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31/07/2015

Les meilleures choses ont une fin...du moins pour l'instant

Bonjour à tous mes lecteurs,

Après avoir écrit 715 notes depuis 2007, j'ai le regret de vous informer que je suspends (provisoirement?) mon blog, parce que la chose politique ne me motive plus. Je préfère continuer à livrer mes réflexions sur des domaines qui me passionnent toujours autant, l'histoire, la littérature et le sport.

D'avance je vous remercie pour votre fidélité.

A, peut-être, bientôt...si la politique me donne envie de reprendre le cours de ce blog.

Michel Escatafal

14:53 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0)

15/04/2015

Le gouvernement a face à lui toutes sortes de républicains

Je ne sais pas si c’est un bon signe pour lui, mais six français sur dix souhaitent que Manuel Valls reste à son poste et, surtout, garde le même cap économique. De quoi donner des boutons aux « frondeurs » et à la supposée patronne des Verts, Cécile Duflot, elle-même de plus en plus en difficulté dans son parti, d’autant qu’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), vient de subir une terrible déconvenue aux dernières élections municipales avec à peine 2% des voix. En outre ce mini parti est très divisé avec certains de ses leaders qui veulent aller au gouvernement (Barbara Pompili, V. Placé, F. de Rugy, Emmanuelle Cosse…) et d’autres à l’instar de Cécile Duflot qui préfèrent un rapprochement avec les autres éclopés des départementales que sont les communistes et les mélenchonistes.

 

Mais cela n’empêche pas les « frondeurs », de plus en plus isolés, de continuer à critiquer à fond le gouvernement, au point qu’on se demande si finalement ils ne préfèreraient pas voir N. Sarkozy à l’Elysée plutôt que F. Hollande ou Manuel Valls. Problème, si c’est le cas en 2017, plus personne ne parlera d’eux parce qu’ils ne seront plus députés pour la quasi-totalité d’entre eux. Quitte à me répéter, si la configuration électorale actuelle devait prévaloir en mai et juin 2017, il n’y aurait pas plus de 60 députés à l’Assemblée Nationale chez les socialistes, donc pratiquement aucun « frondeur », communiste et écologiste version Duflot. Quel beau résultat cette politique de la terre brûlée !

 

En tout cas cette guerre livrée par les « frondeurs » irréductibles contre F. Hollande ne peut que profiter à l’UMP et, in fine, à N. Sarkozy. Je dis in fine à N. Sarkozy, parce que, comme je le craignais, l’UMP ce n’est plus que lui, même si je préfèrerais que ce soit  Alain Juppé ou B. Lemaire. Cela étant, s’il n’a pas été un bon président de la République, N. Sarkozy a su toujours se mettre en avant dans son parti pour écarter tous ses rivaux potentiels…avec le soutien plus ou moins avoué de la presse radio-télévisée, pour qui il est ce que l’on appelle un « bon client ». La preuve, on lui passe tout, alors qu’on en fait des tonnes à la moindre erreur ou fausse-note de ses adversaires à l’UMP ou ailleurs, sans parler évidemment de F. Hollande.

 

Un exemple : en lisant le site web du Monde, on s’aperçoit que non seulement N. Sarkozy dirige seul l’UMP, mais qu’en outre on le laisse dire n’importe quoi, par exemple sur la Russie et la crise ukrainienne, où il est en complet désaccord avec la quasi-totalité de la classe politique française, à l’exception toutefois du Front National…comme sur les plats uniques dans les cantines scolaires. A croire que la frontière entre l’UMP version N. Sarkozy et le FN est vraiment très ténue, malgré les rodomontades de N. Sarkozy à propos des accords à passer avec la Front National. D’ailleurs pourquoi passer des accords puisqu’on touche le même électorat, surtout avec les difficultés actuelles de la famille Le Pen, qui pourraient affaiblir le Front National, où Marion Maréchal-Le Pen se verrait bien succéder à son grand-père, qui l’a déjà adoubée comme tête de liste aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

 

Certes tout cela fait peur aux Français de bon sens, mais cela paye sur le plan électoral, tout en fanatisant un peu plus un électorat de plus en plus droitier dans notre pays. Comment des centristes (UDI et hélas MoDem) peuvent-ils faire allégeance à N. Sarkozy et ses amis les plus proches ? J’avoue qu’étant moi-même centriste, je ne comprends pas cette attitude, à part espérer une place éligible pour des élections locales ou nationales, et, pourquoi pas, un poste de ministre ou secrétaire d’Etat, même si c’est pour être aussi inconnus que nombre de ministres de ce gouvernement ou des précédents. Qui connaît Sylvia Pinel, Patrick Kanner, Thierry Mandon, Annick Girardin, Thierry Braillard, Alain Vidalies ou Laurence Rossignol ? Personne ou à peu près ! Qui connaissait Maurice Leroy, Patrick Ollier, Henri de Raincourt, Philippe Richert, Marie-Anne Montchamp dans le quatrième gouvernement Fillon ? Personne ou à peu près ! Ce doit être dur quand même d’être à ce point inconnu, surtout quand on sait que tout le monde ou presque connaît Ibrahimovic, Thiago Silva ou David Luiz ! Même le président du Sénat est infiniment moins connu que le président du PSG (Nasser Al-Khelaïfi), celui de l’Olympique Lyonnais (J.M. Aulas) ou de l’Olympique de Marseille (V. Labrune).

 

Pour revenir à la politique, il y a quand même une réforme qu’aurait pu et dû essayer de faire F. Hollande…s’il n’avait pas pensé qu’à sa réélection, à savoir au minimum l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives ou départementales, non pas pour faire plaisir aux petits partis, mais par simple sens de la justice. En 2007 le MoDem, qui avait eu un candidat qui avait fait plus de 18.5% des voix à l’élection présidentielle, se retrouva finalement avec quatre députés contre quinze au Parti communiste, alors que le candidat du PC avait obtenu moins de 2% des voix. C’est tout simplement inique comme système électoral. Et aujourd’hui, avec le tripartisme, le système apparaît encore plus injuste, comme en témoignent les dernières élections départementales, où le Front National n’a obtenu aucun département malgré un score électoral (plus de 24% des voix) qui le plaçait en seconde position derrière l’alliance UMP-UDI et parfois MoDem, et largement devant le Parti socialiste et ses alliés PRG qui n’avaient même pas dépassé les 22%.

 

Ce n’est pas normal, comme je l’ai écrit dans mon précédent billet, de voir pareille injustice. Si l’on veut empêcher le Front National d’avoir des élus, il n’y a qu’à tout simplement éviter les querelles politiciennes et gouverner en fonction de l’intérêt du pays, quitte à permettre de faire passer des lois à mettre au crédit des adversaires politiques. Le Parti socialiste ne l’a pas fait avec la loi sur les retraites initiée à l’époque de N. Sarkozy, pourtant loin d’être au niveau que l’on pouvait en attendre. Mais l’UMP n’a pas eu une attitude plus responsable avec la loi Macron, alors que les dispositifs de ladite loi auraient dû la conduire à voter pour. C’est ainsi que l’on fait monter le Front National, et non en le privant de représentation parlementaire ou locale. En plus, si cela continue, il finira par en avoir sans l’aide de quiconque, et sa place se fera très vite importante dans les assemblées...quel que soit le système électoral.

 

Parlons à présent un peu de la proportionnelle. D’après le grand juriste autrichien H. Kelsen (1881-1973) « l’idée proportionnaliste s’insère dans l’idéologie de la démocratie, et son action dans sa réalité le parlementarisme ». Chez nous de grands orateurs républicains comme Léon Gambetta, Aristide Briand ou Jean Jaurès y étaient favorables aussi. Après tout, est-il anormal de souhaiter un système où la représentation politique des minorités est respectée ? Certainement pas, même si ce mode de scrutin doit être corrigé pour pouvoir gouverner dans la durée. Cependant  il y a quand même une différence entre le système allemand avec une dose de proportionnelle et le scrutin majoritaire à deux tours en vigueur dans notre pays depuis 1958, ce qui est quasiment unique parmi les démocraties parlementaires. Un mode de scrutin, qui, plus que jamais, montre ses limites en amplifiant démesurément les résultats des élections, et en favorisant les partis « malins » qui ont conclu des alliances uniquement pour le second tour, quitte à sortir aussitôt après de la majorité au nom de laquelle ils ont été élus.

 

C’est exactement le cas de figure de l’actuelle Assemblée nationale, avec au second tour un Parti socialiste totalisant 41% des voix et se retrouvant avec 280 sièges, des Verts obtenant 3.6% des voix avec 17 députés, le Front de Gauche (Parti de Gauche et communistes) et autres divers gauche ayant obtenu 4.2% des voix pour 32 députés et les radicaux de gauche avec 2.3% des voix obtenant 12 députés. En face l’UMP et ses associés centristes obtenaient 44% des voix pour avoir 229 députés. Quant au Front National, malgré ses 13.6% des suffrages obtenus au premier tour, il se retrouva éliminé dans de nombreuses circonscriptions pour le second tour des élections législatives et dut se contenter de 2 députés. Il ne peut pas y avoir pire injustice qu’un tel système, et je suis d’autant plus à l’aise pour l’écrire que jamais je n’ai voté, ni ne voterai pour un candidat de ce parti. Le plus cocasse, si j’ose employer cette expression, c’est, qu’à peine élus, les députés communistes et mélenchonistes quittaient la majorité présidentielle ! Sans commentaire !

 

Alors me direz-vous, que faut-il faire pour corriger cette injustice démocratique? Faire comme les pays anglo-saxons et avoir un scrutin majoritaire à un tour, où est élu le candidat ayant obtenu le plus de voix, donc à la majorité simple ou relative ? Sans doute pas, car cela favorise outrageusement le « vote utile », au profit des candidats des grands partis, ce qui conduit à un affrontement bipolaire comme celui que nous connaissons pour les élections législatives depuis 1958, à l’exception de 1986 où la proportionnelle avait fait un bref retour. Cela étant, si le scrutin majoritaire à un tour existait en France, il y aurait davantage d’élus du Front National, surtout avec tous ces frondeurs qu’ils soient socialistes, écologistes, mélenchonistes ou autres communistes. Ceux-là disparaitraient vite de l’hémicycle…même si par instinct de conservation nul doute qu’ils sauraient « aller à Canossa ». Il n’empêche, le Front National aurait beaucoup d’élus à l’Assemblée avec ce système (30, 40, 50, 60 ?), bien que l’élection présidentielle booste toujours le parti du candidat élu.

 

Conclusion de tout cela, il semble que le moins mauvais des systèmes (« il n’y a pas de bonne loi électorale » comme disait F. Mitterrand) est sans doute la proportionnelle avec un seuil de représentativité qui pourrait être de 5%, ce qui empêcherait les micros partis d’avoir des élus, plus une prime au parti ayant rassemblé le plus grand nombre de voix. Cela permettrait d’avoir une représentativité plus juste des forces politiques, tout en favorisant les grands partis, avec pour corollaire la constitution d’une majorité stable, plus stable à coup sûr que la proportionnelle intégrale qui présente l’inconvénient des marchandages occasionnels…qui existent aussi d’une certaine manière au scrutin majoritaire, comme je l’ai indiqué précédemment. Est-ce que cela se fera un jour ? Je ne sais pas. En fait tout va dépendre de l’évolution de l’électorat qui se porte  sur le Front National. Si ce dernier continue de progresser dans les urnes, la donne sera différente avec trois blocs d’égale importance ou à peu près. Comment faire une majorité dans ces cas-là ? Cela étant je ne crois pas que le Front National s’inscrira durablement dans la vie politique française dès que la croissance aura retrouvé des couleurs. Qui vote pour le Front National de nos jours ? Réponse : les déçus de l’UMP ou du Parti socialiste. Si le chômage baisse, on peut imaginer que le candidat « républicain » (quelle idée ce nouveau nom de l'UMP !) sera opposé au candidat socialiste, mais aux élections législatives le Front National sera laminé…sans que N. Sarkozy y soit pour quelque chose, même s’il s’en attribuera le mérite.

 

Michel Escatafal

31/03/2015

Un tripartisme inédit sous la Cinquième République

Cette fois, la gauche ne peut pas dire qu’elle a limité les dégâts aux élections départementales, comme certains au Parti socialiste avaient commencé à vouloir le faire croire. En fait, la gauche a payé au prix fort ses divisions, comme d’ailleurs le Parti socialiste lui-même. C’est quand même un peu fort d’entendre quelqu'un comme Aurélie Filipetti, ministre pendant deux ans de F. Hollande, affirmer devant tout le monde hier (sur Canal+) que la politique appliquée par le gouvernement ne marche pas. Pire même, elle a osé dire que pendant quelque temps elle avait joué le jeu de la cohésion gouvernementale en laissant entendre qu’elle ne croyait pas à ce qu’elle disait. Donc, pour elle, il n’y a eu aucun résultat tangible obtenu par les gouvernements auxquels elle a appartenu, comme ne cesse de le clamer Cécile Duflot. Cela dit, l’important n’est pas de discuter des résultats, d’autant que si l’on veut bien chercher il y a des améliorations dans certains domaines, même si globalement les gens ne peuvent qu’être déçus.

 

En fait, les résultats positifs obtenus l’ont été dans un domaine qui n’intéresse pas les Français, à savoir le déficit budgétaire ramené fin 2014 à 4%, ce qui est évidemment beaucoup trop, mais qui marque une baisse significative par rapport à fin 2011. Pour mémoire, au cas où certains l’oublieraient, le déficit fin 2011 représentait 5.1% du PIB, puis 4.9% fin 2012 et l’année passée 4.2%. Cela fait une différence de 1,1% entre fin 2011 et fin 2014...ce qui n’est pas rien, même si ce résultat est aussi dû aux taux auxquels nous empruntons aujourd’hui qui sont plus bas qu’en 2011, la charge de la dette ayant diminué en 2014 de 3 milliards d’euros par rapport à 2011 et 2012. Malgré tout le déficit public est passé entre 2012 et 2014 de 99 milliards d’euros à 85. Pour un peu j’oserais dire que les augmentations d’impôts n’ont pas servi qu’à augmenter la richesse de ceux qui ont le plus, mais ont contribué à entrevoir d’ici deux ans de rentrer dans les clous de la Commission européenne (3%).

 

Fermons la parenthèse pour rappeler à Aurélie Filipetti, que son argument consistant à dire que les gens s’éloignent du Parti socialiste, et plus généralement de la gauche, en raison de la politique d’austérité menée par le gouvernement, ne tient pas. Il ne tient pas parce que les partis qui ont remporté les élections, l’UMP, l’UDI et un peu le MoDem, veulent mettre en place à partir de 2017 des mesures autrement plus sévères que celles qui sont appliquées de nos jours. Et pourtant les gens ont voté pour eux ! Non, ce qui contrarie les électeurs, c’est de voir que F. Hollande, qui ne pense qu’à sa réélection, ne va pas assez loin dans les réformes…qui n’ont jamais été faites par l’UMP et l’UDI quand ils étaient au gouvernement. La loi Macron n’est pas « la loi du siècle » pour parler comme F. Hollande, mais elle va toujours un peu plus loin que ce qui a été fait pendant le quinquennat de N. Sarkozy, comme certains membres de l’UMP l’on fait remarquer, ce qui a provoqué l’ire des « frondeurs » socialistes, rejoignant en cela les partisans du duo Duflot-Mélenchon.

 

On notera à ce propos que cette « gauche » presque jusqu’au-boutiste ne représente pas un nombre considérable d’électeurs, mais ces quelques 6 ou 7% de voix seront suffisants pour empêcher F. Hollande ou tout autre candidat socialiste à la présidentielle d’atteindre le second tour en 2017, laissant face à face le candidat UMP et Marine Le Pen. Au fait, c’est peut-être cela que tous ces farouches opposants à la politique Hollande-Valls veulent, en pensant à un avenir radieux dans l’opposition…s’ils sont élus. Oui, je précise bien s’ils sont élus, car Aurélie Filipetti, A. Montebourg, B. Hamon, Cécile Duflot et leurs amis risquent fort d’être battus, voire même écrasés, aux prochaines élections législatives en cas de victoire UMP à l’élection présidentielle. Dans cette hypothèse en effet, ce sera un raz-de-marée de la droite parlementaire à l’Assemblée Nationale, et un Waterloo monumental pour les partis de gauche. La France n’est pas la Grèce, et Cécile Duflot et J.L. Mélenchon ne tirent pas dans la même catégorie qu’A. Tsipras (Syrisa) ou P. Iglesias (Podemos)!

 

En revanche il n’y aura sans doute pas davantage de députés Front National dans la prochaine Assemblée Nationale quel que soit le candidat élu en 2017, et c’est ce qui me gêne le plus en tant que démocrate. Si j’écris cela, c’est parce que je considère qu’un parti qui à chaque élection dépasse 20% des votants devrait avoir plus d’élus qu’ils n’en ont. Je suis d’autant plus à l’aise pour exprimer cette pensée, que chacun de mes lecteurs connaît mon aversion pour les idées du Front National. Il est quand même ahurissant de voir que les Verts et assimilés, du haut de leurs 2% à chaque élection locale ou nationale, aient 18 députés alors que le Front National en a seulement 2. C’est un problème pour la démocratie, et Marine Le Pen et ses amis ne se priveront de le clamer de plus en plus fort, d’autant qu’ils progressent en voix à chaque élection, non seulement au détriment de la droite, mais aussi de la gauche.

 

Que J.L. Mélenchon, Cécile Duflot et autres frondeurs ne se fassent surtout aucune illusion, ceux qui souffrent le plus de la baisse des faveurs de l’Etat providence ne se rangent pas de leur côté, mais plutôt de celui de Marine Le Pen, d’autant que nombre d’entre eux, pour ne pas dire tous, pensent que le PS et l’UMP c’est du pareil au même…ce qui n’est pas faux sur le plan économique, et que ceux qui se réclament de la gauche plus ou moins radicale ont fait partie de divers gouvernements auparavant. Quelles vraies réformes ont été faites par les gouvernements UMP-UDI entre 2002 et 2012 ? Quasiment aucune, et je crains que le bilan soit presqu’aussi négatif de la part des gouvernements socialistes entre 2012 et 2017, malgré la volonté réformatrice de Manuel Valls et E. Macron, bridés par un F. Hollande dont l’unique pensée, je le répète encore une fois, est l’élection présidentielle de 2017…qu’il a de grandes chances de perdre, le scénario pour un nouveau 21 avril 2002 étant en place.

 

Revenons à présent sur ce tripartisme inédit dans l’histoire de la Cinquième République que nous vivons aujourd’hui. D’abord le tripartisme n’est pas quelque chose de très nouveau depuis 1958, car depuis cette date il y a eu effectivement trois partis de gouvernement et même quatre si l’on y ajoute les communistes, aujourd’hui quasiment disparus. Mais si j’ai employé le mot « inédit », c’est parce que le Front National n’est pas considéré encore de nos jours comme un parti de gouvernement, dans la mesure où il ne peut gouverner avec personne, même si l’UMP version Sarkozy utilise souvent le même langage que le Front National. Mais les éléments de langage ne suffisent pas à permettre de gouverner ensemble.

 

Certains me feront remarquer qu’entre la « droite forte » et le Front National il y a sans doute plus de convergences sur certains sujets de société qu’entre la « droite forte » et les centristes, mais jusqu’à présent les centristes ont fait taire la plupart de leurs différences…pour pouvoir participer au gouvernement. Cela étant, la « droite forte » de N. Sarkozy et ses amis les plus droitiers ne sont pas toute l’UMP, car à côté d’eux il y a nombre de républicains n’ayant rien à voir avec les idées et thèses du Front National. La preuve, l’unanimisme est loin d’être la règle en ce qui concerne les consignes électorales vis-à-vis du Front National. Il n’empêche, malgré ces convergences entre l’UMP version Sarkozy et le Front National, en cas de victoire UMP en 2017, le gouvernement sera composé en quasi-totalité de membres de l’UMP et de centristes…avec quelques MoDem si le vainqueur s’appelle Alain Juppé.

 

Le tripartisme est donc aujourd’hui la réalité de notre vie politique, et c’est pour cela qu’il ne saurait être comparé à l’époque où il y avait l’UDF créée par V. Giscard d’Estaing (1978), sans oublier le Parti communiste encore très puissant à cette époque. Mais ces quatre partis étaient capables de se fédérer pour gagner des élections nationales et plus encore locales, soit dès le premier tour soit systématiquement au second tour, ce qui aboutissait de facto à un affrontement droite-gauche, qui a perduré jusqu’au début du nouveau siècle. Certes il y eut l’épisode du 21 avril 2002, où l’émiettement des candidatures à gauche provoqua la perte de Lionel Jospin et la qualification pour le second tour de J.M. Le Pen (16.8% des voix), mais le second tour confirma que cette situation était incongrue, puisque J. Chirac fut élu président de la République avec plus de 82% des voix. Pire même, cette terrible défaite du Front National fut un avant-goût de l’élection présidentielle de 2007 où J.M. Le Pen, de nouveau candidat, n’obtint que 10.4% des voix, ce qui fit dire à de nombreux observateurs « éclairés » que N. Sarkozy avait mis un coup d’arrêt sans doute définitif aux ambitions du Front National.

 

Certains voyaient même se reproduire le scenario du boulangisme, mouvement initié par le général Boulanger au milieu des années 1880, ce dernier aux portes de l’Elysée fin janvier 1889 après avoir été élu triomphalement député de Paris, et qui trois mois plus tard s’enfuira en Belgique avec sa maîtresse. Bien sûr la situation n’a rien de comparable, le Front National ayant mis un certain temps pour s’implanter durablement dans la vie politique française (création du mouvement en 1972), mais chacun en juin 2007 pensait que le Front National et J.M. Le Pen avaient fait leur temps. C’était vrai pour Jean-Marie, mais sa fille Marine allait reprendre le flambeau et de quelle façon!

 

D’abord parce qu’on parle de plus en plus du mouvement « Bleu marine », et surtout parce que le Front National pèse de nos jours autour de 25% des suffrages à chaque élection, ce que l’UMP seule peine à réaliser, alors que le Parti socialiste se situe autour de 19-20%. Donc nous avons bien trois forces plus ou moins équivalentes dans le pays, sans toutefois que le score du Front National soit suffisant pour espérer avoir 20 ou 30 députés dans une Assemblée Nationale, ou pour diriger 15 ou 20 départements…du moins tant qu’il y aura le scrutin majoritaire à deux tours, c’est-à-dire jusqu’au moment où un président de la République décidera d’un changement de scrutin pour les élections législatives. Quelque chose me dit que ce n’est pas pour demain, même si dans ce domaine rien n’est figé.

 

Michel Escatafal

24/03/2015

On a gagné ! On a gagné ! On a gagné !...Oui, mais quoi?

 

Comment peut-on être motivé par la politique dans notre pays en voyant le spectacle des émissions de télévision dimanche soir après les élections départementales ? C’était rien moins qu’affligeant. Déjà à la vue des résultats, auxquels personne ne comprenait rien, et plus encore en entendant les commentaires des diverses chaînes. Tout cela parce que personne ne comptabilisait les voix de la même manière, ce qui a fait dire à certains que le Front National était le troisième parti de France, alors que d’autres affirmaient que c’était le second. Ce qui a fait dire aussi à plusieurs chaînes que N. Sarkozy était le grand vainqueur de cette élection, alors que l’UMP au pire moment de ses divisions, guère refermées depuis l’élection du « revenant », remportait de la même façon les élections, avec parfois même une marge plus importante. Ce qui a fait dire aussi à certains, par exemple France 2, que le Parti socialiste avait bien résisté, ce qui n’est pas faux en comparaison de la catastrophe annoncée, alors que d’autres sur des chaînes concurrentes n’hésitaient pas à inciter le président de la République à virer son Premier ministre. Et que dire des politiciens eux-mêmes qui chantaient tous leur victoire ou leur satisfaction, certains comme N. Sarkozy se voyant déjà de nouveau de retour au pouvoir, en imposant sa ligne de conduite à tout le monde, y compris à ses alliés centristes, malgré les réticences de certains.

Au fait les centristes, ils sont où ? Et bien, ils sont plus que jamais nulle part, puisque personne n’a eu l’idée de comptabiliser leurs voix, sauf je ne sais plus quel sondeur qui donnait un chiffre ridicule pour le MoDem. Jusqu’à présent on se moquait du MoDem, parce qu’à part les scores de F. Bayrou aux élections présidentielles auxquelles il avait participé, il avait très peu d’élus. Je ne sais pas s’il en aura davantage en étant avalé par l’UMP, mais son score est franchement ridicule avec moins de 0.3% (0.27%) des suffrages. Voilà ce que c’est que se mettre dans les sabots de l’UMP version Sarkozy ! Qui aurait pu douter du contraire ! Cela dit,  les écologistes n’ont pas fait beaucoup mieux, avec à peine plus de 2% des voix (2.03%), preuve que leur flirt poussé avec le Front de Gauche de J.L. Mélenchon et du PC (6.81%) n’a pas connu un grand succès. Quant au Front de Gauche lui-même, il va falloir une fois pour toutes que les gens qui votent pour ce petit conglomérat s’aperçoivent que ce vote n’a rien d’utile pour faire avancer les idées dites de gauche, la quasi-totalité de leurs électeurs potentiels préférant le Front National.

Le Front National, justement, parlons-en : ce parti est bien le premier parti de France, n’en déplaise aux thuriféraires de l’UMP version Sarkozy, car le Front National est le seul parti ayant vraiment dépassé les 25% (25.19%), alors que les 29.4% des voix données à l’UMP sont en réalité le résultat de l’alliance UMP, UDI, UC et une partie du MoDem ayant fait allégeance. On est loin du triomphe accordé à N. Sarkozy par la quasi-totalité des médias, l’UMP seule se trouvant derrière le Front National. C’est triste à dire, mais c’est ainsi : le rassemblement Bleu Marine est bien la première force politique autonome de notre pays, devant l’UMP et le Parti socialiste qui réalise finalement un score proche de 20%...alors que certains les plaçaient à moins de 15% des voix.

On comprend pourquoi, malgré le « Hollande bashing » des Verts, du Front de Gauche et les coups de pied de l’âne des « frondeurs », Manuel Valls avait l’air presque satisfait hier soir. Il ne pouvait pas jubiler certes, mais il venait d’échapper au retentissant naufrage annoncé. Il pouvait d’autant plus être soulagé, que ses contempteurs dits de gauche avait eux pris l’eau dans des proportions qu’ils n’imaginaient pas. La preuve qu’ils étaient à genoux, nous l’avons eu hier soir en entendant les écologistes, mais aussi le représentant des frondeurs et le Parti communiste demander comme un seul homme ou une seule femme de voter pour les candidats socialistes, appelés de nouveau « candidats de gauche ». A ce propos, preuve que l’UMP version Sarkozy ne doit pas brandir les drapeaux du triomphalisme, le total des voix de gauche est quasiment équivalent à celui de la droite dite républicaine, aux environs de 36%. Bien sûr certains écriront que le Front National plus l’UMP cela fait environ 60% des voix, sauf que dans le cadre d’un second tour d’élection présidentielle, nombre d’électeurs du Front National ne voteront pas pour un candidat UMP, surtout si celui-ci s’appelle N. Sarkozy, parce qu’ils ont toujours voté à gauche jusqu’à l’avènement du Front National, comme troisième grand parti de notre pays.

Tout cela pour dire qu’avec une participation largement supérieure aux 50.7% d’hier, les jeux sont loin d’être faits pour 2017, comme semblaient l’affirmer les commentateurs des chaînes d’info, certains d’entre eux semblant dire que nous étions dans une configuration d’élection de premier tour…ce qui n’avait absolument rien à voir. L’histoire est là pour nous rappeler que tous les pronostics faits deux ans avant une élection s’avéraient généralement faux. Qui aurait imaginé en 1984 et même en 1986 que F. Mitterrand aurait été réélu en 1988 ? Personne, et pourtant il le fut, qui plus est largement face à J. Chirac. Alors soyons raisonnables et ne tirons pas trop vite de plans sur la comète, d’autant que les socialistes et F. Hollande vont bénéficier vraisemblablement de la reprise économique dans l’année 2016. Et si le chômage commence à baisser à ce moment, plus quelques mesures dites de gauche, plus quelques faveurs livrées aux écologistes après la conférence sur le climat fin 2015, tout est possible, même si Cécile Duflot fait 1% des voix et J.L Mélenchon 4 ou 5%. D’ailleurs qui aurait imaginé en janvier 2012 que N. Sarkozy obtiendrait presque 48.5% des voix lors du second tour de l’élection présidentielle ? Quasiment personne, et pourtant, si la campagne électorale avait duré deux semaines de plus, il pouvait l’emporter. C’est cela la démocratie, avec ses imperfections, d'autant que les gens sont oublieux.

Un dernier mot enfin pour dimanche prochain. Qui nous dit que les consignes de vote seront aussi bien respectées qu’on veut nous le faire croire ? Pour ma part, j’ai du mal à imaginer qu’un centriste digne de ce nom préfère ne pas voter, et donc laisser passer un candidat Front National, plutôt que voter pour un candidat socialiste. C’est impensable car, comme le dit très justement F. Bayrou, on ne peut pas ignorer les valeurs. Alors je veux bien que ceux qui applaudissent chaleureusement N. Sarkozy pour sa conversion au plat unique dans les cantines n’aillent pas voter pour le candidat de gauche en cas de duel FN-PS, d’autant que ceux-là iront voter pour le Front National sans état d’âme, mais nombre d’autres électeurs modérés n’écouteront pas les consignes UMP version Sarkozy. La preuve, J.C. Lagarde (actuel patron de l’UDI)  appelle à « faire barrage » au Front National…ce qui est rassurant et plus centriste que la position d’Hervé Morin. Mais Morin est-il centriste ?

Michel Escatafal 

 

04/02/2015

2015 sera l’année du Waterloo de N. Sarkozy, sauf si...

Que d’évènements depuis le début de l’année, certains horribles en France et ailleurs (Afrique et Moyen-Orient), d’autres que l’on pourrait qualifier de préoccupants ou de joyeux (c’est selon), sans parler des joutes politiciennes affligeantes, notamment dans notre pays, après la pause liée aux attentats contre Charlie Hebdo et  l’hyper marché casher ! Et puis il y a aussi N. Sarkozy qui ne sait pas comment s’y prendre pour retrouver le devant de la scène, parfois de manière ridicule (voir défilé du 11 janvier à Paris), parfois en faisant semblant de regretter certaines décisions prises, oubliées depuis longtemps (regret de ne pas avoir choisi le bon ministère lors du débat sur l’identité nationale). Un N. Sarkozy qui devrait  comprendre qu’il est en train de ruiner les chances de son parti sur le long terme. Certes, dimanche dernier ce n’était qu’une élection législative locale (dans le Doubs) pour remplacer P. Moscovici parti à la Commission européenne, mais force est de constater que l’UMP vient de subir une terrible défaite à Montbéliard, la première depuis 2012. 

Quand j’emploie le mot « terrible » c’est pour montrer à quel point le coup est dur à encaisser pour l’UMP et son nouveau président. De quoi semer le doute pour ses fans de l’UMP qui l’ont élu en novembre dernier à la présidence du parti…sans se rendre compte que les Français ne veulent plus de lui dans leur grande majorité. Du coup, cette défaite cinglante est même en train de remettre encore un peu plus en selle un F. Hollande qui n’en demandait pas tant. Ce n’est pas pour rien  si ce dernier n’a jamais essayé de contrarier un tant soit peu le retour de son meilleur ennemi, lequel une fois de plus a sous-estimé son rival de 2012, moqué par un peu tout le monde à l’UMP, à commencer par le propre entourage de N. Sarkozy, mais infiniment plus habile politiquement que lui. F. Hollande ne l’oublions pas, n’est pas qu’un énarque surdiplômé, c’est aussi un animal politique redoutable sous des airs parfois un peu ballots.

Cela dit les militants ou sympathisants de l’UMP peuvent encore rectifier le tir lors des primaires de 2016, car s’ils ne le font pas ils risquent fort de se retrouver Gros-Jean comme devant avec leur candidat éliminé du premier tour de la présidentielle 2017. Cela ne surprendra que ceux qui sont aveuglés par l’omniprésence de leur champion dans les médias et par ses effets de manche. Mais les autres, tous les autres…Même dans son parti les meilleurs soutiens de N. Sarkozy commencent à se défier de lui, au point de voir sa position sur le second tour de l’élection dans le Doubs dimanche prochain être mise en minorité. Quel coup terrible pour celui qui croyait recevoir l’onction de tout le monde pour mettre en rangs serrés l’UMP, une fois celle-ci reconquise ! On a comme l’impression que cette sorte de « retour de l’Ile d’Elbe » est en train de se transformer en Waterloo. A la différence de Napoléon, si j’ose la comparaison, N. Sarkozy n’est plus attendu par personne à part peut-être Brice Hortefeux, lequel n’a évidemment strictement rien à voir avec le maréchal Ney. Même P. Balkany semble s’éloigner de celui qu’il considérait il y a peu encore comme un grand chef. Résultat, après cette élection de novembre qui allait permettre à l’UMP de redevenir un parti conquérant, on constate qu’aujourd’hui c’est la chienlit dans le premier parti d’opposition au Parlement, je précise bien au Parlement car ce n’est plus le cas dans les urnes.

Et ce n’est pas le triste épisode d’hier au Bureau politique de l’UMP qui va redorer le blason de cette formation de plus en plus minée par les rivalités de personnes, plus encore sans doute qu’elle ne l’était du temps où J.F. Copé en était le président. C’est dire !  Et ce n’est pas fini, car les primaires de l’année prochaine vont encore accentuer les clivages entre des gens comme Alain Juppé, NKM, D. Bussereau ou B. Apparu, qui n’hésitent pas à manifester leur opposition claire et nette au Front National en indiquant qu’ils voteraient PS s’ils étaient électeurs dans le Doubs, comme d’ailleurs tous les centristes (UDI et MoDem), ou encore F. Fillon qui devient de plus en plus libéral sur le plan économique et de plus en plus droitier sur le plan politique, au point de prôner à présent le « Ni-Ni » de J.F. Copé, vote qu’il abhorrait en 2011…et qui l’a emporté hier face à la position de N. Sarkozy. Une position peu claire il est vrai, pour ne pas dire incompréhensible, qui ressemble beaucoup  à son manque de courage sur le mariage pour tous. En effet, la position du nouveau président de l’UMP est de laisser le choix aux électeurs de voter blanc ou PS, ce qui est la variante la plus pleutre du « ni-ni », une position qui a le don de s’attirer des ennemis de tous bords, notamment à droite. On comprend qu’avec un leader pareil à l’UMP, les socialistes recommencent à y croire, mais à qui la faute ? Après tout les militants qui l’ont élu en novembre ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes ! Et comme le disait ces derniers jours F. Bayrou, ce n’est pas lui qui a fait battre N. Sarkozy en 2012, mais N. Sarkozy lui-même.

En tout cas, tous ceux qui ne veulent plus jamais voir N. Sarkozy comme président de la République, notamment à droite, savent ce qu’il leur reste à faire : l’éliminer lors des primaires de 2017, en allant voter pour A. Juppé, seule vraie chance d’un retour de la droite au pouvoir en 2017, même s'il subit et subira les foudres de quelqu'un comme P. Balkany ou encore de L. Wauquiez.  Un dernier mot enfin, à l’intention de ceux qui comparent l’extrême-gauche et l’extrême-droite : si la gauche de la gauche pèse nettement moins de 10% dans notre pays, et n’ira jamais plus loin, le Front National représente sans doute plus de 25% des voix au plan national, ce qui n’est pas la même chose. J.L. Mélenchon et autres Cécile Duflot pèsent peu malgré leurs incantations, mais ce n’est pas le cas du Front National. Et les « ni-ni » versions Fillon ou Sarkozy ne sont  rien moins qu’un encouragement déguisé à voter FN, et donc à rassembler tout ce qui est très droitier dans le pays.

En évoquant les noms de Mélenchon et autres Cécile Duflot, on a presque envie de rire quand ils se sentent concernés par la victoire de Syriza et de son leader A. Tsipras, pour la bonne et simple raison que les nouveaux dirigeants grecs  sont à présent confrontés aux difficultés du pouvoir, dans un contexte autrement plus difficile que ceux que l’on a connus dans notre pays ces dernières années. Déjà, personne ne peut reprocher à A. Tsipras de vouloir donner à la Grèce un Etat digne de ce nom, capable de prélever l’impôt, tout en essayant d’améliorer le sort de millions de gens qui ont subi une profonde régression de leur niveau de vie. Après tout, est-ce tellement anormal de vouloir relever le salaire minimum de 580 à 751 euros…son niveau d’avant la crise, ou encore d’améliorer le sort des retraités ou de rétablir une pension de 300 euros pour les retraités non-assurés ? Sans doute pas, sauf que cela fait peur, non seulement au monde de la finance, mais un peu à tout le monde. La preuve, les Grecs retirent leur épargne des banques, pour ceux qui en ont, ce qui évidemment fragilise ces dernières.

Cela, J.L. Mélenchon ou Cécile Duflot, ne l’ont pas vu venir, car ces phénomènes ne se règlent pas à coup de déclarations aussi maladroites que ridicules. Fermons cette parenthèse, en attendant de voir les décisions que va prendre la BCE aujourd’hui sur les émissions de l'Etat grec, et celles qui sont à venir du côté de la Commission européenne, qui pourraient être moins directives et moins contraignantes pour les Grecs que celles de la fameuse troïka. Une troïka (Commission européenne, FMI et BCE), contestée d’ailleurs par le président de la Commission européenne, J.C. Junker, lequel souhaite que l’on trouve une solution acceptable pour tout le monde à commencer par les Grecs, sans que leurs dirigeants aient besoin de recourir aux menaces relatives à la dette de guerre de l’Allemagne à la Grèce (environ 50 milliards d’euros)…jamais remboursée. Gageons que l’on n’ira pas à ces extrémités et que tout le monde sera raisonnable, d’autant qu’A. Tsipras apparaît, je le répète une fois encore, plus responsable que ceux qui veulent surfer sur sa victoire, chez nous et ailleurs. De toute façon il ne peut guère faire autrement que composer avec les Européens, car en cas de rupture brutale avec ses créanciers, il aurait l’obligation de devoir se financer sur les marchés. Il faudra aussi qu’il apprenne à manier la diplomatie, car il apparaît inconcevable qu’il soutienne Moscou dans le conflit ukrainien.

Voilà quelques considérations sur la vie de notre pays et de l’Union européenne, en espérant que cette dernière finisse enfin par arriver à une union politique tellement nécessaire par les temps qui courent. S’il devait y avoir un élément d’espoir avec l’arrivée au pouvoir de la gauche dite radicale en Grèce, qui l’est beaucoup moins je le répète que le Front de Gauche ou certains écologistes dans notre pays, ce serait justement d’avoir commencé à convaincre les politiciens européens que l’Union en Europe est une nécessité, au moins pour les 19 pays de la zone euro. C’est sans aucun doute le seul moyen de contrecarrer la montée en puissance des populismes de droite et de gauche…tellement néfastes dans le contexte économique actuel. Ce n’est pas en sortant de l’euro que les Français vivront mieux! Ce n’est pas en fermant nos frontières que nos entreprises seront compétitives ! Ce n’est pas à coup de slogans que la France et  les autres pays de l’Euroland, retrouveront le chemin de la croissance et des excédents budgétaires ! Ce n’est pas, ce n’est pas…avec l’UMP version N. Sarkozy, avec le Front National,  avec le Front de Gauche, ou avec les écologistes version C. Duflot ou N. Mamère que l’on vivrait mieux en France ! En revanche je serais beaucoup plus optimiste si nous avions un gouvernement allant de l’UMP raisonnable ou si l’on préfère du centre droit au centre gauche en passant par le  centre tout court. Après tout les Allemands ont bien un gouvernement de coalition !

Michel Escatafal