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26.01.2008
Une France désespérée et des hommes politiques désespérants
Cette fois avec la perte des 5 milliards d’euros de la Société Générale par la faute d’un négociateur de valeurs, le pouvoir tient un sujet qui va lui permettre une nouvelle fois de faire preuve d’un minimum de démagogie. Le Premier ministre lui-même, qui n’a guère de bonnes nouvelles à annoncer a commencé à sonner la charge, et les autres membres du gouvernement de suivre. On nous explique doctement que le gouvernement va chercher à faire la lumière sur cette affaire, dont le moins qu’on puisse en dire est qu’elle est assez nébuleuse. Mieux même, sans rire, le Premier ministre indique qu’une commission va être créée. On connaît la chanson !
Nous n’allons pas parler de cette affaire, contrairement à beaucoup de journaux car en fait, pour le moment, personne ne semble savoir exactement ce qui a pu se passer pour qu’une telle somme (5 milliards d’euros) ait pu s’évaporer aussi facilement. On sait seulement que ce négociateur avait dans les mains des sommes supérieures à la valeur de la Banque elle-même, ce qui fait froid dans le dos. Ce qui est certain aussi et surtout, c’est que la finance internationale marche sur la tête avec des produits de plus en plus sophistiqués, et que de pareilles affaires pourraient bien se renouveler ailleurs, si ce n’est déjà fait. Dans ce cas, personne n’en a fait état parce que les sommes étaient moins considérables.
En revanche nous allons revenir sur la chansonnette (« tout va très bien Madame la marquise ») entonnée par les députés socialistes, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée Nationale cette semaine. C’est exactement le type de débat que l’on ne devrait pas voir s’instaurer dans le pays. Au lieu de dire la vérité et d’accepter de la recevoir on se retrouve face à face avec d’un coté un gouvernement qui ment, qui refuse de voir l’évidence sur la situation économique, et de l’autre coté une opposition qui s’amuse et qui semble se réjouir de ce qui arrive à notre pays. Clairement les uns et les autres font assaut de duplicité, y compris quand Monsieur Fabius fait des propositions pour faire face à la crise financière actuelle.
Au fait depuis 1981, combien de postes ministériels Laurent Fabius a-t-il-occupé, à commencer par celui de Premier ministre ? Poser la question, signifie qu’il a toujours appartenu ou presque aux gouvernements socialistes quand ceux-ci ont été en charge des affaires, et le moins que l’on puisse dire est que son bilan, dans tous ses postes à responsabilité, n’a jamais été très brillant. Plus grave, il a sciemment trahi ses idées au moment du référendum sur la constitution européenne, en se prononçant pour le NON pour des raisons purement politiciennes, espérant par ce clin d’œil à la gauche de son parti en tirer profit pour une candidature aux présidentielles.
Avec de pareils opposants, la majorité actuelle a peut-être encore de beaux jours devant elle. Et c’est bien ce que craignaient les millions d’électeurs qui se sont prononcés pour François Bayrou à l’élection présidentielle de 2007. Ils ne voulaient plus de ce clivage archaïque entre l’UMP ex RPR, et le Parti Socialiste qui n’en finit pas de se déchirer à travers les ambitions des uns et des autres. Même Monsieur Fabius y croit encore, d’où son positionnement de plus en plus à gauche, lui le libéral bon teint à propos duquel je ne sais plus quel chroniqueur de Charlie Hebdo posait sans rire la question : « quelle est la différence entre Strauss-Kahn et Fabius » ? Réponse : « l’un est de droite et l’autre n’est pas de gauche ». Laurent Fabius a encore du travail avant de passer pour un tant soit peu gauchiste.
Cette conception de la politique est aux antipodes de ce que les Français attendent de leurs hommes politiques. Cela étant, ce sont eux qui les ont élus et les maintiennent en place, y compris quand les promesses ne sont pas tenues. A ce propos, il est quand même curieux que les gens puissent se laisser abuser plusieurs fois, surtout quand en face de ces élus multi mandats, il y a des représentants d’autres partis, le Mouvement Démocrate pour ne citer que lui, qui sont prêts à prendre la relève avec des idées à la fois nouvelles et surtout pleines de conviction.
Cela fait partie des mystères de la démocratie, à moins que tout simplement les électeurs ne soient tellement écoeurés qu’ils considèrent qu’il ne sert à rien de changer. On connaît hélas les ravages de la célèbre formule « tous pourris » ! Cependant, avec de tels raisonnements, on ne fait qu’entretenir ce que les gens dénoncent et il est normal de retrouver à la tête d’une région, d’un département ou d’une commune toujours les mêmes élus, d’autant que la classe politique de notre pays se refuse toujours à légiférer sur le non cumul des mandats.
Michel Escatafal
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