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28.11.2007

Construire une République honnête et un Etat impartial

A la veille de partir pour le congrès fondateur du Mouvement Démocrate, je voulais parler du plaisir que j’ai de participer à la naissance d’un parti totalement nouveau, tellement nouveau d’ailleurs que beaucoup de monde essaie de le démolir avant qu’il ne soit né. C’est d’ailleurs toujours le cas, quand un mouvement prend de l’ampleur, surtout si ce mouvement est dirigé par un homme qui veut changer la vie de ses concitoyens,  et gouverner autrement. Par certains cotés, ce qui arrive aujourd’hui à François Bayrou me fait penser à Léon Gambetta, quand celui-ci voulait changer la vie des Français et envisageait de grandes réformes institutionnelles, économiques et sociales, notamment en faveur des classes défavorisées.

Que s’est-il passé ?  Au moment où il s’apprêtait à gouverner (1881), une coalition d’intérêts s’est soudain retrouvée pour l’empêcher de mettre en place son projet. Cette coalition regroupait la présidence de la République, la haute finance, mais aussi les dirigeants des grands groupes miniers et des compagnies de chemins de fer ; il ne manquait que TF1, mais la télévision n’existait pas. Il avait aussi à affronter l’ensemble du personnel politique, soucieux de préserver ses prérogatives, ses mandats et pour tout dire ses privilèges.

Tout cela nous rappelle quelque chose, et nous ramène à ce qui s’est passé en début d’année au moment où François Bayrou faisait sa percée dans les sondages. Tout a été mis en œuvre pour que le second tour de l’élection présidentielle, oppose les candidats des deux partis qui se partagent le pouvoir depuis 1981. Même le journal Le Monde  rompant avec une  éthique séculaire, parce que désormais inféodé aux grands groupes financiers, y est allé de son couplet pour barrer coûte que coûte la route à François Bayrou.

Cela étant, on peut comprendre que tout ce petit monde puisse s’inquiéter de l’émergence d’un parti politique fort, soucieux de placer l’homme au centre des préoccupations. L’article 2 du projet de statuts du Mouvement  Démocrate est à cet égard significatif : « le Mouvement Démocrate s’engage à promouvoir les idéaux républicains par l’édification d’une démocratie de responsabilité dans la vie politique nationale, européenne et mondiale comme dans la vie politique sociale ».

Bien évidemment, tous les partis politiques peuvent se prévaloir de ce type de phrase, mais le Mouvement Démocrate en fait une question de principe. Léon Gambetta croyait à ce qu’il disait, et cela ses adversaires le savaient. François Bayrou croit à ce qu’il affirme, et c’est pour cela qu’il est combattu par l’ensemble de la classe politique d'autant que notre leader, contrairement à Gambetta, a le soutien d'un grand nombre de militants. Il faut l’abattre, et pour reprendre ce que disait hier Marielle de Sarnez dans le journal Libération, « le départ de J.M. Cavada prouve simplement que Nicolas Sarkozy et l’UMP sont déterminés à tout faire pour empêcher la création d’un grand parti démocrate, libre et indépendant ». Elle aurait pu ajouter que le Parti Socialiste ne voit pas non plus d’un très bon œil la montée en puissance du MoDem.

Et oui, notre mouvement fait peur et plus on ira, plus il prendra de place dans le pays. Les prochaines élections le prouveront, soyons en sûrs. D’ailleurs les Français commencent à réaliser qu’ils se sont trompés, qu’on les a trompés. Devant le vide sidéral en termes d’idées du Parti Socialiste, il n’y a comme alternative que François Bayrou et le Mouvement Démocrate face à Nicolas Sarkozy et l’UMP.  Les Français ont déjà compris que le président de la République et son parti renient les valeurs de la République, et leur font subir la dictature des images et des postures sur la raison. Ils commencent à comprendre qu’il faut nous unir, et non pas nous laisser diviser comme le pouvoir ne cesse de le faire, en prenant  à témoin la population pour discréditer ceux qui osent s’opposer.

Le responsable de tous nos malheurs n’est pas le chômeur, ni l’immigré, ni le fonctionnaire. Non le responsable,  c’est la finance internationale, c’est l’argent facile, c’est l’argent roi, celui que l’on prête aux pauvres sans se soucier des conséquences, parce qu’ils sont très nombreux, et parce qu’ils sont prêts à tout pour essayer de survivre. Tout le monde le sait, Nicolas Sarkozy le premier, comme l’a rappelé récemment François Bayrou quand il dénonçait le ralliement de notre président de la République « à un rêve américain inégalitaire », qualifiant le sarkozysme de « projet inégalitaire assumé ».

Il  reste donc aux militants du Mouvement Démocrate que nous sommes, à nous battre pour faire comprendre à nos compatriotes qu’il faut nous rassembler dans un commun intérêt général, seule manière de faire bouger les choses, hors des idéologies, des réseaux, des communautés. Ce projet là, comme le répète sans cesse François Bayrou, dépasse les frontières classiques de la droite et de la gauche. Le Mouvement Démocrate est là pour proposer un monde meilleur, un monde où tout n’est pas sacrifié au profit. Ce monde, je suis convaincu que nous l’établirons en France, et par contagion il se fera aussi en Europe. Sans idéal, la vie politique se ramène à une lutte pour le pouvoir sans s’interroger sur l’usage qu’on en fera. C’est cela que nous ne voulons pas.

Michel Escatafal

Commentaires

"Un grand Ministère, des grands hommes", est-ce vraiment le cas aujourd'hui ?

"Le responsable de tous nos malheurs n’est pas le chômeur, ni l’immigré, ni le fonctionnaire. Non le responsable, c’est la finance internationale"

Sous l'Ancien Régime, l'État, en somme le politique, était sous le joug de l'Église.
Ainsi, au cours de plusieurs siècle, notamment sous l'Ancien Régime, a-t-on assister au démembrement du politique et du religieux.
Cette "révolution moderne" a permis l'avènement d'une République dans laquelle le politique fait figure d'acteur principal.

Depuis quelques années maintenant, devant l'affirmation croissante de l'économie de marché, le rôle du politique s'est vu nettement rattrapé par celui des financiers quant à l'organisation de la cité et la place de l'homme.
Assiste-t-on alors à une mainmise du financier sur le politique, en somme à leur imbrication ?
L'exemple actuel le plus marquant est sans doute celui du contrôle de la presse par les grands groupes industriels, ou encore la place des principaux actionnaires dans la sphère de l'État.
Simple coïncidence ou non, cela rappelle une certaine corrélation entre noblesse de robe (parlementaires et financiers) et la monarchie absolue, illustrée par le cas des Colbert.

Par conséquent, la "révolution post-moderne" peut-elle sonner le glas ? Messieurs les politiques, il est temps de dépasser l'éternel antagonisme gauche-droite afin d'affermir une "République honnête" et un "État impartial".

Ecrit par : Nicolas | 30.11.2007

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