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31.10.2007
Un triste temps de Toussaint
Parmi les nouvelles qui interpellent en cette période de Toussaint, il y en a quelques unes qui, à des titres divers, posent question. Tout d’abord il y a cette vilaine affaire des enfants tchadiens « orphelins » dans laquelle, apparemment, les zones d’ombre sont nombreuses. Décidément ce continent, exploité durant des siècles et qui continue de l’être, est la victime de toutes les embrouilles, y compris les plus sordides. Espérons quand même que nous découvrirons la vérité sur cette ténébreuse entreprise.
Dans un tout autre domaine, les médias relatent à l’envie le voyage du président de la République en Corse avec, pour point d’orgue, la tenue d’un Conseil des Ministres décentralisé à Ajaccio. Pourquoi pas ? L’ennui, c’est que cela va encore coûter très cher avec tout le cérémonial qui entoure ce type de manifestation qui, de l’avis général, n’apportera rien de plus à la Corse, sauf à disserter sur les innovations présidentielles. D’ailleurs, malgré tous les voyages effectués en tant que ministre de l’Intérieur, malgré un nombre considérable d’annonces, la situation dans l’Ile de Beauté ne s’est pas vraiment améliorée depuis que Nicolas Sarkozy s’en occupe.
En parlant du coût de ce Conseil des Ministres décentralisé, nous ne pouvons pas éviter d’évoquer l’augmentation de salaire du Président de la République. Celui-ci, en effet, avait promis pendant la campagne présidentielle de restreindre le train de vie de l’Elysée, en réponse à François Bayrou qui avait affirmé, qu’une fois élu et pour montrer l’exemple, il s’engageait à réduire de 20% le budget de l’Elysée.
Il est évident que si le leader du MoDem avait été élu cette promesse aurait été tenue, personne n’en doute. Il est vrai que les militants qui animaient sa campagne avaient pour slogan : « François Bayrou, l’homme qui ne promet que ce qu’il peut tenir ! ». Dommage que les Français aient préféré élire quelqu’un qui disait que dans notre pays tout était possible, y compris à partir de promesses inconsidérées, irréalisables et parfois totalement contradictoires.
Pour revenir au salaire présidentiel, ce qui apparaît le plus choquant dans l’attitude du chef de l’Etat, ce n’est pas tant la somme qui va lui être octroyée (au fond peu importe ce qu’il va gagner chaque mois), mais plutôt le moment choisi. En effet, cette augmentation (+100%) intervient à la suite d’une campagne de dénigrement sans précédent, vis-à-vis « des privilégiés » qui bénéficient d’une retraite à régime spécial. Monsieur Fillon avait même parlé « de l’injustice la plus criante ». Les Français peuvent constater que les injustices criantes ne manquent dans la France dirigée par Messieurs Sarkozy et Fillon, et nous ne parlons pas que du bouclier fiscal à 50%.
Une chose est certaine : si Nicolas Sarkozy va bénéficier d’une forte, très forte progression de son pouvoir d’achat, la quasi-totalité des Français va voir le sien diminuer, et plus particulièrement les plus démunis. « Travailler plus pour gagner plus » était certes un bon slogan de campagne, mais ce n’est en rien une garantie de voir cela se réaliser. D’abord pour travailler plus, il faut qu’il en y ait la possibilité, et ensuite nombreux sont ceux qui pensent que le dispositif gouvernemental, pour coûteux qu’il puisse être, s’apparente quand même beaucoup à « une usine à gaz ».
Par ailleurs, et là Nicolas Sarkozy n’y est pour rien, il y a la flambée des matières premières qui se répercute sur les consommations de base. A cela s’ajoute la forte hausse du cours du pétrole (94 dollars le baril) qui ne manquera pas d’être répercutée sur les prix du fuel, ce qui va pénaliser lourdement les familles utilisant ce moyen de chauffage. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour que le pouvoir d’achat des Français, comme celui des européens d’ailleurs, baisse dans des proportions inquiétantes ce qui, fatalement, aura des répercussions sur la croissance. Malheureusement, « même en allant la chercher avec les dents » comme l’a si joliment dit le président de la République, l’objectif de 2,25 % d’augmentation du PIB en 2008 sera loin d’être atteint.
Du coup, nos finances publiques déjà obérées par le paquet fiscal seront lourdement pénalisées, et il faudra nécessairement prendre des mesures pour limiter les déficits et contenir la progression de la dette. Et là, nous savons qui sera sollicité en premier : la plupart des Français qui travaillent (ou pas) à travers quelques mesures comme la hausse de la TVA, et ou une augmentation des impôts pour ceux qui ne bénéficient pas du bouclier fiscal. C’est effectivement la seule perspective crédible que nous offrent Nicolas Sarkozy et l’UMP. Ce n’est pas cela que les Français espéraient, même s’ils auraient pu imaginer que les mêmes hommes feraient la même politique.
M.E.
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