10.12.2009

Un débat nauséabond pour cacher la faillite d'une politique

besson.jpgDécidément je n’arrive pas à me faire à l’idée que l’on puisse débattre un peu partout en France sur l’identité nationale…comme on essaie de nous le faire croire. Certes je ne nie pas qu’il y ait nombre de réunions qui soient organisées sur le sujet, avec à chaque fois un minimum de personnes censées réfléchir sur ce que signifie de nos jours être français. Et là est tout le problème, car outre le fait que ce débat sent à mille lieues les arrières pensées électoralistes, être français signifie tout simplement être fidèle le plus possible à ces trois mots qui sont le fondement de notre république, à savoir liberté, égalité et fraternité. A partir de là point n’est besoin de discourir sur le sujet, d’autant que les débats tournent vite aux idées nauséabondes…contraires à notre tradition républicaine, avec par exemple un maire UMP s’en prenant ces derniers jours  publiquement « aux 10 millions d’immigrés payés à rien foutre ».

Alors au lieu de discourir dans le vide, ou d’essayer de faire plaisir à un électorat très droitier qui veut retourner d’où il vient, je crois que Nicolas Sarkozy devrait surtout veiller à ce que tous les Français puissent jouir pleinement de leurs libertés fondamentales, par exemple faire en sorte que la presse soit le plus possible pluraliste. Je n’ai pas besoin d’en rajouter sur un dossier dont j’ai souvent parlé ici-même, tellement le traitement infligé aux divers candidats dans les élections peut s’avérer inégal, y compris et surtout au moment de l’élection présidentielle. Mais il n’y a pas égalité non plus dans de nombreux domaines de notre société…de plus en plus injuste. Est-il normal que les plus riches des Français bénéficient d’un bouclier fiscal solide comme une armure de Philippe-Auguste ou une fortification de Vauban, alors que la quasi-totalité des citoyens croule sous les taxes de toutes sortes.

Et puisque je suis sur le triptyque qui compose la devise de la République, j’ajouterai que la fraternité est, par définition, le lien de solidarité qui unit les membres d’une société. Or jamais ce lien n’a paru plus distendu qu’aujourd’hui, et pas seulement à cause de « la résurgence de certains communautarismes », pour parler comme Nicolas Sarkozy. Quand le chef de l’Etat met à l’index certaines catégories de Français parce qu’ils manifestent leur mauvaise humeur par un mouvement social, ou quand le Premier ministre affirmait, le plus sérieusement du monde, que les régimes spéciaux étaient « l’inégalité la plus criante dans notre pays », je dis que tout simplement on essaie de monter les Français les uns contre les autres ce qui va, évidemment, à l’encontre de la nécessaire fraternité devant unir un peuple.

Heureusement, les Français ne semblent pas dupes de toutes ces basses manœuvres purement politiciennes. Ils le sont d’autant moins que ce gouvernement ne cesse de dire et de faire tout et son contraire, comme en témoigne l’affirmation qu’il faut respecter la Marseillaise, et même la chanter, qu’il faut assister aux cérémonies patriotiques comme le 8 mai ou le 11 novembre…pour sentir le poids de l’histoire, alors que l’on veut supprimer cette discipline pour 50% des élèves de terminales scientifiques. Encore une fois les mots sont plutôt des maux quand on les compare à la réalité de l’action qui est menée. Cela étant cela permet de parler d’autre chose que du chômage qui va atteindre des taux records, des déficits sans précédent du commerce extérieur, du budget de l’Etat (cinq fois supérieur à celui de 2006) et de la dette qui explosent, bref de la faillite complète de la politique qui est menée depuis mai 2007.

Heureusement ce débat auquel les Français n’adhèrent pas, ce qui est déjà rassurant en soi, risque de faire une victime toute désignée…surtout si l’UMP subit une lourde défaite aux prochaines élections régionales, à savoir Eric Besson. Celui-ci en effet, après avoir assumé pleinement sa rupture de ban avec les socialistes, à propos desquels il n’a pas de mots assez durs, au point de devenir un haut cadre du parti présidentiel, avait jusque là réalisé un parcours sans faute aux yeux de Nicolas Sarkozy. Il est vrai qu’il y a mis du sien en avalant toutes les couleuvres, pour ne pas dire les anacondas, dans un ministère dont on ne retient que le renvoi  des clandestins ou la lutte contre les mariages gris. En outre il est une cible privilégiée de l’opposition, comme en témoignent ces propos de François Hollande qui n’hésite pas à affirmer « qu’on utilise Besson parce qu’il a l’ardeur du néophyte, le zèle du traître, une forme d’intelligence, et que ça ennuie le PS».

Avec un tel portrait, le moins que l’on puisse dire est qu’il n’avait pas droit à l’erreur, et il va sans doute  apprendre à ses dépens que la détermination personnelle ne suffit pas aux yeux de Nicolas Sarkozy, y compris quand on se voit confier un ministère délicat, à coup sûr le plus difficile du gouvernement. A la limite il vaut mieux n’avoir aucun pouvoir, comme par exemple le Premier ministre ! Cela étant, n’est-ce pas Eric Besson qui a affirmé que le « le débat sur l’identité nationale est un talisman pour quiconque a des ambitions présidentielles » ? Alors j’ai envie de dire qu’il a joué et perdu…et que cela me réjouit beaucoup.

Michel Escatafal

06.12.2009

L'histoire et la géographie sont essentielles à la compréhension des enjeux contemporains

Aujourd’hui je ne vais pas me fatiguer beaucoup pour écrire un billet. Je vais simplement me contenter de reprendre ce qu’a dit Jacques Sapir, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, dans une tribune publiée sur Marianne 2 destinée à alerter l’opinion, sur un sujet dont la plupart des médias ont souvent fait l’impasse jusqu’à ces derniers jours, dont voici le résumé : « Obsession de longue date de l’UMP, la disparition des humanités dans les classes est à l’ordre du jour. Le ministre de l’éducation nationale devrait annoncer dans les jours qui viennent la suppression de l’histoire et de la géographie comme matières obligatoires dans les classes scientifiques…Alors que, aujourd’hui, plus de 50% des élèves ont choisi la Terminale Scientifique, ceci revient à enlever l’enseignement d’Histoire et Géographie à cette même proportion ».

Ensuite je vais faire part de la réaction d’une enseignante qui a réagi sur un des forums du journal Libération, dans lequel elle disait : « Si nous sommes nombreux à défendre cet enseignement ce n'est pas par égoïsme disciplinaire : personnellement je suis enseignante titulaire et je ne risque pas de perdre mon "emploi". Je juge simplement cet enseignement essentiel à la compréhension par tous nos élèves (futurs citoyens puisqu'ils ont 17-18 ans en terminale) des enjeux contemporains. Pense-t-on réellement qu’un élève de terminale S se trouvera à l'avenir plus performant de par son manque de culture historique ou géographique ? A un moment où le monde contemporain devient de moins en moins lisible, doit-on retirer à nos élèves la possibilité de réfléchir à des questions telles que la mondialisation (mécanismes, perspectives), les rapports qui régissent les Etats (historique du conflit au Proche-Orient, relations internationales de 1945 à nos jours, place de la France dans le monde), les fondements de la nation en France, la construction européenne, la Ve république…Souhaite-t-on laisser le champ libre à la mémoire, à l’immédiateté médiatique aux dépens de la réflexion historique ou géographique ? Veux-t-on une société de citoyens incultes élevés à la Star Academy » ?

Enfin je vais ajouter la réflexion d’un autre internaute qui dans ce même journal fait remarquer « qu’un peuple qui pense est un peuple qui vote mal, parce qu'il pense avant de voter ». Voilà, une fois encore, Nicolas Sarkozy est pris en flagrant délit de vouloir supprimer un pan important de la formation de nos lycéens. Et cela au moment où ils en ont sans doute le plus besoin pour comprendre ce qui se passe dans le monde contemporain, à partir d’une vision du passé qui permet d’expliquer pourquoi sont prises les décisions politiques d’aujourd’hui, qui vont engager notre pays pour les prochaines décennies. En fait nos gouvernants essaient, tout simplement, de faire en sorte qu’une bonne partie des jeunes gens qui se préparent à entrer sur le marché du travail aient une vision uniquement productiviste de la société. Le rêve absolu du Medef !

Il reste à souhaiter que nous serons nombreux à dire et écrire que cette dérive supplémentaire est tout simplement inacceptable. Il n’y a aucune raison qu’une bonne partie des jeunes gens de notre pays soient privés de l’enseignement de l’histoire et de la géographie, après avoir déjà quasiment perdu celui du latin et du grec ancien. A moins qu’on ne veuille pouvoir réécrire l’histoire tranquillement, comme on le fait dans les pays qui n’ont qu’une vision très parcellaire de la démocratie. Ensuite, quand on aura complètement supprimé l’étude de l’histoire dans les matières obligatoires, il ne restera plus qu’à s’attaquer à la littérature…parce que celle-ci peut être jugée subversive. D’ailleurs n'est-ce pas le candidat à la présidence de la République, Sarkozy Nicolas, qui estimait (à Lyon en février 2006) inutile pour un concours administratif de connaître la Princesse de Clèves, le célèbre roman de Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, comtesse de la Fayette ?

Un dernier mot enfin, et cela concerne à la fois l’histoire et la géographie. Comment peut-on comprendre les complexités du monde actuel si l’on ne sait pas où situer les pays que l’on n’a pas visités, à supposer qu’on puisse le faire pour ceux-là aussi ? Poser la question, c’est y répondre. Il est vrai que les informations qui sont distillées par les chaînes françaises, à part Arte, ne risquent pas de nous faire trop réfléchir sur l’état du monde…pour la simple raison que la plus grande partie des journaux télévisés est consacrée aux faits divers (crimes, viols, accidents etc.), au football, ou aux faits et gestes de Nicolas Sarkozy pour justifier son action. Il en va presque de même de la presse écrite. Dans ses conditions pourquoi les gens auraient-ils besoin d’avoir la plus élémentaire des cultures en histoire, géographie ou littérature ? Espérons simplement que, dans deux ans et demi, les Français éliront un président de la République suffisamment cultivé pour faire de l’enseignement une de ses principales priorités.

Michel Escatafal

04.12.2009

Une nouvelle qui ne fait pas la une des journaux

Rwanda.jpgEn feuilletant le journal Jeune Afrique j’ai découvert une nouvelle qui évidemment ne fait pas la une des médias français, à savoir que le Rwanda a été admis officiellement au sein du Commonwealth. Ceux-ci sont bien trop occupés à chanter les pompes et les œuvres de Nicolas Sarkozy, surtout à quelques jours du sommet de Copenhague sur le climat où il va en faire des tonnes (et pas seulement de CO2), pour essayer de récupérer des voix écologistes avant les élections régionales, après avoir vainement « dragué » les électeurs du Front National avec le débat sur l’identité nationale. Bref, beaucoup trop de choses importantes pour s’occuper de quelque chose qui concerne…le Commonwealth. Et pourtant cette information n’est pas glorieuse pour notre pays, dans la mesure où le Rwanda quitte de plus en plus le giron de la francophonie, alors que ce pays en faisait pleinement partie il y a encore une quinzaine d’années.

En fait si le Rwanda a pris cette décision de vouloir intégrer le Commonwealth (au départ association d’anciennes possessions de l’Empire britannique), c’est tout simplement parce que ses intérêts économiques et politiques, voire même culturels, lui commandaient d’y aller. C’était d’autant plus le cas aux yeux des dirigeants rwandais, que depuis plus de dix ans ses liens se sont fortement distendus avec la France. Cela dit il n’y a pas que le Rwanda dans ce cas, car manifestement notre pays ne fait pas grand-chose pour resserrer ses liens avec les pays francophones, et ce n’est pas avec Nicolas Sarkozy que la situation va changer. En effet, d’une part parler de la francophonie n’est pas de nature à emballer les foules, et d’autre part resserrer les liens avec les pays francophones, notamment en Afrique, ne pourrait se faire que par un immense effort de notre pays pour pratiquer une vraie politique de co-développement.

Ce qui est plus surprenant, du moins pour nous Français, est de voir plusieurs pays n’ayant jamais appartenu à l’espace anglophone poser leur candidature pour faire partie du Commonwealth (à l’instar du Mozambique), par exemple l’Algérie et Madagascar. Cela étant, pour un pays comme le Rwanda, le fait d’adhérer à cet espace anglophone lui permet d’avoir des relations plus directes avec des nations comme la Grande-Bretagne, l’Australie et le Canada, et plus encore de tisser des liens avec les pays voisins (Kenya, Tanzanie et Ouganda), au moment où notre pays semble se désengager de plus en plus d’un espace africain…pour lequel il était il y a peu encore l’interlocuteur privilégié, même s’il a encore des accords militaires avec plusieurs pays.

Bien entendu côté français on minimise cette adhésion au Commowealth du Rwanda, avec qui nous venons de renouer des relations diplomatiques, mais Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères doivent bien constater que, depuis 2008, l’anglais est adopté comme langue principale de l’administration (à part le kinyarwanda), décision au demeurant non conforme à la constitution du Rwanda, et de l’enseignement (de l’école primaire à l’université), au grand dam des professeurs…qui ne parlent pas la langue de Shakespeare, tout cela au détriment du français. Et ce ne sont pas les explications données par les dirigeants rwandais qui vont rassurer la diplomatie française, même s’ils disent que le Rwanda restera membre de l’Organisation internationale de la Francophonie, et que l’on continuera à enseigner le français. En attendant, comme le dit B. Kouchner, « le centre culturel français à Kigali est mangé par les rats ».

En outre, si l’on en croit les dirigeants rwandais, il paraît que ce sont les francophones eux-mêmes qui sont demandeurs pour parler aussi l’anglais, afin de « pouvoir mieux profiter des opportunités qu’offre l’intégration régionale ». Et puis il paraît qu’apprendre une autre langue que le Français ne devrait poser aucun problème, puisque la Francophonie « clame haut et fort la diversité culturelle et le multilinguisme ». Très bien, mais force est de reconnaître que l’influence du français ne cesse de diminuer un peu partout dans le monde, alors que l’anglais et même l’espagnol ne cessent d’étendre leur influence. Si l’on en est là, c’est bien qu’il doit y avoir un problème, et ce ne sont pas les moulinets de notre président de la République, un peu partout dans le monde, qui permettront d’enrayer cette évolution.

Michel Escatafal

 

01.12.2009

L’expérience des séniors : une chance pour la nation.

Parmi les multiples débats, je ne dirais pas chantiers, ouverts par le président de la République, il y a le travail des séniors. Certes ces derniers jours on parle davantage de l’épidémie de grippe A, avec les multiples problèmes rencontrés dans le cadre de la campagne de vaccination, ce qui laisse un sentiment de grand désordre comme pour tout ce qu’entreprend le gouvernement. On parle aussi beaucoup du sommet de Copenhague en mettant en avant le rôle du président de la République, comme si à lui seul il allait inverser le cours du réchauffement climatique. On n’oubliera pas non plus un nouveau rapport sur l’énième plan banlieue, initié par Nicolas Sarkozy, qui s’avère lui aussi d’ores et déjà comme un échec complet malgré les moyens mis en œuvre, que certains trouvent insuffisants et que d’autres jugent mal utilisés. Pour être franc, je pense qu’il y a un peu des deux. Bref, comme d’habitude, on évoque les sujets au fil du temps, l’un chassant l’autre en fonction de l’actualité. C’est ainsi que l’on gouverne notre pays depuis mai 2007 !

Revenons donc au travail des séniors et à la chance pour notre pays, comme pour ceux des pays voisins, d’avoir à sa disposition une population non pas sur le déclin, comme on le pensait autrefois, mais au contraire dans la plénitude de ses moyens intellectuels. Bien sûr, à 60 ou 65 ans, on n’est plus aussi performant sur le plan physique, j’en sais quelque chose, mais en revanche on dispose d’un atout considérable pour la société, l’expérience…et la soif de connaître. Malheureusement on continue de faire, malgré toutes les dénégations des femmes et hommes politiques, comme si on était dans la même situation qu’à l’époque de Louis XIV où l’on était un vieillard à 40 ou 45 ans…sauf pour les élus, avec un nombre considérable de parlementaires ayant largement dépassé les 70 ans. Pour eux il n’y pas de problème de génération !

Certains vont me faire remarquer que je suis quelque peu en contradiction avec moi-même, et que pour diriger un pays, une région ou une commune, il n’y a aucune raison que l’on soit plus performant à 50 ans qu’à 70 ? C’est vrai, mais à une condition, que l’on ne soit pas devenu un vieux dinosaure de la politique accroché à ses multiples mandats depuis 30 ou 40 ans, ce qui est hélas le cas le plus souvent. Pour ces vieux sénateurs ou députés la courbe de vie n’a pas la forme d’une bosse avec un pic vers 35-40 ans, comme pour les travailleurs manuels, mais plutôt un plateau qui reste très longtemps au même niveau avant de descendre doucement, jusqu’à ce que la nature fasse valoir ses droits.

Pour autant en politique, comme dans nombre de métiers, l’âge n’est pas un vrai problème dans la mesure où, et j’insiste là-dessus,  l’expérience peut être un facteur déterminant de réussite. L’histoire est là, si besoin en était, pour rappeler que le fait d’être quadragénaire n’est pas forcément un gage de succès, alors que certains hommes politiques (Clémenceau, Adenauer) ont fait la preuve de leurs immenses capacités à plus de 70 ou 80 ans. De plus la fougue ou une ardente démesure, qualités que l’on prête aux quadragénaires ou aux jeunes quinquagénaires, suivez mon regard, entraînent souvent ceux qui en sont dotés à accumuler les erreurs faute de cette sagesse qui habite les personnes plus expérimentées.

Tout cela pour dire qu’il ne faut pas nécessairement rentrer dans le jeu de la plupart des démographes qui ne raisonnent qu’à travers des moyennes, ce qui signifie qu’il faut savoir s’éloigner des clichés habituels liés à l’âge optimal de l’individu ou à son seuil de vieillissement, ceux-ci étant liés aussi à l’état de santé, à la faculté morale, ou tout simplement à ses capacités intellectuelles. Voilà pourquoi il serait tellement important d’avoir une véritable politique du marché du travail pour ceux que l’on appelle les séniors, et non pas se contenter d’incantations comme savent si bien le faire le président de la République et ses ministres. Que fait-on par exemple de la notion de pénibilité ?

Un déménageur ou un maçon qui a commencé  à travailler à 14 ans est obligatoirement plus usé physiquement qu’un homme politique qui a récupéré un siège de député à 30 ou 35 ans. Nous pourrions croire qu’il est dans une situation identique vis-à-vis d’un employé de bureau qui a passé huit heures par jour assis à son bureau depuis une trentaine d’années. Encore que, là aussi il y aurait beaucoup à dire, surtout avec le stress imposé sur le marché du travail depuis une vingtaine d’années. Que penser en effet des vendeurs dont une partie de leurs revenus dépend des commissions sur le chiffre d’affaires, mais aussi de la réussite d’objectifs le plus souvent impossibles à atteindre, et chaque année plus élevés ?

C’est la raison pour laquelle, au lieu de se perdre dans des calculs politiciens pour telle ou telle élection, l’heure pour les partis qui veulent conquérir le pouvoir en 2012 est à la rédaction d’un vrai projet économique, où toutes les composantes de la population seront prises en compte, avec nécessairement des réformes courageuses qui se heurteront à toutes sortes de corporatismes et de lobbies. Parmi ceux-ci il y a les puissances financières, lesquelles ne se laisseront pas facilement imposer des réformes qui les atteindrait obligatoirement, d’autant qu’ils ont une grande partie des médias à leur disposition.

Michel Escatafal

29.11.2009

Bonne campagne et merci de m’avoir reçu !

sarkozy ump.jpgBonne campagne et merci de m’avoir reçu ! Voilà ce que j’ai entendu ce matin sur France Info, comme s’il était naturel qu’un président de la République soit aussi le chef d’un parti…alors que normalement le locataire de l’Elysée est le président de tous les Français. Certes tous les présidents de la cinquième République ont toujours plus ou moins marqué leur préférence  dans les élections, mais jamais en tant que chef d’une formation politique. Cela étant, avec Nicolas Sarkozy, chacun sait bien que la lecture de la Constitution, fut elle modifiée par lui-même, est à géométrie variable selon qu’elle l’arrange ou non. Et je le redis encore une fois, cela ne semble gêner personne y compris dans les médias, comme s’il était naturel que notre pays évolue vers un pouvoir personnel de plus en plus assumé.

A ce propos, il est symptomatique que chaque dérive trop voyante soit dénoncée… par les citoyens eux-mêmes, comme par exemple l’affaire de la nomination de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD. Certes on va me répliquer que les médias traditionnels s’en sont vite emparés, mais il est quand même évident que ces derniers ont réagi avec un certain retard, en fait à partir du moment où une pétition a circulé avec des milliers de signatures de gens manifestant leur courroux devant ce qu’ils considéraient comme une forme de népotisme. Cela dit, tout cela est oublié depuis longtemps puisqu’avec Nicolas Sarkozy un sujet, important ou pas, chasse l’autre à une vitesse accélérée. En fait le seul qui ne soit jamais abordé par le chef de l’Etat et ses amis concerne les finances publiques, comme si le fait de multiplier les déficits et de creuser la dette à un niveau abyssal était quelque chose de normal.

En revanche notre président de la République se veut de plus en plus le défenseur de la planète et du développement durable. A une dizaine de jours du sommet sur le réchauffement climatique de Copenhague, on le voit partout dans le monde pour montrer sa volonté de lutter contre la dégradation du climat. Rien que ça ! Avec lui il n’y a pas de demi-mesures, il faut se fixer des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, quitte d’ailleurs à proposer que les pays riches prennent l’engagement financier d’aider, pendant trois ans (entre 2010 et 2012), les pays pauvres à réduire leurs émissions de CO2, à hauteur de 10 milliards de dollars chaque année. Je ne sais pas à combien Nicolas Sarkozy évalue la contribution de la France, mais je me demande bien où nous allons trouver l’argent…alors que l’Etat est déjà en faillite, pour parler comme François Fillon. Il est vrai que là n’est pas l’essentiel pour notre président, puisque le but de cette proposition est uniquement de faire parler de lui.

En attendant on dépense beaucoup d’énergie en parlotes de toutes sortes  à propos de ce sommet de Copenhague, sachant bien entendu que l’on connaît déjà la teneur du communiqué final, lequel fera état d’un accord global que l’on qualifiera de réaliste, chaque pays développé s’engageant sur des objectifs…pour 2050 ce qui, on en conviendra, en limite considérablement la portée. Et ce n’est pas parce que des pays comme les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde se disent prêts à s’engager sur des objectifs ambitieux que cela changera quoi que ce soit sur l’évolution du développement « équitable » des économies de la planète. Quant aux pays en développement, ils se borneront simplement à se déclarer prêts à faire des efforts pour définir un modèle de croissance moins nocif pour l’environnement. Il est vrai que pour eux l’essentiel est ailleurs, à savoir déjà faire reculer la pauvreté.

Autre chose que n’a pas manqué de faire remarquer Nicolas Sarkozy, Barack Obama a décidé de venir au sommet sur le climat de Copenhague le 9 décembre, et non les 17 et 18, comme les autres chefs d’Etat et de gouvernement. Si besoin en était, cela démontre que pour le président américain l’urgence est davantage de faire adopter son plan santé, ou de faire repartir l’économie américaine plutôt qu’un plan climat à horizon de quarante ans. Heureusement pour Nicolas Sarkozy il a réussi à arracher un accord commun sur le climat avec le Brésil du président Lula, où il s’est rendu avant d’aller à Trinidad et Tobago pour le sommet du Commonwealth…sans trop se préoccuper de la pollution que provoquent les voyages en avion.

Redevenons sérieux pour noter que les présidents français et brésilien se sont retrouvés en tête à tête à ce sommet, alors qu’il était prévu qu’ils rencontrent tous les chefs d’Etat de la zone amazonienne. Sans être méchant, c’est encore un sacré camouflet pour notre président. Bah ! Ce dernier en a pris l’habitude, comme il a pris l’habitude de s’affranchir des règles de l’Union Européenne quand ce qu’il croit être son intérêt lui commande de le faire. En effet, il est pour le moins surprenant de lire çà et là que cette initiative du président français s’est faite hors de l’Union Européenne. Mais là aussi, on sait bien que Nicolas Sarkozy est européen quand il assure au nom de la France la présidence de l’Union Européenne. Le reste du temps…

Michel Escatafal