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31.12.2007
Le Brésil ce n’est pas que le football ou la F1
Vue de Sao Paulo
Il y a des pays qui sont marqués par quelques clichés qui ont tellement la vie dure qu’ils occultent tout le reste. Le Brésil en fait partie au point qu’un habitant de ce pays est étonné si on n’évoque pas le football quand on parle de cette grande nation. Et oui, le Brésil ce n’est pas que le football, même si celui-ci tient un rôle très important dans sa notoriété. Les noms de Pelé, Didi, Tostao, Ronaldo, Ronaldinho ou Kaka sont connus dans le monde entier, au même titre d’ailleurs que celui des pilotes de Formule 1, Ayrton Senna, sans doute le plus grand de tous, Nelson Piquet ou Felipe Massa.
En écrivant cela je m’aperçois que je tombe moi aussi dans le même travers que le commun des mortels. Essayons donc de parler de ce grand pays sur le plan économique et politique, le cinquième dans le monde par sa superficie (15 fois la France), peuplé de presque 190 millions d’habitants. De plus, contrairement à ce qui est écrit un peu partout, le Brésil ne figure plus parmi les pays émergents, son industrialisation ayant été réalisée dans les années 70.
Son PNB est parmi les plus élevés du monde (11è) grâce notamment à un sous-sol d’une grande richesse en minerais (fer, bauxite, étain), mais aussi en pétrole puisque le Brésil a une production et des réserves connues équivalentes à l’Algérie. Ses richesses agricoles sont également très importantes puisque le Brésil est premier producteur mondial de café, de canne à sucre ou de bovins. Enfin, ses réserves en bois (forêt amazonienne) et en eau douce (Amazone) sont considérables.
Bref, le Brésil est un pays très riche ce qui devrait lui permettre de devenir dans les 20 ans à venir une authentique grande puissance, pour peu que le « plan d’accélération de la croissance » que prévoit le gouvernement actuel, d’un montant de 235 milliards de dollars, aille à son terme. En effet, le Brésil, pour le moment, manque cruellement d’infrastructures pour parvenir à rattraper le peloton de tête des grands pays industrialisés.
Et là nous retrouvons le sport car, comme chacun le sait, le Brésil va organiser la Coupe du Monde de football en 2014, ce qui va donner un gros coup d’accélérateur à ses équipements à la fois sportifs, techniques, mais aussi en transports ou en assainissement. Cela va obliger aussi le Brésil à mettre encore davantage l’accent sur la sécurité, l’organisation d’une compétition de cette ampleur et de cette durée (un mois) ne souffrant pas de risques à ce niveau.
Mais au fait quelle est l’histoire du Brésil ? D’abord c’est un pays à la fois très ancien et très neuf. Son histoire est d’ailleurs surtout connue depuis l’arrivée des Portugais en 1500. Jusque là le Brésil était peuplé d’Indiens semi nomades, vivant de chasse, de cueillette et d’une agriculture très primaire. Quand le navigateur portugais Cabral atteignit les côtes brésiliennes, il proclama officiellement la région possession du Portugal, le nouveau pays prenant le nom de Brésil à la place de Terra de Vera Cruz. A partir de 1530, ce territoire fit l’objet d’un programme de colonisation systématique avec une administration et une justice mise en place par la métropole portugaise.
A ce propos, il faut noter que les Français essayèrent de récupérer ce territoire en installant une colonie sur les rives de la baie de Rio de Janeiro. Ils n’y restèrent pas longtemps, les Portugais reprenant le contrôle de ce qui allait devenir la ville de Rio de Janeiro en 1567. Les Portugais subirent d’autres agressions de la part des Hollandais et des Anglais, mais le Brésil resta sous souveraineté portugaise. Il le fut tellement que lorsque Napoléon envahit le Portugal en 1807, le gouvernement royal du Portugal s’installa à Rio de Janeiro jusqu’à la chute de Napoléon.
Mais la contagion des idées révolutionnaires se fit sentir jusque là -bas et peu de temps après, le 7 septembre 1822, le Brésil proclama son indépendance. Quelques trente ans plus tard, en 1853, l’empereur Pierre II interdit le débarquement d’esclaves noirs et en 1871, le Parlement approuva une loi affranchissant les enfants nés d’une mère esclave. Moins de 20 ans plus tard, le Brésil devint une République avec une constitution, inspirée sur le modèle américain, et des lois qui ressemblaient à celles de notre troisième République, notamment la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Mais il y a république et république, ce qui signifie que le Brésil a été loin d’être dans sa jeune histoire une démocratie comme les Etats-Unis et la France. Il y eut en effet, une longue période de dictature appuyée sur l’armée qui organisa quelques coups d’Etat. Même quand des élections avaient lieu, elles ne débouchaient pas nécessairement sur la démocratie, les militaires voulant garder le contrôle du pouvoir.
En fait, il fallut attendre 1985 pour que le Brésil retrouve un gouvernement civil. S’ensuivit une période très difficile sur le plan économique qui a conduit le Brésil à avoir recours à l’aide du FMI et des pays riches, avec à la clé une potion extrêmement douloureuse pour le peuple brésilien. Cela dit le Brésil finit enfin par redresser son économie, et comme pour marquer une rupture avec une période ô combien difficile, il a élu un président de la République de gauche en 2002, Luis Inacio Lula Da Silva qui, d’ailleurs, sera de nouveau réélu en 2006. Le Brésil semble avoir définitivement pris la voie de la démocratie.
Certes, tous les problèmes du pays ne sont pas réglés. L’inflation menace de nouveau et cette année elle atteindra 4,5%, chiffre cible pour 2008, ce qui empêche la Banque Centrale d’abaisser ses taux d’intérêts. Du coup la monnaie du pays (le réal) se situe à un niveau élevé ce qui provoque la grogne dans certains secteurs comme la production agricole et la confection. Cela étant, pour l’année 2007 l’estimation de croissance atteint 5,2%, chiffre tout à fait honorable et en hausse par rapport aux estimations du mois de septembre. Une évolution qui doit faire rêver Nicolas Sarkozy !
En ce qui concerne la dette publique, son niveau par rapport au PIB apparaît de prime abord supportable (50% du PIB), mais elle coûte très cher car les taux d’intérêts de cette dette sont élevés. De plus, la pression fiscale reste plus forte que dans la plupart des pays développés. Enfin, plus que tout encore, les inégalités se creusent de plus en plus entre les classes favorisées et les plus pauvres, de loin les plus nombreuses. Certes la mondialisation et le développement des techniques ont stimulé les processus de développement, mais cela s’est fait « en laissant beaucoup de monde au bord de la route ».
Il reste donc souhaiter pour le Brésil, comme pour nombre d’autres pays, que la mondialisation ne se fasse plus sans contrôle comme c’est le cas de nos jours, et qu’on en arrive même à une forme de régulation qui permettrait à chaque nation de bénéficier, notamment, de prix stables et équitables pour ses matières premières. L’Etat du monde y gagnerait. Mais comment y parvenir ? Il n’y a qu’un moyen, comme l’avait indiqué François Bayrou pendant sa campagne présidentielle : renforcer l’ONU, seule instance internationale disposant de l’audience nécessaire pour réguler les marchés financiers, assurer une gestion mondiale de l’environnement et traiter de la pauvreté et des inégalités nord-sud. Cette proposition est plus que jamais d’actualité, et nous aimerions que la France contribue à la rendre possible, mais cela fait-il partie des priorités de Nicolas Sarkozy ? Nous en doutons, hélas !
En attendant, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2008. Qu’elle apporte joie, bonheur et santé, mais aussi plus de démocratie, et que cessent surtout ces pratiques indignes de notre pays que sont la chasse effrénée aux sans-papiers, les quotas d’expulsions etc.
Michel Escatafal
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29.12.2007
Il aura eu tout faux pendant huit ans
Le 43è président des Etats-Unis
Celui qui a la chance d’aimer l’histoire a certainement une perception plus rationnelle de l’état du monde dans lequel nous vivons. C’est la raison pour laquelle tout ce qui arrive en ce moment était prévisible après la fin de l’Union Soviétique. Bien entendu, je fais partie de ceux qui se sont vivement réjouis de la fin de cette dictature sanglante, qui n’avait trompé en Occident que ceux qui y avaient intérêt. Tout le monde avait entendu parler du goulag et les crimes de Staline avaient largement dépassé les frontières de son empire. Cela étant, il paraît inconcevable qu’autant de gens aient pu croire que l’éclatement de l’empire soviétique allait engendrer une longue période de paix, sous prétexte qu’il n’ y avait plus qu’une seule super puissance sur la planète , les Etats-Unis d’Amérique.
Bien entendu, c’est tout le contraire qui s’est passé. Pourquoi ? Parce que les Etats-Unis, comme toutes les superpuissances, se sont arrogés le droit d’être les garants de la démocratie dans le monde. En d’autres temps, c’était « la pax romana » qu’il fallait sauvegarder en oubliant que les Romains étaient devenus le plus grand empire de l’Antiquité à coup de guerres de conquêtes. Il faudra attendre l’an 116 pour voir enfin l’empire se satisfaire de ses frontières, ce qui n’empêcha pas les successeurs de Trajan de construire « des limes » le long de leurs frontières par crainte d’une attaque ennemie. Moins de cent ans plus tard, c’était déjà la fin du grand empire.
Nous pourrions multiplier les exemples, mais c’est toujours ainsi : plus un empire est grand, plus la domination d’une nation sur les autres est incontestable et plus cet empire se sent vulnérable. Napoléon 1er n’a pas échappé à la règle, quand après la bataille d’Iéna qui lui assurait la domination de la plus grande partie de l’Europe, il décida le 21 novembre 1806 à Berlin de mettre en place le Blocus Continental. Celui-ci avait pour but de fermer tous les ports européens au commerce de l’Angleterre, espérant ainsi ruiner la « perfide Albion ». Cela contribua largement à liguer contre la France l’ensemble des nations européennes.
Au début du 21è siècle, les Etats-Unis de Georges Bush ont voulu eux aussi construire « des limes ». Après les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis se sentent soudain très vulnérables puisqu’il suffisait d’une attaque coordonnée de quelques personnes bien préparées pour infliger de lourdes pertes à « l’Ogre américain ». Alors Georges Bush fit étalage de son manque total de discernement politique : il fit la guerre en Afghanistan, sans résultat tangible depuis 7 ans, puis il attaqua l’Irak en 2003, pays dans lequel l’armée de l’Oncle Sam subit de nombreux revers. Dans les deux cas, il voulait exporter la démocratie ou plutôt faire en sorte que « l’Axe du Bien » triomphe de « l’Axe du Mal ».
Résultat, les Etats-Unis ont dépensé quasiment 1000 milliards de dollars pour faire la guerre dans ces deux pays, sans avoir remporté la moindre victoire, ni installé la démocratie. Pire encore, les Etats-Unis et par extension le monde occidental, ont perdu beaucoup de crédit auprès de populations à qui ils étaient censés apporter plus de liberté et de bien-être. Georges Bush aura eu tout faux au cours des huit années qu’il aura passées à la Maison Blanche. A ce propos, il est stupéfiant qu’il ait pu se faire réélire en 2004, alors que son bilan était déjà catastrophique. Cela étant, dans un pays que nous connaissons bien, un ministre de l’Intérieur au bilan très déficitaire a pu se faire élire sans trop de difficulté à la présidence de la République, qui plus est en se faisant passer pour un homme neuf.
Le problème pour en revenir à Georges Bush et aux Etats-Unis est que désormais la puissance américaine n’impressionne plus personne. Tout le monde nargue Georges Bush, y compris la petite Corée du Nord qui sait à présent fabriquer une bombe atomique. L’Iran, grâce à son pétrole peut se permettre de jouer avec les nerfs du président américain. Et aujourd’hui c’est le Pakistan, principal allié des Etats-Unis dans la région du sous-continent indien, qui est complètement déstabilisé et dans lequel le sentiment antioccidental est de plus en plus fort. Or ce pays est une puissance nucléaire.
Cela nous fait penser à ce que disait Mao Ze Dong à propos des Américains affirmant que les Etats-Unis étaient « un tigre en papier », ce qui était faux à l’époque et le reste encore, mais les Etats-Unis ont beaucoup perdu de leur superbe. En tout cas, le successeur de Georges Bush va avoir du travail s’il veut que son pays soit de nouveau respecté dans le monde, et surtout dans le monde musulman. D’ailleurs, même les alliés les plus inconditionnels des Etats-Unis commencent à prendre leurs distances, y compris la Grande-Bretagne et l’Australie. Il n’y a guère que la France qui se singularise avec l’alignement de plus en plus avéré de Nicolas Sarkozy sur les positions américaines. Notre président de la République ne manque d’ailleurs jamais une occasion de faire remarquer qu’il faut aider coûte que coûte les Américains dans leur combat pour la démocratie.
Toutefois, Georges Bush ferait bien de se méfier de notre président car ce dernier, jusqu’à preuve du contraire, n’est pas fiable à cent pour cent dans ses amitiés nationales et internationales. Ce que dit aujourd’hui Nicolas Sarkozy ne sera pas forcément la vérité de demain, les Français s’en aperçoivent tous les jours. Il suffirait, par exemple, d’un mauvais sondage sur sa politique étrangère pour qu’il amorce très vite un des ces revirements dont il a le secret. Cela dit, ce n’est pas moi qui le blâmerais s’il changeait d’attitude. L’indépendance de la France en matière de diplomatie est un bien trop précieux pour que nous le galvaudions. C’est une opinion personnelle qui, j’en suis sûr, est largement partagée.
Michel Escatafal
21:55 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.12.2007
On ne doit parler en France que de l'actualité heureuse
Carte du Pakistan
La France reste un pays qui suscite la curiosité auprès des étrangers, mais sans doute jamais comme en ce moment tellement nous nous singularisons. De quoi parle-t-on aujourd’hui à la radio ou dans les journaux ? De Benazir Bhutto, et c’est compréhensible tellement sa disparition est un évènement important, non seulement pour son pays, mais aussi pour le monde entier. Rappelons que le Pakistan, créé en 1947, est un pays en proie à toutes les instabilités, mais qu’il est fort de 160 M d’habitants et détenteur de l’arme nucléaire. A cela s’ajoute une géographie capricieuse à certains endroits du pays, comme en témoigne le séisme qui a ravagé le pays en octobre 2005 et qui a causé la mort de milliers de personnes. Cela dit, c’est aussi une nation qui connaît une croissance élevée (+6,6% en 2006) avec un secteur des services très dynamique.
De tout cela on parle aujourd’hui, mais pas suffisamment à mon goût parce que la mort de Benazir Bhutto est l’évènement qui aurait dû occulter tout le reste et malheureusement ce n’est pas le cas. On s’imagine en France qu’il ne faut parler que de belles histoires, qu’il faut occulter toutes les mauvaises nouvelles parce que « la ménagère de moins de 50 ans pourrait moins consommer ». Voilà le mépris avec lequel on traite la population dans la France de Nicolas Sarkozy. Les Français ne sont quand même pas débiles, au point de ne pas savoir faire la part des choses entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas. On s’imagine qu’en agissant ainsi, la croissance reviendra. Ridicule !
De fait, à coté des informations en provenance du Pakistan, on voit des reportages sur des sujets très divers tels que les 40 glorieuses de la petite pilule, ce qui commence à dater, la tentative de débauchage par l’UMP d’éléments du Parti Socialiste ou du MoDem, ce qui n’est pas nouveau, sans oublier la libération des otages colombiens, mais pour que le sujet fasse les grands titres des journaux il aurait fallu que parmi les otages libérés il y ait Ingrid Bétancourt. Là on en aurait beaucoup parlé, parce que Nicolas Sarkozy aurait vite pris un avion pour aller la chercher sous les yeux émerveillés des caméras de TF1 ou France 2. Comme ce ne sera pas le cas, les journaux continuent à commenter vaillamment les tribulations du nouveau couple, Carla-Nicolas, qui vient de s’installer à Charm el Cheik et retrouver le couple, déjà plus ancien, Ockrent-Kouchner. Passionnant !
Un autre sujet de la plus haute importance va tenir en haleine la population : Miss France va-t-elle être destitué, au profit de je ne sais quelle autre candidate ? J’avoue que je ne sais pas trop de quoi il s’agit exactement, mais apparemment il y va de l’avenir de la République, car même le Ministre des DOM-TOM a vigoureusement défendu la demoiselle. Il n’est pas le seul, car il y a des élus UMP et communistes, sans oublier l’évêque de la Réunion. Tout cela est vraiment grotesque, sauf à essayer de faire oublier à la population que le prix du gaz va augmenter de 4% le 1er janvier, alors que Nicolas Sarkozy s’était engagé à ce qu’il n’augmente pas dans les prochains mois. On aurait pu penser qu’il laisse passer l’hiver, mais le signal au marché était nécessaire nous dit-on.
Si EDF-GDF était une entreprise publique, comme seul François Bayrou l’avait demandé, nous aurions davantage de maîtrise sur les conditions tarifaires. N’oublions pas qu’avant la privatisation, nous avions la chance d’avoir un courant électrique vendu sur le marché français 60 % moins cher que sur le marché libre. De ce simple fait, des entreprises étrangères étaient enclines à s’installer en France plutôt qu’ailleurs. N’oublions pas non plus que lors de son passage au ministère de l’Economie, Nicolas Sarkozy s’était engagé en 2004 à conserver à l’Etat une large majorité dans EDF et dans GDF. Mais qui s’en souvient et surtout lui-même s’en souvient-il ?
Autre sujet qui est assez commenté dans la presse : le rapatriement des Français impliqués dans cette ténébreuse affaire de l’Arche de Zoé. J’ai entendu dire à plusieurs reprises par des journalistes tchadiens que les initiatives de Nicolas Sarkozy, avec le tapage médiatique y afférent, n’avaient pas aidé au règlement rapide de cette affaire. Je ne sais pas, faute d’être dans le secret des dieux. En tout cas, à supposer qu’on connaisse un jour la vérité, ce sont toutes les ONG qui vont être éclaboussées par cet épisode douloureux, où Français et Tchadiens n’auront pas fait preuve d’un grand sens politique, pour ne pas dire d’amateurisme. En d’autre temps, on aurait demandé des comptes avec force pour voir où se situaient les responsabilités de chacun. Mais aujourd’hui…
Ces quelques réflexions sur ce qu’on voit et entend dans les médias accréditent l’idée que notre pays est en train de perdre sa spécificité. Faux ! La France restera à jamais le pays des Lumières, la France restera à jamais le pays qui a mis fin à l’absolutisme royal de droit divin, même si aujourd’hui hélas la France se comporte comme une nation sans ambition, anesthésiée par ses échecs et son déclin.
Il est clair que notre pays n’aurait jamais dû élire Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Il avait échoué comme ministre de l’Intérieur pendant les quatre années (ou presque) qu’il a occupé le poste, il avait montré très vite ses limites comme ministre des Finances, donc il n’avait pas l’envergure pour occuper la fonction qui est la sienne depuis le 6 mai. Cela étant, notre pays saura le moment venu retrouver cette foi et cet orgueil qui l’ont conduit à être la patrie des droits de l’homme, mais aussi le moteur de la construction européenne.
Michel Escatafal
10:30 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.12.2007
Le président de la République épuise ses jours de RTT
Trop, c’est trop ! Je suis indigné qu’on inflige à notre pays une image qui ne devrait pas être la sienne, alors que nous voulons donner des leçons à la terre entière. Oh certes, Nicolas Sarkozy a droit comme beaucoup (ceux qui peuvent) à des congés pendant les fêtes de fin d’année, mais il est le chef de l’Etat et à ce titre il y a un minimum de décence à respecter dans la fonction qu’il occupe. Clairement, il n’a pas le droit de faire de la provocation en étalant richesse et conquête féminine au peuple de France, au moment où celui-ci souffre de plus en plus pour maintenir son niveau de vie.
En effet, pendant que les Français ne savent plus comment s’y prendre pour faire face à leurs dépenses de logement, de chauffage ou simplement alimentaires, Nicolas Sarkozy se promène, ou plutôt s’exhibe sans vergogne avec sa nouvelle amie et une dizaine de personnes qui l’accompagnent dans son voyage en Egypte. Pire encore, il voyage une nouvelle fois au frais d’un ami, président d’un grand groupe qui porte son nom comme il l’avait déjà fait au mois de mai dernier. Cet ami lui veut réellement du bien !
En disant cela, je voudrais bien préciser que pour ma part, je me moque complètement, comme nombre de Français, de savoir si le président de la République est en vacances ou pas, et encore plus avec qui. Cela étant, si j’ai bonne mémoire on a fait des travaux d’aménagement il y a peu à La Lanterne à Versailles, mais aussi au Fort de Brégançon à Bormes- les- Mimosas. Autant de lieux sympathiques, rénovés au frais de la République, où nombre d’habitants de ce pays se sentiraient bien. Surtout, pour aller à Versailles ou près de Toulon, Nicolas Sarkozy n’aurait sans doute pas eu besoin de l’avion de Vincent Bolloré.
En fait, plus que les congés qu’il s’octroie à intervalles assez réguliers, ce qui choque les Français c’est cette sorte d’amour immodéré pour tout ce qui est clinquant. Il semble heureux de jouir de tout cela et plus encore de le montrer, comme s’il voulait absolument qu’on admire sa réussite, preuve d’ailleurs que cet homme souffre d’une forme de complexe sans doute difficile à analyser de prime abord, mais bien réelle. L’acharnement qu’il met à combattre ses ennemis en est une preuve supplémentaire.
Mais le plus grand scandale reste le fait que tout cela soit médiatisé à l’extrême. Pourquoi dans une période de grand froid évoquer sans cesse les tribulations de Nicolas Sarkozy en Egypte où il doit faire 25 degrés? Pourquoi, ne pas parler du cri de l’Abbé Boutoille qui voit des dizaines et des centaines de personnes errer dans les rues de Calais, survivant dans le froid et le crachin grâce à quelques bénévoles qui viennent leur donner quelque nourriture ? Comment un président de la République digne de ce nom peut-il se faire filmer dans des lieux paradisiaques main dans la main avec sa chanteuse et ses accompagnateurs, alors que dans son pays tant de personnes parcourent la campagne ou les forêts à la recherche de nourriture ou de bois pour pouvoir se chauffer ? Il y a une forme d’obscénité dans tout cela !
Au moins autrefois, personne n’évoquait les vacances du président de la République ou du Premier ministre : tout juste si l’on nous disait qu’ils prenaient quelques jours de congés. Ni Match, ni VSD, ni Gala etc. ne se préoccupaient de ce qu’ils faisaient, ces gazettes se consacrant aux actrices ou acteurs de cinéma, aux chanteurs ou aux footballeurs. Tous ces gens-là en France sont aujourd’hui éclipsés par Nicolas Sarkozy et sa petite cour. On va même jusqu’à nous dire que Bernard Kouchner et Christine Ockrent (employée de la télévision publique !) vont passer une soirée ensemble sur un lieu de villégiature égyptien la veille du jour de l’an. Mais dans quel monde vivons-nous ?
Cette situation est d’autant plus choquante qu’on annonce aujourd’hui une nouvelle flambée du prix du pétrole, ce qui ne manquera pas d’avoir des répercussions sur le prix du fuel, mais aussi une augmentation des tarifs du gaz pour les particuliers de 3,5%, alors que Nicolas Sarkozy avait promis qu’il n’augmenteraient pas. Mais qui croit encore aux promesses du président de la République, malgré les efforts des médias complaisants ? Plus grand monde, d’autant que les Français voient bien que les choses ne s’améliorent pas. La période des fêtes avec les réunions de famille donne une idée assez exacte de l’état d’esprit des Français.
Ceux qui ont voté pour lui, sous l’emprise ou la pression des médias savent bien qu’il ne fera pas ce qu’il a promis. Ils s’en doutaient, ils en sont à présent convaincus. Plus inquiétant pour le chef de l’Etat, ceux qui ont cru en lui dès le début, commencent à dire : « il ne fera pas plus mal que les autres parce qu’ils n’ont rien fait ». Cet infléchissement a son importance, car cela signifie que pour eux Nicolas Sarkozy n’est plus Superman puisqu’on le compare à « ceux qui n’ont rien fait ». Bref, le soufflet est en train de retomber, et ce n’est pas en médiatisant à l’excès sa vie privée, fut-ce avec une chanteuse, que le président de la République va redorer son blason.
Aussi pour conclure nous allons citer François Bayrou qui a dénoncé la semaine dernière la peopolisation de la vie privée de Nicolas Sarkozy. "J'ai toujours combattu ce genre d'attitude qui ne correspond absolument pas aux valeurs de la France" a affirmé le leader du MoDem, ajoutant : "Tout cela n'est que transitoire, et je pense que les gens vont se rendre très vite compte de la réalité du régime fait de belles promesses, loin de ce que les citoyens vivent aujourd'hui."
Michel Escatafal
08:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.12.2007
Une nouvelle génération politique arrive
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai le sentiment depuis quelques jours que le Mouvement Démocrate commence à faire peur à ses concurrents. Il est vrai que les électeurs et les hommes politiques lucides commencent à réaliser que notre pays s’enfonce dans les difficultés à force de gouverner « à la petite semaine ». On fait des coups médiatiques, mais rien de véritablement concret même si çà et là quelques mesures sont prises qui vont dans le bon sens. Cela étant, pour l’instant on utilise les bonnes vieilles recettes à savoir dilapider l’argent public, sans réelle contrepartie pour ceux qui sont le plus en difficulté.
La gauche de son coté, c’est-à -dire le Parti Socialiste, n’a d’autre alternative à proposer que son effacement au milieu des divisions qui sont le seul lien réunissant les ténors du Parti. Qui va devenir Premier Secrétaire en 2008 ? Delanoë va-t-il écarter Ségolène Royal ou bien c’est un troisième larron qui va rafler la mise ? Mais quelle mise, tellement ce parti semble avoir perdu son âme, ses idées et le sens de l’action. En tout cas, avec pour seule opposition le Parti Socialiste, le pouvoir actuel malgré ses insuffisances et son manque cruel de compétences aurait encore de beaux jours devant lui.
Heureusement il y a le MoDem qui s’affirme de plus en plus comme la troisième voie pour rassembler un pays en mal de repères, et à qui on est en train de proposer un système à l’américaine où règne la loi du plus fort, aux antipodes de notre culture sociale. Du coup, sans que l’on y prenne garde, le Mouvement Démocrate s’enrichit chaque jour de nouvelles adhésions et voit quelques personnalités rejoindre ses listes, le dernier exemple étant l’ex Secrétaire général des Verts.
Certains vont faire la fine bouche en disant que ce n’est pas « un grand leader politique», mais à titre personnel je préfère cela. Et puis qu’entend-on par grand leader politique ? Un des membres du gouvernement ? Sûrement pas tellement les uns et les autres sont en train de faire la preuve qu’ils ont atteint depuis longtemps leur seuil de compétence, ce que nous savions pour la plupart d’entre eux puisqu’ils appartenaient déjà aux précédents gouvernements. C’est la même chose pour le Parti Socialiste. Alors si un jeune dirigeant habité par une certaine éthique politique vient nous rejoindre, et bien nous serons heureux de l’accueillir.
De plus, ce qui me rend optimiste c’est cette forme d’engouement local que l’on ressent sur le terrain et autour. Même la presse finit par comprendre que le MoDem existe, d’où le nombre élevé de conférences de presse auxquelles participent nos candidats. Ces derniers, dont la plupart sont peu connus du grand public, commencent à se faire remarquer par la qualité de leur candidature et du projet qu’ils portent. Il est clair en effet, que tout le monde ressent que nous sommes en fin de cycle avec un président ultra populiste dirigeant un gouvernement sans la moindre envergure, et des personnalités locales en « bout de course » à force d’accumuler les mandats, conséquence terrible de l’absence de loi sur le cumul. Qui à part le MoDem est réellement pour une loi de ce type ? Personne, oui personne, chacun protégeant son médiocre pré-carré.
Voilà pourquoi, sans croire pour autant au Père Noël, le processus de conquête du pouvoir est engagé, quoiqu’en pensent nos adversaires politiques. En 1870 les Républicains, longtemps écartés du pouvoir, ont mis peu de temps à imposer la 3è République et celle-ci a survécu jusqu’en 1940. En 1958, l’arrivée du général de Gaulle au pouvoir a permis l’affirmation d’un personnel politique nouveau qui se maintiendra au pouvoir pendant 23 ans, la 5è République elle-même existant encore formellement, même si dans les faits elle est en totale décomposition. Donc un peu comme en 1870 ou 1958, nous avons besoin d’une nouvelle République.
Celle-ci sera fondée sur un équilibre constitutionnel retrouvé et des principes de légitimité et de responsabilité, à l’opposé de ce que nous vivons aujourd’hui. De toute façon, l’histoire est là pour nous le rappeler, la France n’accepte jamais très longtemps d’avoir à sa tête quelqu’un qui cumule la totalité des pouvoirs comme c’est le cas de nos jours. Même Napoléon III avait fait évoluer son régime, celui-ci se rapprochant en 1869 d’une monarchie parlementaire. C’est dire ! Le général de Gaulle lui-même, y compris entre 1962 et 1969, avait laissé à son gouvernement un certain nombre de prérogatives qui donnaient au Premier ministre un rôle de premier plan. Tel n’est plus le cas aujourd’hui, le gouvernement n’ayant quasiment plus aucun rôle sauf à entériner en Conseil des Ministres les décisions prises dans les cabinets présidentiels. Quand au Parlement…
En conclusion, tout ce que je viens de dire ne peut que conforter ceux qui comme moi pensent que l’on peut gouverner autrement. Bientôt, notre mouvement aura de nouveau des élus locaux ou nationaux en nombre. Bientôt notre mouvement verra son implantation dans le pays s'élargir à tous les groupes sociaux. Bientôt enfin, nous serons en position de pouvoir gouverner le pays selon les principes, toujours valables, définis par François Bayrou au moment de la dernière élection présidentielle. Alors, très vite nous sortirons de cette spirale de l’échec dans laquelle nous ont plongés tous ces politiciens qui se sont partagé le pouvoir, pendant plus d’un quart de siècle. Bref, nous ne serons plus « l’homme malade de l’Europe », et la France retrouvera son rayonnement à l’échelle européenne et mondiale.
Je vous souhaite à tous un joyeux Noël.
M.E.
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21.12.2007
La fête de Noël c’est quoi aujourd’hui ?
Avant les fêtes de fin d’année, je vais aujourd’hui évoquer Noël qui est pour le monde chrétien une des deux fêtes majeures de la liturgie avec Pâques. Bien évidemment, je ne vais pas faire un cours d’instruction religieuse, sauf pour souligner que cette fête de Noël ne correspond aucunement au jour de la naissance du Christ. D’ailleurs comment pourrait-on connaître le jour de la naissance du Christ, alors même que nous avons déjà toutes les difficultés à situer l’année de sa naissance, les historiens la plaçant entre moins 12 et moins 6, voire moins 4 avant notre ère. En revanche il est certain, si on en croit l’Evangile, qu’il n’est pas né en décembre, car la description qui est faite de cette nuit est plutôt une belle nuit de printemps.
Alors pourquoi avoir choisi le 25 décembre ? Tout simplement parce que le Christianisme s’étant développé avec le monde romain, les chrétiens ne voulaient pas rompre trop vite avec les usages et les rites anciens. Or le 25 décembre les Romains célébraient la fête du soleil et pour les Chrétiens, le Christ était le soleil qui venait illuminer la Terre. D’ailleurs, comme le remarque Jacques Duquesne dans son livre Jésus, Saint-Augustin lui-même appellera le Christ « l’astre d’en haut ».
Il y a donc une certaine logique dans cette date fixée au plus fort de la controverse entre défenseurs de la vraie foi et ariens. C’est le pape Libère qui fixa la date du 25 décembre pour la fête de Noël, en 354 à l’époque de l’empereur Gallus Caesar. Il ne fut pas canonisé pour autant comme l’ont été ses prédécesseurs ou successeurs jusqu’en l’an 800, parce qu’il avait fait preuve à l’époque d’hésitations coupables vis à vis des ariens, ce qui donna des arguments aux adversaires de l’infaillibilité pontificale, reconnue seulement en …1870.
Pour les Chrétiens Orthodoxes la date du 25 décembre est reportée au 7 janvier, le calendrier julien ayant 14 jours de décalage avec le calendrier grégorien. Cette date du 7 janvier correspond aussi à la fête de l’Epiphanie fêtée à l’origine le 6 janvier, et qui est le jour où les enfants reçoivent des cadeaux en Espagne.
Ceci nous amène tout naturellement à la signification totalement commerciale de la fête de Noël ou du jour des Rois. On le voit, nous sommes à des années lumière de la foi et de la piété à travers ces fêtes, où le maître-mot est vendre pour le commerce et acheter pour la consommation. De fait, nombre de commerces font une bonne partie de leur chiffre d’affaires au moment de la période de Noël.Cette période est celle où l’on initie les enfants à la société de consommation et ce, dès leur plus jeune âge. Certes, beaucoup sont loin de voir le Père Noël (institution créée au milieu du 19è siècle) combler tous leurs désirs, mais même les populations les plus défavorisées font de très gros efforts pour acheter des cadeaux à cette époque de l’année. Les jouets sont bien sûr la cible privilégiée des acheteurs, jouets rappelons-le fabriqués de nos jours en quasi-totalité en Chine par des enfants.
Cependant, il n’y a pas que les enfants à être concernés par la fête de Noël, les parents ayant aussi leur part du gâteau. Celui-ci, comme pour les jouets sera très inégalement réparti en fonction des critères sociaux. Certains passeront le réveillon de Noël en famille dans quelques lieux dits paradisiaques de l’Océan Indien, où chaque cadeau échangé représentera l’équivalent d’un ou deux SMIC, d’autres les plus nombreux passeront ce Noël en famille dans le respect des traditions avec des cadeaux offerts aux enfants et la dinde traditionnelle, certains enfin un peu plus nombreux chaque année passeront ce Noël dans la rue et dans l’indifférence générale.
Avec ce rappel, je ne veux surtout pas culpabiliser les chanceux qui appartiennent à la deuxième catégorie d’autant que, parmi eux, l’endettement supplée souvent le manque de pouvoir d’achat, ni même ceux appartenant à la première, mais je souhaite que la France et les pays de l’Union Européenne comprennent que le type de société, par essence très inégalitaire, qu’on veut nous imposer n’est pas viable à terme.
Quand le président de la République, Nicolas Sarkozy, se veut le chantre d’une société où l’argent est roi, nous sommes obligés de nous dire que cette société va broyer tous ceux qui la composent. « Les dangers d’une mondialisation sans contrôle sont bien réels », ne cesse de dire François Bayrou. La concurrence sans limite, la recherche de profits sans aucun rapport avec la réalité économique, sont les vecteurs qui vont précipiter notre monde dans le pire des chaos.
Or que se passe-t-il dans notre pays en ce moment ? On dérégule et c’est tout. On appelle réforme la dérégulation du marché du travail, la diminution des prestations de toutes sortes (sociales, médicales etc.) alors que les plus riches au contraire bénéficient d’avantages fiscaux toujours plus importants, soi-disant pour éviter qu’ils n’aillent s’installer à l’étranger ou pour faire en sorte qu’ils reviennent dans notre pays. Silvio Berlusconi avait usé des mêmes arguments au moment de son amnistie fiscale et la récolte avait été peu abondante. Nicolas Sarkozy, à son tour, a privilégié les avantages pour les gens les plus fortunés, quitte à voir notre taux d’endettement public s’envoler très rapidement vers des sommets.
Depuis le 6 mai, combien de ses « chers amis » installés à l’étranger pour des raisons fiscales, qui l’accompagnaient à la fameuse soirée du Fouquet le soir de son élection, sont revenus dans notre pays ? Aucun, et c’est bien naturel dans la mesure où le seul et unique but de ces gens-là est de gagner toujours plus. N’oublions pas que sur les 1500 ou 2000 milliards de dollars qui s’échangent chaque jour sur les bourses du monde entier, 95% va aux spéculations qu’alimentent des produits financiers toujours plus sophistiqués et la variation des taux de change, au point qu’en cas de crise financière comme celle que nous vivons aujourd’hui, personne ne sait plus qui possède quoi.
Alors bien évidemment, quand tout va mal on s’efforce d’apporter des remèdes en espérant qu’ils permettront « de passer le cap ». Les banques centrales injectent de l’argent, mais elles ne peuvent pas tout et les taux d’intérêt remontent. Or qui souffre en priorité de cette remontée des taux ? Les emprunteurs les moins solvables, donc ceux qui n’ont pas le choix pour continuer leur activité ou pour consommer.
Du coup un pays comme les Etats-Unis est au bord de la récession, et il y a fort à parier que les autres grandes économies occidentales souffrent à leur tour d’une baisse de croissance plus ou moins forte selon les régions économiques. De plus, chacun sait que l’inflation fait un retour marqué sur l’ensemble de la planète et, notamment, dans les pays émergents qui fabriquent nombre de produits que nous consommons, ce qui alimentera la hausse des prix chez nous et donc la baisse du pouvoir d’achat.
Bref, nous vivons à une époque charnière qui ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Alors, que nos gouvernants cessent de nous mentir, et nous fassent comprendre qu’il est temps à nouveau de faire des efforts. Mais ces efforts ne doivent pas concerner uniquement ceux qui en font déjà le plus. Tout le monde est concerné par le redressement du pays, y compris les plus riches d’entre nous. Cela Nicolas Sarkozy et sa majorité UMP doivent le comprendre.
Certains députés l’ont déjà compris puisque j’en ai entendu un, dernièrement, qui disait à une journaliste : « si vous voulez me faire dire que la situation est difficile, je vous dirais que c’est vrai ». La lucidité en effet veut que le temps des fanfaronnades soit passé, d’autant que beaucoup de promesses ont été faites qui ne pourront être tenues. Mais quand la parole n’est pas tenue, le peuple peut avoir des réactions auxquelles on ne pense pas. Pour le moment, le show Sarko comme disent les journalistes amuse la galerie. Gare toutefois à ne pas trop prendre les Français pour ce qu’ils ne sont pas.
M.E.
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20.12.2007
Un chanoine nommé Sarkozy
La basilique Saint-Jean du Latran (XVIIè siècle)
Aujourd’hui Nicolas Sarkozy rend visite au Pape pour être fait chanoine d’honneur de Saint-Jean du Latran. Apparemment c’est quelque chose qui n’avait pas intéressé les précédents présidents de la République, François Mitterrand et Jacques Chirac, ce dernier n’hésitant pourtant pas à revendiquer le fait d’être catholique pratiquant. Nicolas Sarkozy n’est pas catholique pratiquant, mais il n’a pas pu renoncer à ce voyage. Tout d’abord parce que si le Pape n’a pas beaucoup de divisions, il conserve quand même une certaine influence dans l’électorat, et chacun sait que pour Nicolas Sarkozy c’est bien l’essentiel. Partout où des voix sont à recueillir, on trouve Nicolas Sarkozy.
En ce qui concerne le Pape, c’est un peu différent, mais lui aussi n’est pas fâché de recevoir le chef de l’Etat français, car il sait que Nicolas Sarkozy trouvera bien deux ou trois mots ou expressions pour parler de l’Eglise catholique avec ferveur. Cela il sait faire, et pour le Pape qui lutte comme il peut face à la désaffection des populations européennes pour la pratique religieuse, c’est toujours bon à prendre. Donc pour reprendre une expression que nous avons beaucoup entendu ces derniers temps, c’est du gagnant-gagnant pour chacun.
La pratique religieuse a en effet beaucoup évolué au cours du dernier siècle, et pas seulement dans notre pays, inversant totalement les tendances des siècles précédents. Même Napoléon Bonaparte s’était crû obligé de signer un concordat avec le Pape Pie VII, le but étant bien évidemment de mettre l’Eglise Catholique, très influente, à son service. Ce concordat va rester en application quasiment jusqu’à la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Bonaparte tirera un grand bénéfice de cette signature, car cela va lui apporter le soutien des catholiques et même de certains monarchistes.
Cependant, sans remonter très loin, les relations du Saint-Siège avec les dirigeants de notre pays n’ont pas toujours été idylliques. Déjà , Napoléon lui-même n’a jamais eu de très bonnes relations avec le pape Pie VII, qui a toujours opposé une vive résistance à l’empereur des Français. D’une certaine manière, sans entrer dans les détails de l’histoire, il est permis de dire que c’est probablement le Pape Pie VII qui fut le plus grand adversaire de Napoléon, et qui sans doute participa le plus à sa chute. Cela nous fait penser au combat, il n’y a pas d’autre mot, livré par Jean-Paul II aux régimes communistes avec le résultat que l’on sait.
Ensuite, les relations de la France avec le Vatican s’améliorèrent, et furent même très proches au moment du Second Empire. Certes, la France aida l’Italie à recouvrer son indépendance (1859), mais en se gardant bien de ne pas toucher aux Etats Pontificaux, qui vont être protégés des assauts des nationalistes italiens (1867). En revanche, le Pape Pie IX formulera des exigences trop fortes politiquement pour Napoléon III, notamment en demandant de rendre obligatoire le mariage religieux. Malgré tout l’ultramontanisme de l’Impératrice Eugénie fera de nouveau de la France « la fille aînée de l’Eglise », ce qu’elle était déjà à l’époque de Clovis (465-511).
Les rapports seront plus difficiles avec l’avènement définitif de la République, dont les principaux dirigeants étaient peu disposés vis-à -vis de l’Eglise Catholique. Il est vrai que cette dernière s’y entendait pour semer d’embûches l’affermissement de la jeune République. Par exemple en 1890, quand le Pape Léon XIII pourtant le chef de l’Eglise invite l’épiscopat à s’accommoder du régime républicain, il se heurte aux évêques royalistes nommés par Pie IX. Trente ans plus tard, Pie XI rencontrera les mêmes difficultés avec les évêques nommés par Pie X. En plus l’Action Française, mouvement politique royaliste et nationaliste, a une influence considérable sur le clergé.
Enfin, le rôle de l’Eglise fut loin d’être glorieux au moment de l’affaire Dreyfus, nombre de religieux se rangeant dans le chœur antisémite, ce qui contribua d’une certaine façon à accélérer le vote de la loi qui sépare l’Eglise et l’Etat. Cette loi, pour aussi douloureuse qu’elle apparaisse aux catholiques pratiquants, nombreux à l’époque, a été quand même considérée par certains comme une véritable aubaine pour l’Institution, l’Eglise de France ayant l’occasion de revenir aux sources dans la pauvreté. Cela étant, cela ne lui permettra pas de renouer avec certaines catégories sociales dont elle devrait se sentir proche, notamment la classe ouvrière.
La doctrine marxiste était passée par là avec son slogan : « la religion est l’opium du peuple », à laquelle la hiérarchie catholique, par ses comportements avait donné force. De fait, les gens les plus proches de l’Eglise de France demeurent la bourgeoisie, petite et grande, et les campagnes. L’expérience des prêtres ouvriers dans les années 60 ou 70 ayant été un fiasco, l’influence de l’Eglise dans les milieux ouvriers défavorisés s’est semble-t-il définitivement éloignée d’un monde qui a priori aurait dû être le sien. Il est vrai que le cadre traditionnel d’un catholicisme conventionnel et encore un peu bourgeois, semble mal adapté auprès d’une misère qui ne semble guérissable que par une refonte totale des rapports sociaux. Ce n’est pas, hélas, pour demain !
En résumé, cette visite de Nicolas Sarkozy au Pape apparaît plutôt anecdotique en termes de géopolitique, et d’ailleurs lui-même semble beaucoup plus préoccupé par sa nouvelle toquade, à savoir l’Union méditerranéenne. A ce propos, nous avons appris qu’il rencontrera à Rome, outre Romano Prodi, José Luis Zapatero et Jose Manuel Barroso pour parler de ce projet qui, disons-le encore une fois, apparaît assez fumeux aux yeux de nombreux observateurs.
Cela étant, nous espérons que le Pape lui rappellera la position des évêques de France sur les tests ADN dans le cadre du regroupement familial. Il pourra également ajouter à ce rappel, une supplique sur les quotas d’expulsion tels que les fait appliquer son dévoué ministre de l’Immigration Brice Hortefeux, sans oublier également l’obligation morale de gouverner pour tous, et non d’accorder toujours plus à ceux qui ont déjà beaucoup, au détriment de ceux qui n’ont pas assez. Est-ce un vœu pieux ?
Michel Escatafal
10:30 Publié dans histoire politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.12.2007
J'ai mal à mon pays
Jusque vers quels abîmes va descendre notre pays avec à sa tête Nicolas Sarkozy ? Cette question je me la pose tous les jours, et je n’arrive toujours pas à comprendre comment le peuple français a pu se livrer pieds et poings liés à un politicien, qui n’avait jamais réussi jusque là dans les missions qu’on lui avait confiées ou qu’il s’était assignées. Il a été plusieurs fois ministre et son action n’a jamais permis d’améliorer les choses, que ce soit au Budget, aux Finances et plus encore à l’Intérieur, poste qu’il a occupé pendant presque quatre ans, sans résultats tangibles. Au contraire, quand nous faisons le bilan, il est évident qu’à part ses vantardises et ses slogans au futur, jamais la situation n’a été aussi précaire en termes de sécurité. Nous avons même eu droit en 2005, à une crise dans les banlieues comme notre pays n’en avait jamais eu.
Alors pourquoi a-t-il été élu ? Nous allons tout de suite évacuer un problème que nous soulignons sans cesse à savoir la main mise sur les médias. C’est vrai, les médias en quasi-totalité sont aux ordres de Nicolas Sarkozy, mais dire que ce sont les médias qui ont fait l’élection présidentielle est un peu réducteur, surtout pour le second tour. Si le Parti Socialiste avait présenté un (ou une) meilleur candidat, largement soutenu par son parti, il aurait pu gagner cette élection, même s’il ne le méritait pas.
Il n’y a que notre candidat, François Bayrou, qui avait le droit de se plaindre des médias. Lui, c’est vrai a subi de plein fouet le pouvoir de la presse, le summum ayant été enregistré juste avant le premier tour, où on faisait croire aux électeurs qu’il n’y avait de choix qu’entre le candidat UMP et le candidat socialiste. Par ailleurs, le programme de notre leader n’a pas été valorisé comme il aurait dû l’être, notamment sur les thèmes de la réduction des déficits et de l’école, moins porteurs aux yeux de l’opinion, que les thèmes de l’immigration ou les slogans puérils du type « travailler plus pour gagner plus » ou encore « l’ordre juste ». L’honnêteté, la raison ne peuvent rien contre un parti pris.
En attendant, nous avons Nicolas Sarkozy comme président de la République, et le moins que l’on puisse dire est que jamais sans doute notre pays n’a été autant la risée de l’Europe et du monde. A peine arrivé au pouvoir, Nicolas Sarkozy s’est comporté à la manière d’un chef de service qui veut tout régenter et qui veut se montrer toujours et partout, sa hiérarchie étant les sondages d’opinion. Alors pour plaire à sa hiérarchie, il a déployé toute sa mauvaise foi pour faire croire qu’il travaillait plus que les autres, pour laisser accroire qu’il était plus humain que ceux qui l’ont précédé, donnant dans la compassion. Il a distribué les bons points à certains, fustigeant les autres. Il a aussi essayé par tous les moyens de diviser pour régner, allant jusqu’à contrarier les ambitions de ceux qui l’avaient soutenu et qui se voyaient déjà tout près du chef, à un poste valorisant.
Avec ses collègues européens, il n’a jamais joué franc-jeu ce qui explique notamment les quolibets qu’il endure ces derniers jours. Et oui, jusqu’au mois de septembre, les dirigeants européens, ses collègues n’aimaient pas trop « ses manières », mais se disaient que la France allait rapidement se lasser de lui ce qui l’amènerait à plus de modestie. S’ils avaient raison sur un point, les Français commencent effectivement à se lasser de voir toujours et partout Nicolas Sarkozy, ses pompes et ses œuvres, en revanche il est toujours aussi arrogant, cette arrogance que l’on retrouve chez tous les parvenus nouveaux riches, qui passent leur temps à exposer leurs montres ou bracelets en or, s’imaginant bêtement que cela leur donne un vernis qu’ils n’ont pas.
Du coup, l’annonce d’une romance amoureuse de notre président de la République avec une chanteuse fait l’objet d’un concert d’ironie dans la presse étrangère. Nous n’allons pas reprendre tout ce qui se dit dans les journaux, largement commenté et au-delà par la presse française, mais il y a quand même quelques petites perfidies qui en disent long sur l’idée que l’on se fait en Europe de notre chef de l’Etat. On parle de sa taille, on évoque une chansonnette de sa nouvelle amie etc. Plus sérieusement la Tribune de Genève note que c’est au royaume de Disney que Nicolas Sarkozy a choisi de dévoiler sa liaison, ajoutant que « le monde selon Mickey a, il est vrai, plus d’attraits que celui des sans domicile fixe qui battent le pavé parisien ». D’autres ajoutent que cette révélation est destinée à faire oublier la visite du colonel Kadhafi, désastreuse pour l’image de Nicolas Sarkozy.
Surtout comme le titre Il Messagero, on ajoute en conclusion que « l’omniprésent Sarkozy semble avoir décidé d’occuper la scène médiatique ». Cette remarque nous amuse car les Français que nous sommes, ont compris depuis longtemps que pour Nicolas Sarkozy, c’est le seul moyen dont il dispose pour entretenir l’illusion. Cela étant, cette révélation au ras du caniveau n’ajoutera rien à sa gloire et à l’opinion que se font les Français de son étrange président. Il n’y a qu’à voir les réflexions ou remarques gênées de ses ministres quand ils sont interrogés sur la liaison de Nicolas Sarkozy avec une chanteuse, pour s’apercevoir qu’il va trop loin, au moment où il devrait s’occuper prioritairement des dossiers qui concernent les Français, le pouvoir d’achat, les mal-logés, la croissance etc.
On peut d’ailleurs se poser la question de savoir quand notre président trouve le temps de travailler. Certes, il a réussi un temps à convaincre les Français que c’était un bourreau de travail, jusqu’à ce que certains découvrent qu’il était loin de maîtriser nombre de dossiers. Pour avoir eu la chance de travailler avec certains hommes politiques par le passé, je puis affirmer qu’ils avaient une réelle connaissance de leurs dossiers, y compris les plus compliqués. Tel n’est pas le cas de Nicolas Sarkozy qui, tout le monde doit l’admettre, se disperse beaucoup trop pour pouvoir accomplir un travail suivi. Entre ses joggings, ses escapades, ses vacances à l’étranger, ses actions sur des terrains où il ne devrait pas être, quand a-t-il le temps de s’occuper du pays ?
En disant cela, je ne suis pas dans la polémique, mais dans la réalité de la vie. Certains sont des travailleurs de l’ombre et il est difficile de souligner l’efficacité de leur travail, précisément parce qu’ils refusent de se mettre en avant. Nicolas Sarkozy ne fait évidemment pas partie de ceux-là , tout le monde l’a compris. Ce qui compte pour lui c’est la communication, mais ses conseillers devraient l’avertir que ses fonctions exigent à la fois un minimum de décence et de dignité, et qu’il ne sert à rien de vouloir infantiliser le peuple français en prodiguant les paillettes d’un optimisme trompeur.
La France mérite mieux que s’attirer la moquerie du monde entier à cause des fadaises et des toquades d’un président de la République qui ne pense qu’à lui, sans se soucier des problèmes de ses compatriotes. Nicolas Sarkozy n’a pas de projet pour son pays et il n’en a jamais eu, sinon il n’aurait pas multiplié les promesses, parfois tout à fait contradictoires. Par comparaison, nous citerons quelques phrases de François Bayrou qui en disent long sur la différence d’approche de la politique entre le leader du Mouvement Démocrate et le chef de l’Etat : «un projet, c’est d’abord une vision qui résulte de l’analyse de la société, mais aussi des attentes de nos concitoyens. C’est un guide pour l’action, c’est un cap pour demain. C’est une inspiration unificatrice qui concerne l’ensemble des Français : il parle de tous et il parle à tous ». On est à des années-lumière de la pensée de Nicolas Sarkozy.
Michel Escatafal
23:10 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.12.2007
Le Kosovo vers l'indépendance début 2008
La Yougoslavie en 1998 avec ses nationalités
Alors que l’actualité du jour est plutôt à l’enjouement, nous allons parler d’un évènement qui pourrait changer durablement la face d’une partie de l’Europe, les Balkans, qui fut la scène de tant de conflits sanglants sur notre continent. En effet, cette fois c’est fait ou presque, la Serbie va se retrouver toute seule et va perdre la dernière province qui lui reste après la dislocation de la fédération yougoslave. L’indépendance du Kosovo est donc inéluctable et devrait intervenir au début de l’année prochaine, juste après les présidentielles serbes dont le deuxième tour est prévu le 3 février 2008. Du coup, les dirigeants européens ont pris samedi la décision politique d’envoyer dans la province serbe, administrée par l’ONU, la plus vaste mission d’assistance civile et policière jamais déployée par l’Union Européenne. En clair, l’Europe sera là pour assurer la stabilité du pays, tout comme l’OTAN qui maintiendra le temps qu’il faudra les troupes de la Kfor, présentes depuis 1999.
Bien entendu, cette précipitation pour l’envoi de cette mission est due au fait que jamais la Russie n’acceptera une résolution de l’ONU reconnaissant l’indépendance du Kosovo. Cela signifie que l’Union Européenne enverra pour la première fois une mission au titre de sa politique extérieure sans mandat de l’ONU. Cela étant, l’indépendance du Kosovo paraît inéluctable comme le rappelait Nicolas Sarkozy lors de la réunion de Bruxelles des dirigeants européens, en disant que « les Kosovars et les Serbes ne veulent plus vivre ensemble ». La décision d’envoi de cette mission a été prise à l’unanimité, même si elle a donné lieu à quelques passes d’armes provoquées par les pays opposés à l’indépendance à savoir Chypre, la Grèce, la Slovaquie, l’Espagne et la Roumanie.
Le président roumain Traian Basescu a même rejeté sans ambiguïté toute indépendance du Kosovo, par crainte que l’exemple kosovar ne fasse tâche d’huile, et alimente le désir d’indépendance des Hongrois (environ un million) habitant en Tansylvanie. Les Chypriotes en revanche craignent une annexion par la Turquie du Nord de l’île. Cela étant, ces deux Etats sont très minoritaires dans l’Union, puisque les autres pays hésitant à accepter l’indépendance du Kosovo finiront par admettre celle-ci, sous supervision internationale.
La Serbie sera donc la grande perdante d’un Kosovo indépendant, puisqu’elle sera amputée de 10% de son territoire et d’un des lieux fondateurs de son histoire, le Champ des Merles. Cela nous amène à évoquer brièvement l’histoire de ce territoire qui constitue le berceau la Serbie médiévale. Il faut savoir en effet que l’unification de la Serbie se fit au XII é siècle. D’ailleurs, le tsar Etienne IX Duchan (1331-1355), roi des Serbes, régna sur un territoire qui engloberait aujourd’hui, la Serbie, la Grèce, la Macédoine et l’Albanie. De nombreux monastères orthodoxes attestent de cette présence serbe au Kosovo depuis le Moyen-Age.
L’Empire serbe se disloqua vers la fin du 14è siècle au profit de l’Empire Ottoman qui annexa, notamment, la Macédoine et la Bulgarie. Après la bataille du « champ des Merles »en 1389, la Serbie passa sous administration ottomane et une partie de sa population, notamment les Albanais, les Bosniaques et les Kosovars, est devenue musulmane, ce qui est encore le cas aujourd’hui. En fait, ce sont les Albanais qui ont investi le Kosovo pendant la période de domination ottomane prenant la place des Serbes qui, pour la plupart, ont refusé la conversion à l’Islam et se sont réfugiés au Nord du pays. La Serbie retrouva son indépendance en 1878, mais sans le Kosovo qui resta sous tutelle Ottomane.
A la fin de l’Empire ottoman, et au moment de la création de l’Etat albanais en 1912, l’Albanie revendiqua le Kosovo, mais grâce à la pression de la Russie tsariste, le Kosovo fut rattaché à la Serbie, elle-même formant plus tard en 1918 avec la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Macédoine et la Slovénie, le royaume de Yougoslavie. Les kosovars ne se reconnaissant pas une place dans ce nouvel Etat, se révoltèrent à maintes reprises, mais tous ces soulèvements furent chaque fois réprimés dans le sang. En 1919-1920, le Kosovo vivait un peu dans la même situation que celle qui prévalait entre 1995 et 1999, année de la mise en place du protectorat de l’ONU. Après la parenthèse de l’Italie fasciste, le Kosovo redeviendra en 1945 une entité administrative de la Serbie, puis province autonome en 1968, statut qui fut confirmé en 1974 avant d’être aboli en 1989, le président serbe Milosevic instituant un régime ethnique discriminatoire envers les Albanais.
Ce rappel historique nous aide à mieux comprendre les arguments de ceux qui plaident pour l’indépendance du Kosovo, et de ceux qui y sont hostiles. Il y a finalement beaucoup d’arguments pour, mais les tenants du contre ont eux aussi quelques arguments non négligeables, et notamment l’intangibilité des frontières reconnue par la communauté internationale dans les années 90, à destination des Balkans. Toutefois, si l’on s’en tient au seul droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le Kosovo doit devenir indépendant d’autant que dans les années 1998-1999, les unités spéciales de la police serbe ont laissé le souvenir d’une terrible répression avec la mort de 200 000 Kosovars et l’exode de plus de 300 000 réfugiés. De plus, le Kosovo parle l’albanais (90% de la population), et la religion est essentiellement musulmane et non chrétienne orthodoxe comme en Serbie.
Pour aider à régler le problème, d’autant plus urgent que les Kosovars albanais font subir aux Kosovars serbes ce qu’ils ont subi eux-mêmes du temps de Milosevic, Nicolas Sarkozy et ses collègues européens ont proposé d’accélérer le processus d’intégration de la Serbie dans l’Union Européenne, mais ce marchandage a été considéré comme « insultant » par le premier Ministre serbe Kostunica. En tout cas, en reportant l’acceptation de l’indépendance du Kosovo à février 2008, les Européens espèrent aider le président serbe pro-européen, Tadic, à renouveler son mandat face aux nationalistes de tous bords qui ne manqueront pas d’exploiter la situation.
Voilà où nous en sommes en cette fin d’année 2007 dans une province serbe qui ne l’est plus que formellement. La seule bonne nouvelle dans cette situation est que la Serbie, par la voie de son président, a redit encore samedi qu’elle ne recourrait pas à la violence, preuve s’il en était besoin qu’elle sait que son combat pour garder le Kosovo est perdu d’avance, même si les partis patriotiques ne sont pas de cet avis. Il lui reste donc à livrer un ultime baroud d’honneur qui pourrait lui rapporter une aide importante de l’Union Européenne, vu l’intérêt évident de cette dernière à aboutir le plus rapidement possible à une solution.
Le Kosovo sera-t-il beaucoup plus heureux pour cela? Difficile à dire, car mis à part l’inévitable sentiment de fierté que ressent un pays quand il acquiert son indépendance, la viabilité économique d’un micro-Etat de 2, 1 millions d’habitants est loin d’être assurée, même si le Kosovo recèle sur son territoire des terres fertiles, celles-là même qui ont attiré les Albanais au 17è siècle. Cela dit, ces terres sont de plus en plus abandonnées dans l’indifférence des responsables politiques, au point que le Kosovo importe tout ce qu’il mange. De plus, ceux qui connaissent bien le pays disent que le Kosovo n’a plus d’autorité civile depuis longtemps, et vit dans l’anarchie avec une corruption généralisée, alors que crimes et assassinats sont monnaie courante. C’est d’ailleurs pour installer un état de droit que l’Union Européenne va envoyer sa mission civile dès le mois de janvier.
Il reste donc à souhaiter que cette mission réalise les objectifs qui lui seront assignés, et que l’indépendance du Kosovo se déroule sans effusion de sang, à l’instar de celle du Monténégro, malgré les multiples menaces des groupements paramilitaires de tous bords, sans parler du rôle ambigu de l’Eglise serbe othodoxe. Il est surtout absolument indispensable qu’une fois l’indépendance obtenue, le Kosovo ne retombe pas dans une dictature dirigée cette fois par les Kosovars albanais. Si l’Union Européenne parvient à ce résultat, elle aura démontré encore une fois son rôle dans la voie de la réconciliation et de la solidarité entre les peuples. Et ces mots sonnent avec une résonnance particulière dans cette partie des Balkans.
Michel Escatafal
KOSOVO : 10 887 km², 2,1 M d’habitants dont 90% parlent albanais
Capitale : Pristina
Monnaie : l’euro
23:05 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.12.2007
L’égalité des chances s’accorde mal avec les discriminations, même positives
Barack Obama, candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis
Il y a dans le langage des gens qui font de la politique des mots ou expressions qui sont insupportables. Parmi ceux-ci j’en citerai trois : parité, discrimination positive, minorités visibles. Certes, les objectifs de certains à ce propos sont peut-être louables, mais en réalité ils ne font pas avancer les choses. On peut le constater chaque jour à travers la composition des listes électorales, qui fait l’objet de débats très durs à l’intérieur de certaines familles politiques. Ce matin, par exemple, j’entendais les récriminations de nombreux militants socialistes sur la composition des listes municipales dans les grandes villes. Il a même fallu l’intervention du premier Secrétaire pour régler les cas les plus litigieux, sans pour cela atténuer les rancoeurs.
Le seul fait d’imposer une parité est déjà en soi un aveu d’échec terrible à une époque où la femme travaille le plus souvent, occupe des fonctions importantes dans les entreprises et assume, là où c’est le cas, ses fonctions électives dans les mêmes conditions que les hommes. Pourquoi et au nom de quoi une femme ne figurerait en première position sur une liste électorale ? Pourquoi et au nom de quoi les premières places sur une liste ne seraient pas occupées uniquement par des femmes ? Mais je pourrais aussi poser la même question à l’inverse. Voilà où nous en sommes dans ce pays, alors que l’affaire est réglée depuis longtemps dans les pays au Nord de l’Europe.
J’ai eu pour ma part la chance de travailler avec beaucoup de femmes dans mes fonctions professionnelles. Je ne me suis jamais posé la question de leurs compétences, parce que précisément c’étaient des femmes. J’essayais simplement de travailler avec elles sans me soucier de savoir si telle option prise par ma responsable hiérarchique ou mon adjointe, l’était parce que c’était une femme. C’était même le cadet de mes soucis et j’en ai été très heureux, ce qui m’a permis d’accomplir les tâches qui m’étaient confiées au mieux des intérêts de l’institution qui m’employait. Cela signifie que pour moi, une femme travaille aussi bien qu’un homme et vice versa. Ce qui est scandaleux en revanche, c’est la disparité de salaire entre les hommes et les femmes dans de nombreuses entreprises.
Ce qui est tout aussi scandaleux, c’est la manière dont certains élus (hommes) jouent avec la parité en politique. Dans combien de départements ou de villes, un homme atteint par le cumul des mandats règle le problème en imposant son épouse ou sa fille à sa place, en faisant croire qu’il fait cela au nom de la parité. Et cet exemple est beaucoup plus fréquent que ne l’imaginent les électeurs. J’appelle cela se moquer du suffrage universel et le dévoyer gravement. D’ailleurs, si j’étais à la place d’une de ces épouses ou filles, je demanderais à occuper les fonctions que le mari ou le père souhaite se réserver, d’autant que cela pourrait amener un plus pour la ville, le canton ou le département.
Ensuite il y a la discrimination positive. Pourquoi devrait-on accepter ce terme tout à fait abominable qui insinue l’idée qu’il y a plusieurs catégories de Français. Pour moi, et c’est la position depuis toujours de François Bayrou et du Mouvement Démocrate, il ne peut y avoir plusieurs types de citoyens : nous sommes tous français. L’ambition que tous les habitants de notre pays doivent avoir est le rétablissement de l’égalité des chances, l’histoire fourmillant de gens d’origine modeste occupant les plus hautes fonctions de la République. Parmi ceux-ci, nous prendrons l’exemple de Léon Gambetta, fils d’un émigré italien, devenu une des figures emblématiques de la 3è République.
Donc, il ne faut surtout pas s’engager dans cette voie, mais plutôt revenir au concept républicain de l’égalité des chances, faculté offerte à chacun « d’être distingué selon ses mérites, sa créativité, son ardeur au travail, et non selon sa naissance, ses relations ou sa fortune » pour parler comme François Bayrou. Cette méritocratie républicaine, qui a sa base dans l’école et plus tard dans l’université, permet en outre un renouvellement des élites et un brassage social pour l’accès aux plus hautes fonctions, générateurs de progrès dans la société civile. Une personne d’origine modeste qui a réussi dans la vie, n’hésitera pas à donner sa chance à celui qui a vécu les mêmes difficultés que lui. Cela ne signifie pas pour autant que seules les personnes issues d’un milieu social défavorisé, soient capables de participer à l’amélioration de notre système social. Pas de discrimination dans un sens comme dans l’autre !
Enfin, pour terminer je voudrais évoquer le concept le plus horrible qui soit, à savoir la minorité visible. Pour moi, parler de minorité visible ce n’est rien moins que du racisme. Quand j’entends le président de la République faire l’apologie de sa politique en montrant sans cesse Rachida Dati ou Rama Yade, comme témoins de sa bonne volonté d’intégrer les enfants d’immigrés, je suis tout simplement stupéfait. Si Rachida Dati ou Rama Yade ou encore Fadela Amara, sont au gouvernement, c’est parce qu’elles méritent d’y être, mais en aucun cas parce qu’elles incarnent « la diversité de la France ». Il y a quelque chose d’indécent à évoquer sans cesse cette notion.
Bien sûr que la France est diverse, mais elle est d’abord une et indivisible. D’ailleurs pourquoi ferait-on pour la politique ou l’administration, ce que personne ne fait pour le sport ? Est-ce que les Français, y compris les plus enclins aux idées racistes, considéraient Zidane comme moins français que Dugarry ou Deschamps, quand il marquait deux buts en finale de la Coupe du Monde 1998 ? Non même si, malheureusement, les sentiments de certains ne sont sans doute plus tout à fait les mêmes depuis qu’il ne joue plus avec l’Equipe de France. Cependant tous les sondages le montrent Zidane, comme Yannick Noah, reste parmi les personnalités préférées des Français. Alors pourquoi faire des différences ailleurs que dans le sport ?
En conclusion, je pense que nous devrions prendre exemple sur les Américains. Pour être sévère avec eux sur le plan économique, pour avoir dit haut et fort tout le mal que je pensais de leur président actuel, je tiens à saluer chez eux la possibilité de voir Barak Hussein Obama, sénateur de l’Illinois depuis 2005, devenir prÃ


