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29.11.2007
Ce week-end, l'information politique c'est le Congrés du Mouvement Démocrate
Pour François Bayrou, " la banlieue va très mal, et malgré les déclarations multiples qui ont lieu au rythme des émeutes, la vérité est que rien n'a réellement changé sur le fond parce que, hélas, le pays dans lequel on vit se satisfait du retour au calme et des déclarations habituellement grandiloquentes, des plans annoncés majestueusement et qui ne sont pas réellement suivis d'effets" ce qu'il résuma de manière incisive : "Il y a eu trop de promesses et pas assez d'actes."
Le président de l'UDF-Mouvement Démocrate a également tracé les grandes lignes d'une action de long terme en faveur des banlieues autour de trois axes : la lutte contre discrimination "une discrimination devant l'emploi", les services publics et l'Etat dont la présence est nécessaire "là où nous en avons le plus besoin et où ils sont le plus absent" et enfin, le désenclavement afin que "l'on ne soit pas enfermé dans les cités".
Par ailleurs, interrogé sur le départ de Jean-Marie Cavada, François Bayrou a estimé : "On leur a expliqué qu'avoir un poste gouvernemental ça passait par deux choses : premièrement se rallier à l'UMP et conduire sa liste dans un des arrondissements parisiens dont on ignore tout , deuxièmement, si vous voulez un poste ministériel, alors il faut que vous traîniez dans la boue vos anciens amis".
Voilà le résumé des propos tenus hier par notre leader sur France-Inter. Evidemment, s’il bénéficiait du temps de parole que l’on devrait accorder normalement à un candidat qui a obtenu 18,6% des voix à l’élection présidentielle au suffrage universel, il aurait pu commenter plus longuement l’actualité nationale et internationale. Mais le service public, que nous payons avec nos impôts, ne lui en a pas laissé le loisir.
Il est vrai que toutes les chaînes de radio et de télévision du pays sont d’ores et déjà mobilisées par l’intervention de Nicolas Sarkozy de ce soir. Il va parler pour la énième fois, il va de nouveau annoncer quelques mesures qui vont obérer un peu plus le budget de l’Etat, et il va continuer à faire des promesses. Nous allons avoir, c’est certain, quelques questions aseptisées et un long monologue de Nicolas Sarkozy. Ensuite toutes les rédactions vont amplifier le message présidentiel et nous passerons à autre chose, car il faut tenir jusqu’aux élections municipales. Et après ? On verra.
En revanche, je ne suis pas certain que ses journalistes amis vont lui poser quelques questions embarrassantes. Parmi celles-ci, il y en a une relative au maintien de l’exonération de redevance (116 euros par an) pour les plus de 65 ans qui ont des faibles ressources. Théoriquement, elle doit être supprimée le 1er janvier. Il faut savoir en effet que les députés de la Commission des Finances ont écarté plusieurs amendements socialistes demandant le maintien de cette exonération. Il paraît que la question va revenir à l’ordre du jour en décembre, lors de l’examen du collectif budgétaire, aux dires de quelques députés UMP qui, eux aussi, souhaiteraient le maintien de l’exonération. Les élections municipales approchent et ceux-là doivent être en difficulté.
Cette question à poser au chef de l’Etat serait d’autant plus pertinente que l’on parle beaucoup en ce moment de pouvoir d’achat, et 116 euros pour les retraités à faible revenu c’est beaucoup. Cela étant, il faut financer le coût du paquet fiscal voté en juillet au bénéfice des plus riches. Comme nous pouvons le constater, le président de la république et sa majorité ont une priorité : distribuer de l’argent à ceux qui en ont le moins besoin, et pressurer au maximum ceux qui n’arrivent pas à gagner plus et qui ont peu.
Autre question qui pourrait être posée, dans un tout autre domaine, concernant la réforme imminente du secteur audiovisuel extérieur, pour tout dire la voix de la France à l’étranger. Manifestement pour le président de la République, la voix de la France c’est TF1 et accessoirement France Télévision. Mais pour les francophones vivant à l’étranger, c’est aussi France 24 lancée à grand fracas par Chirac fin 2006 (dont TF1 est actionnaire), RFI (Radio France Internationale) et TV5. Pour cette dernière, il y a des actionnaires belges, suisses et canadiens ce qui complique la chose, car ces actionnaires ne sont pas forcément là pour vanter la gloire et les mérites de Nicolas Sarkozy. Gageons, hélas, que le président de la République saura trouver la solution pour faire en sorte que, là aussi, le pluralisme ou la diversité soient absents. Et peu importe si les francophones d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique ne regardent plus TV5 Europe ou Monde.
Nous pourrions continuer longtemps encore sur les questions qui préoccupent les Français et qui ne seront pas abordées ce soir. Mais pour nous, et vous ne m’en voudrez pas, nous sommes tout à notre joie de participer à partir de demain au congrès de l’UDF et du Mouvement Démocrate. L’ambiance sera j’en suis sûr à la fête, même si la naissance d’un mouvement qui compte déjà 80 000 membres est quelque chose de très sérieux et important pour un pays qui, comme le notre, a besoin de retrouver l’espoir, ce qui passe par le renouvellement de son personnel politique. La France traverse une crise profonde, mais son déclin n’est pas inéluctable pour peu que nous le voulions et que nous nous en donnions les moyens. Le Mouvement Démocrate est là pour combler l’attente d’une nation qui doute de plus en plus de son avenir.
Michel Escatafal
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