute, une crise de liquidités encore plus grave que celle que nous connaissons.
Alors pourquoi ces critiques vis-à-vis de ceux que certains économistes appellent « le Père Noël », notamment pour le secteur bancaire durement secoué par la crise des crédits hypothécaires américains ? Tout d’abord parce qu’ils ne s’investissent pas que dans le système bancaire. Les fonds d’Etat prennent aussi des participations, parfois importantes (10 voire 15% du capital), dans des entreprises considérées comme sensibles et stratégiques. Et cela les dirigeants des pays occidentaux ne veulent pas l’accepter pour plusieurs raisons, et en premier lieu une certaine opacité quant au choix des investissements. Pourquoi investir dans tel secteur plutôt que dans tel autre ?
Mais il y a une autre raison à cette méfiance qui découle de la première : la crainte d’une prise de pouvoir notamment dans les secteurs de l’énergie, de la communication ou l’armement. La chancelière allemande Angela Merkel, mais aussi Nicolas Sarkozy, sont adeptes d’une proposition de loi interdisant la participation de ces fonds d’Etat étrangers dans les entreprises stratégiques. D’autres, proposent de limiter leur participation dans les entreprises occidentales. Tous enfin, réclament l’établissement de code de conduite, aux standards occidentaux bien évidemment, afin de réguler les activités de ces investisseurs.
Toutes ces démarches n’impressionnent guère les dirigeants de ces fonds d’Etat qui affirment la main sur le cœur, «que leurs activités sont bien connues depuis plus de vingt ans »et que jusque là il n’y a jamais eu de problèmes. Et c’est vrai que jusque là les pays Arabes, par exemple, qui ont investi massivement dans les économies américaines ou européennes l’ont fait dans le seul but de diversifier leurs placements. Certains observateurs économiques font remarquer aussi, qu’il y a une part d’hypocrisie dans ces règles que l’on essaie d’imposer, car cela va à l’encontre de la libération des flux de capitaux. En outre, si on oppose des limitations aux investissements des fonds d’Etat des pays émergents, ceux-ci en contrepartie pourraient faire de même vis-à-vis des investisseurs occidentaux.
Enfin, pour ceux qui ont peur d’être submergés par cet afflux de capitaux en provenance des pays asiatiques ou arabes, il faut quand même raison garder. Les fonds souverains pour aussi importants qu’ils soient, restent marginaux par rapport aux sommes que peuvent investir les énormes fonds de pensions anglo-saxons ou les grosses compagnies d’assurance. En 2006, ces derniers ont dépensé 140 milliards de dollars pour acheter des entreprises américaines soit cinq fois plus que l’Arabie Saoudite, Singapour et la Chine réunis. Cela étant, et c’est pour cela que les Etats-Unis restent extrêmement vigilants, la fortune de ces fonds va augmenter considérablement dans les années à venir. Elle pourrait en 2015 atteindre 12 000 milliards de dollars (90% du PNB américain en 2006) et le double en 2020 ce qui est quand même considérable.
En résumé, si la puissance financière des pays émergents est en forte croissance avec la manne énergétique ou industrielle, elle n’en reste pas moins limitée par rapport à celle des grands pays industrialisés. De plus les pays émergents, notamment la Chine, sont loin d’utiliser la totalité de leurs ressources dans l’investissement aux entreprises, à travers leurs fonds souverains, car ils achètent massivement des bons du trésor américains, finançant ainsi le déficit colossal des Etats-Unis et permettant à ces derniers de vivre largement au dessus de leurs moyens.
Combien de temps cela durera-t-ils ? A priori assez longtemps car les pays émergents, la Chine en premier lieu, ne peuvent pas se passer des exportations à destination des Etats-Unis sous peine de voir leur croissance économique se contracter fortement. Alors les Chinois continueront à accumuler des excédents, continueront à investir en Afrique pour s’approprier les matières premières du continent, continueront à diversifier leurs placements à l’étranger. Quant aux Occidentaux, crise ou pas, ils poursuivront leur politique d’investissement dans les pays émergents, en essayant de racheter à bas prix des entreprises et de l’immobilier qui leur rapporteront à terme, du moins l’espèrent-ils, de belles plus-values. Ainsi va l’économie mondiale !
Michel Escatafal
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24.01.2008
Retour à l'Ancien Régime
Décidément Nicolas Sarkozy se croit revenu à ce que l’on appelle l’Ancien Régime. Il gouverne le pays plus que jamais de manière autocratique, ce qui est quand même un comble dans une démocratie parlementaire, et il puise son inspiration dans les travaux de conseillers dont certains se prennent pour Turgot. Nous en avons eu la preuve hier, quand Monsieur Attali a remis au président de la République son rapport « sur la libération de la croissance », véritable catalogue d’idées libérales censé permettre à la France de gagner un point de croissance supplémentaire (comme si c’était aussi simple), et sur lequel Nicolas Sarkozy s’est montré d’accord sur l’essentiel au point de vouloir le mettre en œuvre très rapidement.
Bien entendu, le Parlement n’a absolument pas eu son mot à dire sur ces propositions, ce qui signifie que le moment venu il devra entériner des décisions qui auront été prises par le seul président de la République, et dont l’initiative appartient non pas au Parlement, mais à un conseiller spécial. Quelle humiliation pour les députés UMP, dont certains comme Monsieur Lellouche avouent sans ambages leur mal être. Cependant, nous n’avons pas entendu Monsieur Lellouche dire qu’il refuserait de voter des dispositifs pris sans aucune concertation avec les représentants du peuple. Il est courageux ce Monsieur Lellouche, mais pas téméraire !
Chose curieuse aussi, la presse ne s’émeut guère de ce type de pratiques inédites en France sous la République. Au contraire, certains médias soulignent avec ostentation la capacité de décision de Nicolas Sarkozy, et son désir d’aller vite et loin dans le démantèlement des fondamentaux de notre société. Même Jacques Attali si longtemps décrié, notamment par son activisme forcené sur le plan littéraire, trouve grâce à leurs yeux. Je n’ai même entendu aucun journaliste noter qu’en tant que conseiller spécial de François Mitterrand, on se demande bien pourquoi les socialistes au pouvoir pendant 10 ans n’ont pas mis en application les idées lumineuses de Jacques Attali.
En fait, il semble plus que jamais que l’on aille vers une dérive de plus en plus prononcée de la pratique institutionnelle, sans que cela interpelle beaucoup de monde. Certes, on entend çà et là quelques voix s’élever contre ces pratiques, mais elles sont le plus souvent inaudibles ou occultées. Elles sont inaudibles parce que venant du Parti Socialiste et de ses élus qui, depuis bien longtemps, n’ont plus aucune proposition à formuler, les seuls étant susceptibles de le faire étant les ralliés à Nicolas Sarkozy. Elles sont occultées parce que quand François Bayrou parle et assène des vérités, personne ou presque ne relaie ses remarques.
Pour en revenir au rapport du nouveau Turgot, il faut noter que Jacques Attali a été très loin dans la critique du système français en parlant d’une France « plombée par les rentes, les connivences et les privilèges », oubliant au passage qu’il en fait partie intégrante. Il a affirmé avec vigueur qu’il s’agissait « d’un rapport libre et non libéral », ce que beaucoup considèrent comme très inexact, même si certaines propositions vont sans doute dans le bon sens. Plus étonnant, il souhaite lui-même avec sa commission promouvoir l’ensemble de son œuvre, alors que théoriquement son travail est terminé. Bref, Jacques Attali s’est comporté en patron et Nicolas Sarkozy, président de la République et commanditaire du rapport, en obligé.
C’est d'ailleurs ce qui m’a le plus étonné. En effet, voir le président de la République répondre que « dans 6 mois, nous nous retrouverons pour faire le point, je ferai tout pour que vous ne soyez pas déçu par l’œuvre réformatrice du gouvernement et de moi-même » a quelque chose d’inexplicable, et pour tout dire d’indécent. Plus étonnant encore, personne ou presque dans la presse ou ailleurs n’a relevé cette incongruité, ce qui démontre que décidément les temps ont changé. Il y a quelques années, tout cela aura été relevé avec vigueur, souligné, et l’auteur de cette phrase en aurait eu pour des années à s’en remettre. Aujourd’hui rien de tout cela ne peut arriver, et pour un peu on dirait que c’est de l’anecdote.
En revanche, voir en couverture sur un magazine les photos en maillot de bain de l’ex-femme du président de la République et de la possible future épouse (il vaut mieux être prudent) semble ne pas relever de l’anecdote aux yeux de certains. Même un journal comme l’Express, que l’on a connu plus brillant, titre en couverture « la femme qui dérange » sous la photo de Carla Bruni. Mais où va-t-on ? Vers quels abimes la fonction présidentielle descend-elle ? Décidément rien ne sera épargné à notre pays, à un moment où justement celui-ci aurait besoin d’un leader « sans peur et sans reproche » qui inspire confiance et foi en l’avenir. Mais si cet homme là ressemble comme un frère à François Bayrou, il n’a rien de commun avec Nicolas Sarkozy.
Pour terminer sur une note d’espoir, nous reprendrons ce que disait le président du Mouvement Démocrate la semaine dernière à Clermont-Ferrand : « quand le temps des désillusions sera là et qu’il sera imposé à l’esprit de tous, il faudra que se tourne une page nouvelle, celle des reconstructeurs ». Il reste à souhaiter que ce temps soit le plus court possible, sinon le travail qui sera proposé aux reconstructeurs pourrait s’avérer encore plus difficile que nous l’imaginons.
Michel Escatafal
14:45 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.01.2008
Servir la République et non s'en servir
Hier, la télévision nous a offert un spectacle rare en montrant des images de la venue de Nicolas Sarkozy à Pau, destinée surtout à soutenir le candidat socialiste de l’UMP. Oui, cela paraît compliqué, mais c’est ainsi : l’UMP au nom de l’ouverture soutient comme tête de liste à Pau un authentique socialiste. Cependant le plus intéressant n’est pas là, il est plutôt dans la rencontre furtive entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou, ce dernier se trouvant là en tant qu’invité.
Cela nous a valu une scène quelque peu surréaliste filmée par les caméras de la télévision, avec tout d’abord une poignée de main entre deux hommes qui se connaissent depuis longtemps. Ensuite, nous avons entendu François Bayrou dire qu’il était normal qu’il se trouve là, parce qu’il est très attaché aux principes républicains. A ce moment, nous entendons Nicolas Sarkozy balbutier : « il n’y a pas besoin de parler de République, on peut parler plutôt d’amitié », ce à quoi François Bayrou répond que « l’amitié peut prendre des formes diverses ».
Toute la différence entre les deux hommes est là : d’un coté un personnage superficiel qui n’hésite pas à bafouer des mots auxquels il ne croit pas en parlant d’amitié, et de l’autre un homme respectueux des principes, mais qui refuse de faire semblant. Nicolas Sarkozy parle beaucoup, s’agite énormément, n’hésite pas à changer de discours au gré de ses rencontres avec ses interlocuteurs, mais il n’y a jamais de profondeur dans tout ce qu’il dit ou fait. Il agit à l’instinct et comme bon lui semble. Je ne le connais pas personnellement, mais à ce qu’on en dit c’est le type d’homme sur lequel il est impossible de faire fond. Du clinquant, rien que du clinquant !
Au contraire, François Bayrou est un homme réfléchi, qui ne parle qu’à bon escient, qui a le même discours depuis des années, qui a une ambition pour son pays comme en témoignent les thèmes choisis pendant sa campagne électorale, notamment la dette et l’école. Il est évident que si François Bayrou avait élu président de la République à la place de Nicolas Sarkozy, il aurait mis en œuvre, sans se préoccuper des sondages, la politique pour laquelle il aurait été élu. Et aujourd’hui plus qu’hier, s’impose la nécessité de donner au peuple français le sentiment qu’il y a à la tête de l’Etat un homme qui tient la barre, et ce malgré les vents contraires qui secouent le monde dans lequel nous vivons.
Si François Bayrou était à l’Elysée, nous ne saurions rien de ses vacances, il ne voyagerait pas aux frais de propriétaires de chaînes de télévision, nous ne verrions son épouse qu’à l’occasion des voyages officiels ou des réceptions de chef d’Etat, nous ne connaîtrions pas ses enfants, bref il ne figurerait jamais en première page de la presse people. Enfin et plus que tout, il serait le président de tous les Français et ferait les réformes qu’il doit faire en ayant le souci que ces réformes bénéficient au plus grand nombre, et non à quelques uns de ses amis fortunés.
Certains vont me dire que je suis naïf en disant cela, comme si ce type de dirigeant ne pouvait pas exister. A ceux-là je répondrai que dans le passé des hommes comme Pierre Mendès-France, Raymond Barre, sans parler du général de Gaulle ont démontré que l’on pouvait être en charge des affaires du pays, et gouverner dans l’espoir d’assurer le bien de tous. Cela ne veut pas dire pour autant que des erreurs n’aient pas été commises, que tout ce qui a été mis en place ait réussi, mais ces hommes là se faisaient « une certaine idée de la France » et avaient une ligne de conduite où la morale côtoyait l'action. Ils se voulaient des exemples pour ceux qui les avaient placés là où ils étaient.
De nos jours hélas, et ce n’est pas nouveau, toutes ces valeurs paraissent bien dépassées et plus encore avec Nicolas Sarkozy. On se sert de la République, plus qu’on ne la sert. On arrive au pouvoir en mentant au peuple, en lui faisant croire qu’il est possible de faire des choses impossibles à réaliser. Cela, ce n’est pas moi qui le dis, puisque les deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle ont avoué, chacun à leur façon, qu’ils ne croyaient pas aux propositions qu’ils formulaient. Ils sont même allés jusqu’à fustiger ceux qui avaient pris pour argent comptant ces promesses, comme l’a fait Nicolas Sarkozy dans sa dernière conférence de presse.
Alors, en bon démocrates que nous sommes, il nous reste à attendre un peu plus de quatre ans avant de renvoyer Nicolas Sarkozy à ses chères études. Il aurait dit à certains de ses amis qu’à la fin de son mandat, il se lancerait dans les affaires pour gagner de l’argent, sa première préoccupation. Espérons qu’il pourra assouvir cette vocation le plus rapidement possible. Pour ma part, et à supposer qu’il ait formulé ce souhait, je ne crois pas que Nicolas Sarkozy pense ce qu’il dit pour une raison simple : il est assoiffé de pouvoir, parce que ce pouvoir lui donne l’illusion de la puissance, et lui assure de confortables revenus. Le monde des affaires l’accueillerait certes avec plaisir, mais uniquement pour son carnet d’adresses et cela n’aurait qu’un temps.
En conclusion, il faut souhaiter que les Français réfléchissent à tout cela à l’occasion des prochaines consultations électorales. François Bayrou est le seul homme politique français ayant un projet pour la France. Il a aussi l’avantage d’être à la tête d’un parti qui a certes perdu beaucoup d’élus mais qui, en revanche, a une armée de militants dévouée et prête à l’aider à conquérir le pouvoir. Ces militants pour beaucoup n’avaient jamais fait de politique jusqu’au début de l’année 2007, ce qui est extrêmement encourageant pour notre mouvement, d’autant qu’ailleurs c’est plutôt le sauve-qui-peut qui sévit depuis quelque temps.
Le Parti Socialiste avoue avoir perdu en un an le quart de ses adhérents. Quand à l’UMP… A propos, sans les médias et leur attitude complaisante, que représenteraient le PS et l’UMP ? A contrario, si François Bayrou et le Mouvement Démocrate bénéficiaient de la même exposition médiatique que ces deux partis où se situerait notre mouvement dans l’opinion ? Poser la question, c’est y répondre.
Michel Escatafal
08:00 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.01.2008
Une journée agitée
La journée s’annonçait agitée sur les places boursières et elle l'est. En tout cas les places asiatiques ont subi de nouvelles pertes sévères ce matin à Tokyo et à Hong Kong (respectivement -5% et -8%), tandis qu’à Bombay et à Séoul on a carrément suspendu les échanges pour arrêter l’hémorragie. Alors la question qui se pose est de savoir jusqu’où et jusqu’à quand ? Nous avons déjà expliqué souvent sur ce site le pourquoi de cette crise à savoir en premier lieu la récession américaine, elle-même liée à la crise des crédits hypothécaires. Or les Etats-Unis restent la première économie mondiale en tant qu’entité nationale et le plus gros consommateur.
D’ailleurs, la croissance de la Chine et de l’Inde repose en grande partie sur les exportations aux Etats-Unis, ce qui signifie clairement que si les ménages américains consomment moins, la Chine et l’Inde exporteront moins et seront confrontées à des problèmes auxquels on ne pensait plus. Qui aurait imaginé il y a à peine un an que les Etats-Unis seraient quasiment en récession début 2008 ? Personne bien entendu, au point qu’en France les deux candidats à l’élection présidentielle qualifiés pour le second tour répondaient, à tous ceux qui les interrogeaient sur le financement des promesses qu’ils ne cessaient de faire, que la croissance y pourvoira.
C’était certes très imprudent, pour ne pas dire impudent, de parier sur une croissance de 3% pendant cinq ans, il y avait aussi une part de démagogie de la part de deux candidats qui jonglaient allègrement avec les milliards qu’ils n’avaient pas, mais cela reflétait un vent d’optimisme conforté par une croissance mondiale que l’on envisageait aux environs de 5% pour 2007 et 2008. Aujourd’hui, on table sur 3% dans le monde, moins de 1% aux Etats-Unis et entre 1,5 et 2% dans la Zone euro. Et pour beaucoup ce sont des prévisions optimistes car la crise actuelle va sans doute permettre d’y voir plus clair sur l’économie des pays émergents et notamment de la Chine, sur laquelle les investisseurs ont beaucoup spéculé.
L’argent étranger a en effet de nouveau afflué en Chine en 2007, puisque les investissements directs ont progressé de presque 14%, pour atteindre leur plus haut niveau historique. L’ennui c’est que tout cet argent investi dans les unités de fabrication chinoises favorise l’apparition de bulles dans certains secteurs, mais aussi entraîne un surinvestissement dans un pays qui n’en peut plus de tourner à plein régime, au bénéfice des pays qui importent ces produits. Dit autrement, cela signifie que l’économie chinoise privilégie l’exportation au détriment de la consommation intérieure. En somme il y a un flot considérable de capitaux spéculatifs qui déferlent sur ce pays, sans que la population chinoise en profite réellement. Et en cas de baisse de la demande en provenance des pays riches, les ménages chinois ne sont pas assez riches pour prendre le relais.
Du coup certains en Europe en arrivent à souhaiter un gros krach en Chine, pour d’une part freiner cette frénésie d’investissements dans ce pays, et pourrions-nous ajouter dans quelques autres, et d’autre part ralentir une croissance qui a pour effet de gonfler le cours des matières premières. Par ailleurs, cette accumulation de réserves de change du géant asiatique a quelque chose de malsain dans la mesure où elle alimente les spéculations de toute nature, sans parler de la dépendance qu’elle crée vis-à-vis de son principal client les Etats-Unis. Que se passerait-il si les Chinois cessaient d’acheter des bons du trésor américain ? Le dollar pour sûr plongerait à des niveaux auxquels nous ne pensons pas et cette fois l’Europe serait touchée de plein fouet. Voilà pourquoi cette crise a au moins le mérite de faire prendre conscience qu’une récession aux Etats-Unis n’est pas sans importance sur le continent asiatique.
Et en Europe me direz-vous ? Bien évidemment, les responsables européens se veulent rassurants quant à la santé des pays de la Zone euro ou hors zone. Cependant, rares sont les dirigeants européens qui minimisent l’impact du ralentissement américain. Certes les économies européennes sont moins dépendantes de celle des Etats-Unis que quelques années auparavant, mais l’Allemagne pour ne citer qu’elle parce que son économie est la première de la Zone Euro, exporte beaucoup aux Etats-Unis, mais aussi en Asie. Cela veut dire qu’une baisse des exportations allemandes ne manquerait pas d’avoir un impact négatif sur le reste de la Zone euro, et notamment en France.
En résumé cette crise sur les places boursières ne doit surtout pas être minimisée comme l’a été la crise sur les crédits immobiliers aux Etats-Unis. A l’époque tout le monde était convaincu, ou faisait semblant de l’être, qu’il s’agissait d’un phénomène passager et que grâce à l’action concertée des banques centrales, injectant beaucoup de liquidités pour maintenir « de l’huile dans les rouages », les turbulences s’atténueraient assez rapidement. En fait la crise était beaucoup plus profonde et personne n’était à l’abri, ce que pour notre part nous soulignions à l’époque.
Alors, bien sûr que les bourses vont remonter dans les jours à venir, car ceux qui disposent de liquidités (il y en a encore) vont réinvestir à bon marché. Ceux-là, vont même gagner beaucoup d’argent. Cela étant, plus globalement la période que nous vivons va laisser des traces, et ce n’est pas le plan de relance de Georges Bush qui sera suffisant pour colmater les brèches. D’ailleurs comment ce plan sera-t-il financé autrement que par un peu plus d’endettement dans un pays qui croule sous les déficits. N’est-ce pas aussi ce qui inquiète les investisseurs ? Si seulement cela pouvait servir de leçon à ceux qui gouvernent le monde. Décidément, il est temps que le politique reprenne la place qui aurait dû toujours être la sienne.
Ce n’est en tout cas pas demain que la France s’inscrira dans cette trajectoire. Nicolas Sarkozy s’est positionné totalement dans une démarche de dépendance vis-à-vis des puissances financières. Ses actes et les décisions qu’il prend le prouvent tous les jours. Cela dit, il ne faut surtout pas se réjouir de voir l’économie du monde et de notre pays en proie à de grosses difficultés, comme nous l’entendons parfois, certains voyant avec satisfaction notre président de la République totalement désarmé face à une conjoncture très défavorable.
Ceux-là devraient savoir que dans tous les cas, ce n’est ni Nicolas Sarkozy, ni ses amis qui souffriront le plus des effets nocifs d’une croissance en berne, mais les classes moyennes et surtout les plus défavorisés. En revanche, nous avons confirmation aujourd’hui que le modèle de société qu’il nous vante (et nous a vanté) avec ferveur, celui de l’argent roi, de l’argent facile, n’est rien d’autre qu’une escroquerie. Le moment venu, il faudra aussi se rappeler qu’il faut d’abord faire confiance à ceux qui prônent le maintien de la retraite par répartition, et qui acceptent résolument que le haut niveau de santé et la solidarité entre les générations fassent partie intégrante de notre pacte social. Le Mouvement Démocrate, dans le sillage de François Bayrou, s’inscrit totalement dans cette démarche.
Michel Escatafal
J’en profite pour dire à mes fidèles lecteurs du Gard, du Vaucluse ou de l’Hérault, que François Bayrou sera à Nîmes en compagnie de la tête de liste « Etre ensemble » Philippe Berta, le 30 janvier dans l’après-midi à 17h.
11:55 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.01.2008
Ils sont venus, ils étaient tous là...
C’est un titre qui nous rappelle quelque chose, mais c’est aussi ce qui s’est passé hier à Paris. Au vu de ce rassemblement des socialistes à la Mutualité, nous avions l’impression d’assister à la comédie de Labiche « Embrassons-nous Folleville ». Et pourtant cette comédie, pour ne pas dire cette bouffonnerie, a été largement commentée partout dans la presse et à la télévision. Décidément la France des médias a un goût prononcé pour les mises en scène politiques, et celle du Parti Socialiste d’hier n’avait rien à en envier à celles de l’UMP.
Je le dis souvent sur ce site, c’est avec ce type de démonstration que l’on dégoûte les Français de la politique. Voir tout le monde s’embrasser, se serrer dans les bras, se donner du Ségolène, Bertrand, François ou…Dominique (que faisait-il là ?) avait quand même quelque chose d’incongru, pour ne pas dire choquant, quand on connaît les arrière-pensées des uns et des autres ou le mépris des uns pour les autres. Quand on pense à tout ce qui s’est dit ces derniers mois, au lendemain de l’élection présidentielle, à tout ce qui s’est fait aussi dans le dos du parti, il y aurait de quoi rire en les voyant tous à la tribune ou aux premiers rangs, si ce n’était pas si triste.
Quelle image peuvent avoir les électeurs de gens, véritables professionnels de la politique, qui n’ont de cesse de s’invectiver ou qui, pour certains d’entre eux, ont eu un flirt assez poussé avec la présidence de la République il n’y a pas si longtemps. N’oublions quand même pas que nombreux sont les hiérarques socialistes à avoir été approché par Nicolas Sarkozy au temps heureux du début de son mandat (l’été dernier), et à avoir manifesté une envie non dissimulée de participer au pouvoir sous une forme ou une autre. C'est pourquoi voir ces hiérarques rassemblés, tout sourire devant les caméras, donne la nausée.
Aujourd’hui les temps ont changé, et la quasi-totalité de ceux qui ont été tentés de s’approcher du pouvoir ne regrettent pas d’avoir choisi de temporiser. Il est vrai que la « sarkomania » appartient de plus en plus au passé, et que de nos jours il est de bon ton de critiquer tous azimuts Nicolas Sarkozy, au fur et à mesure que les sondages le concernant s’affaissent à une vitesse affolante. Alors, élections municipales oblige, il est confortable de se retrouver de nouveau dans l’opposition, non pas pour faire des propositions mais pour bénéficier de la défiance des électeurs vis-à-vis des tenants du pouvoir. Avec un tel programme, la France peut être rassurée.
Si l’on en croit les médias, et ce n’est pas nouveau, la France n’a donc d’autre choix qu’entre un illusionniste arrivé au pouvoir par le mensonge, et des marchands d’illusions qui ne cessent de mentir au pays, en faisant croire à leur union au moment des consultations électorales. Pour clore le débat, nous rappellerons simplement qu’après 27 ans de pouvoir alterné ente le RPR devenu UMP et le Parti Socialiste, notre pays se situe dans les derniers rangs de la Zone Euro en matière de déficit budgétaire et de balance commerciale, alors qu’en 1980 la France était montrée en exemple pour sa gestion. Ce simple rappel vaut mieux que de longs discours.
Mais que reste-t-il à faire pour que tout cela change ? Et bien, il faut que les Français réagissent dans cette morosité ambiante, et se décident une fois pour toutes à faire confiance à d’autres personnalités, certes moins connues, mais qui en revanche ont foi en ce qu’elles décident et qui sont prêtes à assurer la relève. Le Mouvement Démocrate participe de ce mouvement. C’est même le seul qui dispose à la fois des hommes et des structures pour assurer cette relève. C’est aussi le seul qui ait à sa tête un leader incontestable et incontesté capable de devenir président de la République, le moment venu.
En tout cas, au milieu de cette agitation stérile qui monte de plus en plus, à mesure que s’approchent les élections des 9 et 16 mars, François Bayrou est assurément l’homme politique de premier rang qui apparaît le plus rassurant et le plus solide face aux difficultés de tous ordres qui assaillent notre pays. Son parti, le mien, a su faire des propositions réalistes pour assurer l’avenir de la France à court et à moyen terme, dans une Europe appelée à prendre dans la construction d’un monde multipolaire la place que lui impose sa puissance économique. En disant cela, nous sommes déjà à des années-lumière de ce que peuvent proposer les autres grandes formations politiques aux Français.
Michel Escatafal
09:35 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.01.2008
Démagogie quand tu nous tiens !
Cette semaine aura été marquée en Europe par deux décisions qui n’ont rien à voir entre elles, mais qui ont quand même fait l’actualité dans l’Union. La première est l’œuvre de la Banque Centrale Européenne qui a décidé une nouvelle fois de ne pas imprimer de billet de 1 euro, comme on le fait par exemple pour le dollar. Cette prise de position ferme et sans doute définitive, faisait suite au lancement d’une campagne en France en faveur d’une coupure de ce montant, à l’initiative du député UMP Louis Giscard d’Estaing. Ce dernier estimait en effet que les Européens auraient « une plus juste perception de la valeur de leur monnaie sur le marché international ».
Cette simple remarque montre bien que certains élus sont totalement décalés des réalités de la vie du pays, les Français et les Européens étant surtout préoccupés de savoir ce qu’ils vont acheter avec un euro, pièce ou billet peu importe. Cela dit, il y a quand même une bonne justification à la décision de la BCE de ne pas vouloir émettre de billet de 1 euro : les Européens comme les Français n’utilisent que fort peu le billet de 5 euros. Les Français privilégient les coupures de 20 euros, et nombre d’autres pays membres de la Zone euro utilisent en priorité les billets de 50 voire 100 euros. En outre, il est pour le moins incongru de la part de ce député français de vouloir mettre en circulation un billet de 1 euro, alors que nous sommes parmi les pays qui utilisent le moins la monnaie fiduciaire. Cela Monsieur Giscard d’Estaing devrait le savoir, comme il devrait savoir que fabriquer un billet a un coût d’impression élevé surtout s’il est peu utilisé.
Cela étant, pour aussi intéressante que puisse être cette information, ce n’est rien en comparaison de la « bombe » qu’a lancée hier à Boulogne- sur- Mer « le très bavard Nicolas Sarkozy » comme le surnomment nos amis européens, avec la remise en cause des décisions sur les quotas de pêche fixés par l’Union Européenne et adoptées … en décembre dernier, ratifiées bien évidemment par la France. Cela démontre à l’évidence, et nous le redisons une fois de plus, que Nicolas Sarkozy n’est pas à sa place à la tête de notre pays. Où va-t-on si on s’assoit aussi allègrement sur des décisions qui engagent notre signature ? Notre pays doit-il se ridiculiser de cette manière, surtout au moment où nous sommes « le vilain canard » de la Zone euro en matière de déficit public. De plus, cet assouplissement du système des quotas ne va-t-il pas à l’encontre des prescriptions du Grenelle de l’environnement, notamment sur le plan scientifique et écologique ?
Décidément avec ce président de la République, qui multiplie les annonces contradictoires en fonction du lieu où il se trouve, il faut s’attendre à tout y compris au pire. Par ailleurs, comment un ministre comme Michel Barnier à la longue, très longue carrière politique, y compris à Bruxelles et aux Affaires Etrangères, peut-il accepter sans sourciller de se laisser piétiner ainsi sans dire un mot. Nos éminences sont-elles à ce point obnubilées par les ors de la République au point d’approuver des choix présidentiels auxquels au fond d’elles-mêmes elles ne croient pas ? Comment dans ces conditions ne pas comprendre l’exaspération des gens que l’on rencontre sur les marchés dans le cadre des élections municipales et cantonales !
Ce qui est le plus grave dans cette affaire de révision des quotas, c’est que Nicolas Sarkozy essaie une fois de plus de se dédouaner des échecs de sa politique intérieure sur l’Europe. Il y a des problèmes dans l’agriculture et la pêche en France, c’est la faute de l’Europe. Notre commerce extérieur est déficitaire, c’est la faute de l’euro. Bref, si nous écoutons le chef de l'Etat, tous les problèmes de la France sont liés à la politique européenne qui freine ses initiatives, et qui impose des règlementations qui vont à l’encontre des intérêts de notre pays. Ensuite quand on aura épuisé toutes les ficelles européennes, on trouvera d’autres boucs émissaires comme les fonctionnaires, les immigrés, les chômeurs etc. Désolant de voir s’étaler une telle démagogie de la part d’un président de la République disposant, en outre, de tous les pouvoirs pendant encore un peu plus de quatre ans.
L’ennui dans tout cela c’est que notre pays, déjà en proie à de multiples difficultés pour avoir été gouverné pendant des années « à la petite semaine », va voir sa situation s’aggraver dans des proportions que l’on n’imagine pas. A quel niveau se situera notre endettement public en 2012, d’autant que nous savons que Nicolas Sarkozy ne respecte pas ses engagements européens ? Combien de temps pourrons-nous mener une politique sans projet ni ambition, destinée uniquement à colmater les brèches en terme de popularité en faisant semblant de faire plaisir à tout le monde, et en refusant de prendre les décisions qui s’imposent ?
Voilà quelques bonnes questions à se poser face à un homme qui a toujours menti aux Français, et qui continue de le faire sans honte et avec cynisme. Dans ces conditions nous allons réciter une nouvelle fois notre antienne, à savoir qu’il faut absolument donner un coup de semonce au Président de la République aux élections locales qui s’annoncent. Certes ce ne sont que des consultations locales, mais au moins dans les grandes villes cela aura valeur de test d’autant que Nicolas Sarkozy s’est déjà engagé, par exemple à Paris. Alors, pour être certain d’avoir des villes bien gérées, pour être sûr de ne pas gaspiller son vote sur une ligne partisane et politicienne, il ne reste qu’une solution : voter pour les candidats soutenus par le Mouvement Démocrate.
A ce propos, je suis frappé par une forme de frilosité des gens que je rencontre sur les marchés, ou dans certaines réunions à caractère politique. Les électeurs se disent mal gouvernés, ils savent que les promesses n’ont pas été tenues, ils enragent de voir qu’on ne s’occupe d’eux que quelques mois avant les élections municipales, mais ils hésitent à changer de maire comme en témoigne le slogan : « ils sont tous pareils, ils promettent tous et ce qu’ils cherchent c’est la place ».
Ces paroles si souvent entendues ne sont-elles pas le reflet d’une nation dont les habitants n’ont plus confiance en leurs institutions, en leurs élus, en leur école, en leur police. Et surtout comme le disait Raymond Barre, « les Français ne semblent plus avoir confiance en eux-mêmes et finissent par se désintéresser de leur avenir. Et la crise de leadership est incontestable ». Raymond Barre avait raison, la France est devenue un bateau ivre, sans aucun objectif clair et sans aucune politique continue. Raison de plus pour enrayer cette spirale et sauver ce qui peut l’être. Rappelons une nouvelle fois que fin 1980, nous avions un taux d’endettement égal à 17% du PIB contre 66% aujourd’hui et bientôt 70% puisque les déficits s’accumulent. En disant cela nous rendons hommage au courage de François Bayrou d’avoir soulevé le problème de la dette et d’avoir poussé un cri d’alarme dans le cadre d’une campagne présidentielle. Les faits, hélas, lui ont donné raison.
Michel Escatafal
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