28.01.2012

Des orientations de plus en plus éloignéees de celles de 2007

Cette fois j’ai la réponse de F. Bayrou sur le retrait de nos troupes en Afghanistan…et le moins que l’on puisse en dire est qu’elle est très décevante. Désolé, mais si pour se démarquer de François Hollande qui a le vent en poupe dans cette élection, F. Bayrou en est réduit à parler en gros comme N. Sarkozy, très peu pour moi ! D’ailleurs qu’a-t-il dit au sujet d’un éventuel retrait si j’en crois le Figaro ? Réponse : «  Avant de dire on remballe tout, la question mérite d'être approfondie…Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas prendre de décision, mais il faut planifier ce retour et faire en sorte que la France apparaisse cohérente à travers le temps. En tout cas, pas comme un pays qui improvise dans la précipitation.» Bref, on essaie de ne pas trop froisser les uns, ceux qui souhaitent le retour le plus rapide possible parce qu’ils considèrent que cette guerre, qui aurait coûté 2 milliards d’euros depuis 2008, ne devrait en aucun cas nous concerner, sans aussi vouloir désavouer les autres, ceux qui soutiennent le président de la République…à qui on espère prendre les voix s’il se confirmait qu’il s’effondre dans les sondages.

Désolé encore une fois, mais le F. Bayrou de 2007 n’existe plus, même si sa chance de devenir président de la République est peut-être plus sérieuse qu’à cette époque. Et comme je n’attends rien en retour de mon militantisme avéré depuis cette époque, je commence à sérieusement me démarquer de cette stratégie, où en cas de victoire, le MoDem gouvernerait avec l’UMP pour un changement qui n’en serait pas un. Et qu’on ne vienne surtout pas me dire que j’exagère, parce que je connais trop bien l’histoire de la politique pour savoir que ce scénario est le plus vraisemblable. D’ailleurs, avec qui F. Bayrou élu président avec les voix de l’UMP et disons même avec celles de l’ensemble de la droite, avec qui donc pourrait-il gouverner pour appliquer son programme ? La réponse nous la connaissons, ce serait avec l’UMP qui, de fait, serait toujours au pouvoir par procuration.

Mais me direz-vous, n’existe-t-il pas un autre scénario que celui-là si le leader du MoDem gagne le 6 mai ? A priori non, sauf une victoire de la gauche aux élections législatives. Une autre enfin apparaît quelque peu plausible, à savoir que F. Bayrou représente la droite au second tour, mais que l’UMP saborde sa candidature…comme le RPR l’avait fait en 1981 pour V. Giscard d’Estaing. Et oui la politique c’est ça aussi, et ce n’est pas glorieux. On est loin, je le répète, de la campagne emballante de 2007, où F. Bayrou marquait sa différence à la fois avec la droite UMP et le Parti Socialiste, ce qui lui avait permis de représenter tous ceux qui voulaient une réelle alternative. Là, nous ne sommes plus dans cette hypothèse, puisque F. Bayrou s’affiche ouvertement à droite, avec des décisions et des mesures qui ne risquent pas de faire rêver grand monde, notamment cette peur des puissances d’argent qui contraste cruellement avec cette envie de les affronter en 2007, sans parler de ce slogan « acheter français » qui rappelle un peu certains aspects du programme de Marine Le Pen. En tant qu’européen convaincu, j’attendais mieux qu’un slogan au caractère populiste très marqué.

Certains vont s’étonner de pareil réquisitoire venant de la part d’un militant MoDem de la première heure mais, je le répète encore une fois, je n’attends rien en retour de la politique, ce qui veut dire que je parle avec mon cœur. Et celui-ci reconnaît que F. Hollande, après avoir réussi sa primaire, est en train de s’affirmer comme un redoutable concurrent pour tous les autres candidats, allant même jusqu’à laminer A. Juppé dans un face à face télévisé, un A. Juppé pourtant considéré comme le meilleur à droite, un A. Juppé qui serait à coup sûr premier ministrable si F. Bayrou était président de la République…ce qui me serait insupportable. En disant cela, je ne critique pas les qualités indéniables du maire de Bordeaux, mais l’homme qui est numéro deux et figure de proue d’un gouvernement désigné par N. Sarkozy. Or, pour moi, N. Sarkozy et son équipe c’est un passé révolu, et il n’y a aucune raison de gouverner avec des gens qui vont laisser à la France un bilan calamiteux. Ce qu’il faut ce sont des gens nouveaux, des gens qui n’ont pas gouverné encore le pays, la remarque valant aussi pour le Parti Socialiste, même si dans l’équipe de F. Hollande figurent nombre de personnalités n’ayant pas ou peu exercé de responsabilités ministérielles auparavant. Il y a une relève qui n’existe pas à l’UMP.

Certes on va me dire qu’après autant de propos au vitriol, je suis en train de changer de camp, ce qui n’est pas vrai…pour le moment. Mais j’avoue que le programme de F. Hollande apporte un minimum d’espoir, un peu à l’image de celui de F. Bayrou en 2007. En outre, c’est lui, F. Hollande, qui donne le tempo de la campagne, et ce d’autant plus qu’il semble avoir réussi le tour de force de rassembler tout l’appareil de son parti derrière lui, ce qui va démultiplier la force de ses propositions, celles-ci n’étant pas de nature à effrayer les électeurs du centre, du moins ceux qui ne se considèrent pas comme des centristes situés en réalité à droite. Au contraire, ces mots de « résister » ou de « résistance » employés par le candidat du PS et celui de MoDem, ne sont pas considérés de la même façon selon que l’on veuille résister aux puissances d’argent, du moins essayer un temps soit peu, et résister de manière politicienne.

Autre chose, F. Hollande a au moins le mérite d’avoir clairement choisi son camp, la gauche, même si celle-ci est plus rosée que rose, alors que F. Bayrou propose plutôt un gouvernement d’union nationale qui, dans l’hypothèse où il serait élu, serait en fait limité au MoDem et aux gros contingents UMP. Union nationale dans notre pays est surtout une notion de droite, et même de droite conservatrice…laquelle tiendrait en laisse le nouveau président et finirait par imposer ses vues. On voit à quel point est différente la posture du leader du MoDem par rapport à celle de 2007, où tout rassemblement ne pouvait se faire qu’autour de nos idées, parce que celles-ci étaient d’une hardiesse insoupçonnée pour l’époque.

Bien entendu, tout ce que je dis là n’est pas encore fait parce que N. Sarkozy est, pour le moment, davantage menacé par Marine Le Pen que par F. Bayrou. N’oublions pas en plus que le socle électoral du président de la République est solide, puisque j’ai lu dans le dernier sondage Fiducial que 80% de ceux qui sont décidés à voter pour N. Sarkozy sont sûrs de leur choix, contre 69% pour F. Hollande, 71% pour Marine Le Pen et seulement 43% pour F. Bayrou. Or comme N. Sarkozy évolue dans une fourchette allant de 22 à 24%, cela signifie qu’il a un potentiel de base de 18-19%, ce qui limite toute perspective d’effondrement en deçà de cette base.  Bref, c’est un pari risqué pour F. Bayrou de se « droitiser » et de se rapprocher des décisions du président de la Réublique, par exemple sur l’Afghanistan, ou sur les réactions de l’UMP à propos du mur de l’argent…qu’il avait si bien dénoncé en 2007. Voilà ce que j’avais à dire ce matin, en avouant encore une fois ma perplexité, et en confirmant que je ne ferais pas campagne au second tour si je dois être flanqué des gens de l’UMP, ou si j’ai l’impression qu’ils seront partie prenante de l’éventuelle majorité présidentielle, ce qui serait suicidaire vu le rejet des électeurs vis-à-vis de ce parti.

Michel Escatafal

 

26.01.2012

Je commence à m'inquiéter...

Ayant terminé à l'instant la lecture de la presse étrangère, j'en profite pour dire une nouvelle fois que, contrairement à la presse française qui ne s'intéresse qu'à ce qui se passe dans notre pays, l’élection présidentielle française est traitée comme un évènement dans nombre de pays étrangers. Une élection qui se présente le mieux possible pour le candidat socialiste…et de moins en moins bien pour N. Sarkozy, surtout avec l'annonce des derniers chiffres catastrophiques du chômage (+5.6% en un an), et le franchissement dans quelques mois du taux de 10%, chiffre historiquement élevé depuis une époque que nous croyions tous révolue. En outre, ce qu’on souligne beaucoup moins, c’est en réalité près de 4.5 millions de personnes qui sont en demande d’emplois, si on inclut ceux qui ont une activité partielle. Avec de tels chiffres, ce n’est effectivement pas gagné pour le président sortant, surtout si l’on ajoute à ce bilan particulièrement calamiteux une dette qui s’est accrue de plus de 500 milliards d’euros au cours du quinquennat, ce qui rend fatalement sceptiques ceux à qui l’UMP essaie de faire croire que la politique mise en œuvre par N. Sarkozy et son gouvernement est la meilleure possible. Plus grave encore, on a l’impression que le président et le gouvernement, plus les parlementaires de l’UMP, passent l’essentiel de leur temps à « taper » sur le candidat socialiste, F. Hollande, au lieu de gouverner le pays.

Ce dernier vient en effet de faire sa véritable entrée dans la campagne, avec d’abord son discours du Bourget dimanche dernier, au demeurant parfaitement réussi, et aujourd’hui en dévoilant l’ensemble de ses propositions pour les cinq années à venir. Là aussi chacun y verra ce qu’il veut bien regarder, sauf que la prévision de croissance pour 2012 est assez prudente (0.5%), même si on peut la trouver encore un peu optimiste. La remarque vaut plus encore pour celle de 2013 qui atteindrait 1.7%, même si l’on peut espérer une reprise pour l’année prochaine. On peut aussi trouver optimiste le chiffrage de la décrue des déficits avec un objectif de 3% en 2013. Cela étant, on peu imaginer que petit à petit en Amérique, et plus encore en Europe, on comprenne que sans croissance on ne pourra jamais arriver à désendetter les états. On connaît les résultats de la rigueur imposée aux peuples avec les cas grecs, portugais, espagnols, italiens et…français. Avec une politique trop volontariste de réduction des déficits, c’est la récession assurée. D’ailleurs c’est aussi ce qui se dit dans les couloirs du forum économique de Davos…où curieusement la France semble bien absente, contrairement aux dernières années où notre hyper président semblait comme chez lui.

Voilà ce que je peux dire du programme de F. Hollande, dont je souligne que s’il n’a rien du « futur grand soir » attendu par l’extrême-gauche, il n’a rien non plus d’un brouet sans saveur comme certains n'hésitent pas à le qualifier. Il est même assez hardi si l’on regarde une des mesures phares de ce programme, avec le passage d’imposition à la tranche de 45% pour les revenus supérieurs à 150.000 euros. Certes ce n’est peut-être pas suffisant pour disposer un jour d’une grande fortune que gagner annuellement 150.000 euros, mais on n’est quand même pas dans les classes dites moyennes, lesquelles se situent à des niveaux bien inférieurs (minimum deux fois moins) pour ceux qui sont les mieux rémunérés. Il faut appeler un chat un chat comme disait Nicolas Boileau ! Et dire que tous ceux qui gagnent cette somme vont partir travailler à l’étranger, comme on peut le relever en entendant ou en lisant les remarques des proches de l’UMP et de la droite, relève de la malhonnêteté. D’ailleurs où iraient-ils s’ils ont un emploi sûr dans notre pays à ces niveaux de rémunération, car mis à part les pays du Nord de l’Europe, ou encore les pays émergents, où ces gens vont-ils aller travailler s’ils quittent leur emploi dans notre pays? A ce propos je leur dit « chiche », ce qui libèrera des places pour nos jeunes chômeurs…qui n’attendent que ça. En tout cas, tous les cadeaux fiscaux offerts aux plus riches depuis cinq ans, n’en ont pas convaincu beaucoup de revenir dans notre pays !

Fermons la parenthèse pour revenir à la réaction de F. Bayrou suite aux propositions de F. Hollande, en notant que selon un sondage BVA Orange F. Hollande a convaincu 52% des sympathisants du MoDem, et sans doute plus encore les militants, du moins ceux qui ne viennent pas de prendre le train en marche, que F. Bayrou cajole avec amour. Si je dis cela c’est parce que la déconfiture de N. Sarkozy aidant, nombre de politiciens, à commencer par les centristes qui ont accompagné l’UMP et N. Sarkozy dans tous leurs mouvements depuis cinq ans, se retrouvent de nouveau très proches de leur ancien ami de l’UDF…qu’ils ont largement critiqué depuis 2007. Et c’est pour cela que beaucoup d’entre nous qui avons soutenu contre vents et marées F. Bayrou depuis la création du MoDem en décembre 2007, ont quelque peu l’impression que notre candidat naturel devient de plus en plus le candidat et même le recours de la droite.

Cela est d’autant plus ennuyeux, qu’après avoir fustigé l’action et les postures de N. Sarkozy jusqu’en 2009, le leader du MoDem donne à certaines mauvaises langues l’impression qu’il fait ami-ami avec…l’UMP et N. Sarkozy. Il est vrai que le site du Figaro est édifiant à ce sujet, nombre de lecteurs allant jusqu’à souhaiter que N. Sarkozy passe la main, F. Bayrou devenant dans ce cas le candidat naturel de la droite, au nom bien entendu de l’intérêt supérieur de la Nation. Quelle évolution ! Cela prouve aussi que si F. Bayrou est élu, il n’aura aucun souci à avoir concernant sa majorité aux élections législatives, dans la mesure où la quasi-totalité des députés, aujourd’hui UMP, feraient don de leur personne pour soutenir le nouveau président Bayrou.

Pourquoi dis-je cela ? Tout simplement parce que je m’intéresse à la politique depuis bien longtemps, et que je sais bien que les politiciens ont tendance à voler au secours de la victoire. Rappelons-nous la manière dont certains ont retourné leur veste en 1995, quand J. Chirac a commencé à prendre le dessus sur E. Balladur après avoir été longtemps à la traîne dans les sondages. Et à la fin, tout ce petit monde s’est gentiment réuni pour composer la majorité et gouverner…dans la plus pure logique de la Cinquième République. Et qu’on ne vienne pas me dire que je fais preuve d’un excès de pessimisme en disant cela ! Au contraire, je suis d’un froid réalisme, et cela mettrait à bas tout ce que l’on nous a dit depuis des années sur la nécessaire indépendance du centre.

Et si l’on n’est pas convaincu par ma démonstration, il suffit de voir la manière dont F. Bayrou a attaqué le programme de F. Hollande…dans la droite ligne de l’UMP. Après tout, n’y-a-t-il pas toujours eu une grande connivence, en apparence, entre A. Juppé et F. Bayrou ? Cela aussi me laisse un peu rêveur sur l’avenir au cas où F. Bayrou serait élu. Alain Juppé, Premier ministre de F. Bayrou ? Pas impossible dans une hypothèse de victoire, mais dans ce cas nombre d’entre nous auraient l’impression d’avoir été floués car, tout de même, si le changement ou la rénovation de la politique en France passe par A. Juppé, alors là il faudra m’expliquer…et personne ne pourra me convaincre.

Michel Escatafal

 

22.01.2012

Des leçons à retenir...

Alors que j’attends toujours l’intervention de F. Bayrou sur notre engagement extérieur en Afghanistan, je voudrais de nouveau revenir sur cette attaque afghane contre nos soldats, pour dire encore une fois ma répulsion pour cette intervention dans un pays lointain où nous n’avons strictement rien à faire. Et le pire est qu’on essaie de nous faire croire que nous intervenons en Afghanistan pour apporter la civilisation, en nous disant par exemple que nous sommes là-bas pour permettre à des jeunes filles d’aller à l’école, ou pour éviter que les femmes soient lapidées, ou encore pour que les Afghans puissent écouter de la musique ou aller au cinéma etc. Le problème c’est qu’en réalité nous ne sommes pas partie prenante de cette guerre pour ces seuls motifs, comme je ne cesse de l’affirmer.

D’ailleurs si c’était pour apporter la démocratie, les Occidentaux devraient intervenir dans nombre de pays, par exemple la Corée du Nord…ce qu’ils se gardent de faire, parce que les Coréens du Nord ont l’arme atomique. En outre, pour arriver à prendre le pouvoir une première fois, les talibans ont quand même bénéficié de la complaisance de certains pays qui aujourd’hui veulent les chasser du pouvoir…à moins qu’on ne finisse par négocier avec eux après avoir mis le pays à feu et à sang. Non, vraiment, jamais nous n’aurions dû nous engager dans ce bourbier, et surtout de la manière dont la France s’est embarquée dans cette galère meurtrière depuis 2008. Et là je reviens à ce que disait F. Bayrou en avril 2008 quand il affirmait : « Si le front mis en place cédait, en effet, cela serait dramatique pour toute une partie du monde et l'écho, n'en doutons pas, en serait ressenti jusqu'à chez nous ».

Cruelles paroles prononcées par notre candidat en pensant que dans moins de deux ans nous allons quitter le pays en laissant les talibans maîtres de l’Afghanistan, sans pour cela que la face du monde en soit changée. Oui, il faut absolument que François Bayrou sorte de cette ambigüité au plus vite et affirme haut et fort, comme François Hollande, que la France rapatriera nos soldats avant la fin 2012. Qu’allons-nous raconter sur le sujet aux gens qui vont nous parler de cela, si le candidat du MoDem a exactement la même position sur la question que le candidat de l’UMP ? J’imagine que l’on va nous brocarder surtout dans les endroits, de plus en plus nombreux, où un des leurs est mort dans cette sale guerre.

Un dernier mot enfin sur ce sujet, pour dire que si le régime que soutiennent les Occidentaux ne rencontre aucune adhésion de la part des Afghans, c’est peut-être aussi que la question se pose de sa légitimité, et que les quelques élites qui vivent encore au pays ou ailleurs, savent bien que les Américains qui ont soutenu et armé les talibans à une certaine époque, sont surtout intéressés par ce pays pour des raisons stratégiques et économiques. Et je suis persuadé que tôt ou tard, et sans doute plus tôt qu’on ne le croit à l’approche des élections américaines, les négociations avec les talibans, modérés ou pas, vont prendre une tournure décisive au profit certes des talibans, mais aussi des Américains. Ceux-ci en effet pourront compter sur des gens capables de sécuriser leurs approvisionnements en hydrocarbures et, en même temps, susceptibles de les aider à assurer la stabilité du Pakistan voisin, pays qui rappelons-le détient l’arme atomique. Mais en attendant il y aura des milliers de morts afghans et nombre de soldats de ce que l’on appelle la coalition, dont les nôtres. Autant de bonnes raisons pour lesquelles je ne veux pas qu’on croit les militants du MoDem plus naïfs qu’ils ne le sont réellement. Au contraire ce qui nous différencie des adhérents de l’UMP, je n’ose pas dire des militants parce qu’ils n’en sont pas, c’est justement de garder notre esprit critique.

Et puisque je suis sur les théâtres d’opérations extérieures, j’en profite pour rappeler que des manifestants ont assiégé et mis à mal le siège du Conseil National de Transition en Lybie. Encore une magnifique action des troupes de l’Otan avec la participation ô combien active de la France ! Il y avait de tout parmi ces manifestants, des jeunes, des vieux, bref une véritable foule qui commence à réaliser qu’avec Kadhafi ce n’était pas forcément plus mal qu’avec les dirigeants qui l’ont renversé…avec l’aide des bombes de l’OTAN, notamment celles lâchées par les avions français. Au moins à l’époque de Kadhafi  il y avait un certain ordre dans le pays, et surtout des conditions de vie acceptables pour le plus grand nombre, même si c’était une dictature pure et dure. Et si j’ajoute cela, c’est bien évidemment parce que j’ai toujours considéré Kadhafi comme un  véritable dictateur, y compris en 2007 quand, en fin d’année, il fut reçu en grande pompe à l’Elysée. Ah j’oubliais, on devait signer avec lui de mirifiques contrats : on parlait même de l’équivalent de dix milliards d’euros soit trente mille emplois sur cinq ans. En réalité, combien d’emplois ont été créés dans le cadre de cette mascarade ?

Le plus triste dans cette intervention libyenne est que plus personne n’en parle en France, comme si elle était déjà passée par pertes et profits, alors que cela nous a coûté des centaines de millions d’euros. Sommes-nous tellement riches, pour nous permettre pareilles folies ? Curieux que pour des interventions de ce type on trouve les ressources, alors qu’on n’en trouve pas pour la santé, pour l’éducation ou la justice, sans parler de l’action sociale ! Et là encore, F. Bayrou ne s’est pas comporté en visionnaire en parlant à propos de l’accord de l’ONU pour intervenir en Lybie de « victoire diplomatique de la France ». Cela étant il n’était pas le seul, car tous les autres leaders de parti étaient à l’unisson, y compris J.L. Mélanchon. En fait, la seule qui était aussi lucide que nombre de Français qui, comme moi, savaient bien que tout cela se terminerait dans la confusion s’appelle Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière, laquelle affirmait qu’une intervention à caractère impérialiste « ce n’est jamais dans l’intérêt des peuples », ajoutant que ce sont toujours les peuples qui en payent le plus lourd tribut, comme ce fut le cas en Irak et en Afghanistan ».

Force est de reconnaître que sur ce plan elle avait raison ! Espérons que toutes ces mauvaises décisions prises par N. Sarkozy tout au long de son mandat serviront de leçon pour ceux qui aspirent à le remplacer, y compris F. Bayrou, qui conserve toutes ses chances pour le second tour. En attendant, on a beau chercher, mais ce quinquennat n’aura été qu’une succession ininterrompue d’échecs. Certes j’ai l’impression de me répéter mais, comme disait Talleyrand, « si cela va sans le dire, cela ira encore mieux en le disant »…en espérant que les Français soient très, très  nombreux à partager mon avis.

Michel Escatafal

20.01.2012

Des revers, encore des revers, toujours des revers...

L’histoire a ceci de rassurant qu’elle est un perpétuel recommencement, comme l'affirmait l'historien grec Thucydide il y a un peu plus de deux mille quatre cents ans, et ceux qui prétendent le contraire ne la connaissent pas. De tout temps, les pays ont eu à leur tête des grands dirigeants ou des histrions. Les plus grands empires n’y ont pas échappé, notamment l’empire romain, lequel a pourtant duré presque cinq siècles, et même plus si l’on considère que Rome était le centre du monde depuis la fin de la dernière guerre punique. Et si je dis cela c’est parce que, je le répète encore une fois, jamais notre pays n’a été aussi mal gouverné depuis des lustres, avec un président accumulant tous les échecs possibles et imaginables depuis cinq ans.

Jamais non plus nous n’avons été dirigés avec autant d’amateurisme, au point de voir les élus et sympathisants UMP affirmer, sans crainte du ridicule, que si les choses vont mal dans notre pays c’est la faute de la gauche. Et pour faire bonne mesure, on ne s’arrête pas à Jospin, mais on va jusqu’à Mitterrand…mort en 1996. C’est tout juste si l’on ne s’en prend pas à Léon Blum, parce que c’est sous le Front Populaire que furent signés les accords de Matignon (juin 1936) prévoyant, outre des augmentations de salaire, la semaine de travail de quarante heures assortie des congés payés. A ce propos, cela montre à quel point le pouvoir UMP n’a aucun autre programme à proposer aux Français…que celui qui nous a mené à la catastrophe économique, financière, sociale et institutionnelle dans laquelle nous vivons, et qui aura des répercussions au moins jusqu’à la fin du prochain quinquennat.

Cela signifie que le prochain président de la République aura du travail s’il veut redresser de manière significative notre pays car, bien évidemment, on peut compter sur les boutes-feux de l’UMP et la cohorte de ceux qui seront les anciens ministres pour mettre des bâtons dans les roues du nouveau pouvoir, à la manière des Républicains aux Etats-Unis qui ont laissé à Barack Obama une situation, elle aussi catastrophique, que ce soit en termes économiques ou financiers, sans compter deux guerres interminables en Irak et Afghanistan.

L’Afghanistan précisément, où de nouveau notre armée a perdu quatre des siens sans compter les blessés. Combien de morts faudra-t-il pour que le chef de l’Etat comprenne qu’il a fait totalement fausse route, en augmentant dans des proportions considérables le contingent français dans ce pays…pour le plus grand plaisir des Américains (fin 2007 il y avait 1600 soldats français en Afghanistan contre 3600 aujourd’hui). Et même si les opérations de formation et d’aide sont suspendues, c’est tout simplement un retrait pur et simple qu’il faut engager dans les meilleurs délais, afin que de nouvelles familles ne soient pas endeuillées par la faute d’un conflit où nous n’avons rien à faire, comme je ne cesse de le dire.

D’ailleurs, comme pour montrer l’inanité de notre action, le chef de l’Etat a même évoqué un retrait plus rapide que prévu qui, s’il était vérifié, serait immanquablement assimilé à un acte de basse politique électorale. En effet, si on doit retirer nos troupes dans les mois à venir, pourquoi ne pas l’avoir fait avant …comme l’annonçait plus ou moins le candidat Sarkozy Nicolas en 2007,  ce dernier affirmant que « la France n’a pas vocation à rester en Afghanistan », avant de dire un peu plus tard, une fois élu, que notre pays « restera engagé militairement le temps qu’il le faudra ». Il est vrai que notre président a le changement d’avis facile, capable qu’il est de modifier ses plans, sa stratégie et sa tactique sur n'importe quel sujet, en réaction à n'importe quel évènement.

En attendant, il y a des dizaines de familles qui ont perdu à jamais un être cher, et qui ne comprendront jamais cet entêtement à vouloir jouer les grands pays, sans en avoir les moyens. J’en profite au passage pour fustiger ceux qui prétendent que nos soldats savaient à quoi ils s’engageaient (on voit que ce n’est pas leurs fils ou leur frère !)i en signant dans l’armée, comme si nombre de nos engagés n’étaient pas là uniquement pour avoir un travail et ne pas pointer au chômage.

Un dernier mot enfin sur le sujet : je crois qu’il faut absolument que F. Bayrou s’exprime clairement sur cette présence militaire en Afghanistan sur le blog MoDem et ailleurs, sous peine de passer  à son tour pour un va-t-en guerre…qu’il n’est pas. En tout cas, pour un pays en faillite, notre président aura su trouver les budgets pour faire la guerre en Lybie et en Afghanistan. Mais a-t-on réalisé ce que l’on aurait pu réaliser comme actions au profit de l’intérêt général avec les centaines de millions d’euros (rien que pour cette année) dépensés en pure perte dans ces pays, sans compter évidemment les pertes humaines y compris les milliers de civils afghans? Cela dit, je ne devrais pas employer l’expression « en pure perte » dans pareil cas, car cet argent gaspillé n’est pas perdu pour tout le monde, notamment ceux qui oeuvrent dans le commerce des armes.

Michel Escatafal

 

15.01.2012

Un premier tour de présidentielle plus indécis que jamais

Cette fois la campagne présidentielle est lancée et bien lancée, et on en sait un peu plus sur le programme de notre candidat. Celui-ci en effet a présenté ses premières propositions, qu’il avait déjà laissé entrevoir lors de l’émission sur France 2 le mois dernier, propositions que l’on peut résumer ainsi : sachant que le déficit est de 100 milliards d’euros, il faudrait réduire les dépenses de 50 milliards et récupérer des recettes de ce même montant. Plus facile à dire qu’à faire, chacun en conviendra, surtout au niveau des dépenses ! Côté recettes, effectivement, cela pourrait se concevoir, même si la suppression des niches fiscales et la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires ne représentent qu’une partie de la somme. Il y a aussi la hausse de la TVA qui pourrait faire le complément, mais cette solution apparaît plus difficile à concevoir dans la mesure où elle frappe les plus faibles…ce qui pourrait avoir des conséquences sur une croissance déjà atone.

A ce propos il va quand même falloir tenir compte du fait que nous sommes en récession, et qu’une nouvelle baisse du pouvoir d’achat, notamment des plus pauvres, ne pourrait qu’aggraver ladite récession car, il ne faut jamais l’oublier, les plus pauvres consomment la totalité de ce qu’ils perçoivent, contrairement aux plus riches qui amassent ou spéculent avec leur fortune. Et dans le même ordre d’idées les économies que l’on peut faire le sont sur « l’Etat providence », même s’il est vraisemblable qu’une meilleure gestion des multiples aides que délivre cet « Etat providence » serait une source importante d’économies. Mais de là à trouver 50 milliards, il y a un pas extrêmement difficile à franchir…et peut-être même infranchissable. En tout cas cela demande des précisions qu’il faudra bien apporter si l’on veut que notre candidat poursuive son ascension dans les sondages.

Si je dis cela, c’est parce que F. Bayrou a cette fois une chance unique d’être au second tour, avec dans cette hypothèse une réelle possibilité de l’emporter, même face à F. Hollande. En fait celle que j’avais retenue au début de la précampagne est plus que jamais d’actualité, sauf que personne n’imaginait le Marine Le Pen et le Front National à un tel niveau d’intentions de vote. Et surtout, personne ne semblait prévoir que N. Sarkozy pourrait s’effondrer comme il va sans doute le faire dans les prochaines semaines, ce qui ne se voit pas encore dans les sondages tels qu’on nous les présente, mais qui se ressent énormément sur les forums y compris ceux d’un journal comme Le Figaro. Les intervenants sur ce journal, pourtant tous acquis ou presque à N. Sarkozy il y a seulement quelques semaines, semblent pour nombre d’entre eux prêts à franchir le pas, qui vers le Marine Le Pen, qui vers François Bayrou, lequel de facto devient un candidat de droite aux yeux de ses adversaires.

C’est ce type d’évolution qu’il va falloir essayer de casser, même si la tentation est grande pour F. Bayrou et son entourage de prendre le relais de N. Sarkozy aux yeux de cette opinion anciennement tournée vers l’UMP. Ce n’est pas une raison, à mon avis, pour renvoyer dos à dos la droite et la gauche dans l’extraordinaire évolution négative de la dette de notre pays, qui nous a valu de perdre le triple A. Que je sache, en 2002, la dette était de 910 milliards d’euros alors qu’aujourd’hui elle est de 1724 milliards d’euros. Déjà en 2005 elle était de 1100 milliards, ce qui suffit à démontrer l’extraordinaire accélération que l’on a connu depuis cette date, et notamment depuis 2007. En revanche elle s’est stabilisée à partir de 1997 et a même diminué entre 2000 et 2001.

Je crois qu’il y a des vérités qu’il faut dire si l’on veut être crédible, et personnellement je veux pouvoir discuter sérieusement avec les gens pendant cette campagne. Et si je dis cela ce n’est pas parce que je me sens proche du Parti Socialiste, même si je n’ai jamais caché qu’en cas de second tour je ferais ce que feront la plus grande partie de nos militants et sympathisants, à savoir voter Bayrou s’il est présent, ou alors voter Hollande si notre leader est absent. Par parenthèse, je vois mal les gens faisant campagne pour le MoDem voter pour la candidate du Front National dans l’hypothèse d’un second tour sans Bayrou ou pour N. Sarkozy, dont ce même F. Bayrou a souligné en 2009 les extravagances. Cela étant, je pense que les chances de F. Bayrou d’être au second tour sont réelles, comme j’ai essayé de le démontrer précédemment.

Un mot pour terminer sur la dégradation de la note de la France par l’agence de notation S&P. Simplement je veux souligner, pour en avoir parlé à plusieurs reprises sur ce site, que cet abaissement de la note de notre pays était déjà largement anticipé par les marchés. La preuve, le taux allemand  à 10 ans était vendredi soir de 1.70% alors que celui de l’OAT française se situait à 3.26%, chiffres quasiment identiques à ceux des semaines précédentes. Cependant il est clair que si les taux se tendent un peu plus, nous emprunterons beaucoup plus cher que si nous étions dans une situation plus favorable, laquelle nous aurait permis de conserver notre triple A.

Et ce n’est pas la peine d’essayer de minimiser l’impact sur les finances publiques, ni sur le coût de l’argent pour nos grandes entreprises,  les PME ou les particuliers, comme essaient de le faire aujourd’hui N. Sarkozy, F. Fillon, F. Baroin ou V. Pécresse, avec les conséquences que cela impliquera sur les emplois. Il ne faut pas nous prendre pour des idiots ! Désormais nous ne tirons plus dans la même catégorie que les Allemands, qui ont une croissance largement supérieure à la nôtre, qui ont un chômage historiquement bas alors que le nôtre explose, et dont le commerce extérieur est très excédentaire, alors que nous pulvérisons nos records de déficits dans ce domaine, comme dans celui des finances publiques. Bref, tous les ingrédients pour que la crise se prolonge chez nous, et laisser au prochain président une situation extraordinairement difficile…que l’UMP, si elle existe toujours, ne manquera pas d’exploiter sans vergogne.

Michel Escatafal